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Rare échange de coups de feu à la frontière entre les deux Corées

Un soldat ayant la figure recouverte d'un masque tient une mitraillette.

Des soldats sud-coréens patrouillent le long de la zone démilitarisée séparant les deux Corées.

Photo : Getty Images / Ministère de la Défense sud-coréen

Reuters

Des coups de feux ont été tirés depuis la Corée du Nord vers un poste frontière sud-coréen tôt dimanche matin, annonce l'état-major des forces sud-coréennes, qui écarte a priori la piste d'une provocation. À Washington, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a évoqué des « tirs accidentels ».

Des soldats sud-coréens ont néanmoins répliqué, tirant deux coups de feu vers la Corée du Nord; il n'y a pas eu de blessés.

Cet accès de tension à la frontière entre les deux Corées survient au lendemain du retour dans l'espace public du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, après une absence de près de trois semaines qui a alimenté rumeurs et spéculations sur son état de santé.

De tels incidents sont rares le long de la zone démilitarisée (DMZ), la ligne de démarcation qui sépare les deux Corées depuis l'armistice de 1953. Techniquement, les deux pays sont toujours en état de guerre, aucun traité de paix n'ayant été conclu après la guerre de 1950-1953.

Dans un communiqué, l'état-major des forces sud-coréennes précise que les premiers coups de feu ont été tirés depuis le nord, à 7 h 41, heure locale.

L'état-major a admis ne pas avoir une explication claire de la raison de ces tirs, mais estime cependant qu'ils ne ressemblent pas à une provocation planifiée.

À Washington, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a minimisé l'incident. « Quelques tirs sont venus du nord, nous pensons qu'ils étaient accidentels. Les Sud-Coréens ont riposté. À notre connaissance, aucune vie n'a été perdue de part et d'autre », a-t-il dit à ABC News.

Le chef de la diplomatie américaine a par ailleurs refusé de dire si des éléments en sa possession établissaient que Kim Jong-un a été ou non gravement malade durant son absence. « Il y a déjà eu de longues périodes pendant lesquelles le président Kim était absent de l'espace public, ce n'est donc pas inédit », a-t-il dit.

Choi Kang, vice-président de l'Institut asiatique des études politiques, parle pour sa part d'une provocation qui vise à démontrer que Kim Jong-un reste bien le maître des forces nord-coréennes.

Kim Jong-un debout à l'extérieur, quatre hommes autour de lui.

Cet échange de tirs a eu lieu le lendemain de l'apparition en public de Kim Jong-un pour la première fois depuis trois semaines.

Photo : via reuters / KCNA

Hier, M. Kim voulait montrer qu'il était en parfaite santé, dit-il en évoquant son inauguration très couverte par les médias nord-coréens d'une usine d'engrais située à Sunchon, au nord de Pyongyang, sa première apparition officielle depuis le 11 avril.

Aujourd'hui, poursuit-il, M. Kim veut faire taire toutes les spéculations selon lesquelles il n'aurait pas un contrôle total de l'armée. Plutôt que d'aller jusqu'à tirer des missiles et de superviser un tir de missile, Kim cherche peut-être à nous rappeler que, oui, il est en bonne santé et toujours aux commandes.

Séoul ne croit pas à la thèse de l’opération chirurgicale

Leif-Eric Easley, qui enseigne les relations internationales à l'université Ewha de Séoul, estime pour sa part que l'incident survenu à la frontière pourrait être destiné à renforcer le moral de l'armée du Nord et, ajoute-t-il, à récupérer un avantage dans les négociations que Kim a perdu durant ces semaines de rumeurs autour de son absence.

La Corée du Sud et les États-Unis, poursuit-il, ne devraient pas prendre à la légère de telles violations des accords militaires existants de la part des Nord-Coréens.

Le Commandement des Nations unies en Corée, sous direction américaine, et qui supervise notamment les activités sur la DMZ, a annoncé qu'il coopérait avec l'état-major de l'armée sud-coréenne en vue « de déterminer s'il y a eu violation de l'accord d'armistice ».

Citant un haut responsable de la présidence sud-coréenne, l'agence de presse sud-coréenne Yonhap rapporte de son côté que, pour Séoul, Kim Jong-un n'a probablement pas subi d'intervention chirurgicale pendant sa longue absence.

En examinant les photos et les vidéos de la visite du dirigeant nord-coréen à Sunchon diffusées samedi par les médias de Pyongyang, plusieurs experts du régime ont noté la démarche raide et saccadée de Kim.

Il y a eu des articles spéculatifs indiquant que le président Kim avait subi une intervention chirurgicale sur la base de sa démarche. Nous avons des raisons de penser qu'il n'y a pas eu d'opération, mais ne nous pouvons pas en divulguer les détails, a dit ce responsable à Yonhap.

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