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Déception et colère pour les finissants du secondaire

Un finissant innu lors d'une séance de photo

Un finissant innu lors d'une séance de photo (archive)

Photo : Radio-Canada

Nicolas Lachapelle-Plamondon

Pour les finissants du secondaire, la décision du gouvernement provincial d'annuler la fin de l'année scolaire vient bouleverser les traditions et rites de passage liés à la graduation.

Léa Porlier et Marilou Beaudin discutent

Léa Porlier et Marilou Beaudin sont amies depuis toujours.

Photo : Radio-Canada

Lundi, Léa Porlier et Marilou Beaudin apprenaient qu'elles ne retourneraient pas à l'école avant le mois de septembre. Toutes deux sont maintenant finissantes de l'école secondaire Manikoutai de Sept-Îles, mais elles se connaissent depuis toujours.

On a grandi dans la même école, dans le même quartier.

Une citation de :Léa Porlier, finissante, école secondaire Manikoutai

Les deux amies souhaitaient finir l'année scolaire ensemble avant de partir chacune de leur côté, Léa à Montréal et Marilou à Jonquière. À l'automne, elles partiront vivre et étudier à l'extérieur de la région.

Elles ne pourront donc pas se dire au revoir en bonne et due forme, d'autant plus que le bal des finissants n'aura pas lieu.

Léa Porlier, de face

Léa Porlier part vivre à Montréal pour étudier à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec.

Photo : Radio-Canada

Depuis qu'on a mis les pieds en secondaire 1 on a hâte d'être les grands de secondaire 5, de pouvoir lancer notre chapeau dans les airs et dire au revoir à notre ville natale et aux gens qui restent ici. De ne pas avoir ça, ça fait comme si on allait partir sans avoir fermé un chapitre de notre vie qu'on s'attendait à fermer.

Une citation de :Léa Porlier, finissante, école secondaire Manikoutai

Marilou, elle, est en colère. Elle trouve la situation paradoxale.

Marilou Beaudin, de face

Marilou Beaudin partira quant à elle vivre à Jonquière pour poursuivre des études en Arts et technologie des médias.

Photo : Radio-Canada

Il y a beaucoup d'étudiants du secondaire qui travaillent dans des épiceries, dans des cafés.Ils doivent se pointer au travail quand même tandis qu'on ne peut pas retourner à l'école. Je pense que ça met l'économie devant notre éducation et je pense qu'il y a vraiment quelque chose d'injuste là-dedans.

Une citation de :Marilou Beaudin, finissante, école secondaire Manikoutai
Un finissant innu avant de monter sur la scène lors de la soirée d'ouverture du festival Innu Nikamu

Un finissant innu avant de monter sur la scène lors de la soirée d'ouverture du festival Innu Nikamu. (archive)

Photo : Radio-Canada

Ce sentiment est exacerbé chez les Autochtones. Chaque année, les diplômés innus et naskapis de la Côte-Nord convergent vers Mani-Utenam pour défiler sur la grande scène lors de la soirée d'ouverture du festival Innu Nikamu. Cassandra Joubert se préparait à cette cérémonie depuis qu'elle est toute petite.

Cassandra Joubert en entrevue

Cassandra Joubert partira étudier à Québec sans avoir pu célébrer sa diplomation avec ses camarades.

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

On se fait parler de ces événements-là depuis qu'on est jeune pis finalement on les a pas à cause du coronavirus. Alors je trouve ça triste. Cette cérémonie-là était importante pour moi parce que c'était une façon de célébrer la fin et une façon de célébrer mon départ, on va dire.

Une citation de :Cassandra Joubert, finissante, Institut d'enseignement de Sept-Îles

Marjolaine Tshernish, qui organise cette cérémonie depuis 11 ans, se désole d'autant plus du report de cette cérémonie qu'elle la considère comme étant importante pour la réussite des jeunes en communauté.

Marjolaine Tshernish, de face

Selon Marjolaine Tshernish, le parcours des jeunes autochtones vers la diplomation est pleins de défis. Elle estime qu'il est donc particulièrement important de célébrer la réussite des finissants issus des communautés.

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Ce qu'on constate chaque année, c'est les enfants qui sont sur le site et qui disent à leurs parents « moi aussi j'ai hâte d'être sur la scène avec le costume pour souligner ma réussite devant le public. »

Une citation de :Marjolaine Tshernish, directrice générale, Institut Tshakapesh

Comme Léa et Marilou, l'Institut Tshakapesh est à trouver une alternative pour que les finissants du secondaire puissent conclure ce chapitre important de leur vie malgré la pandémie. Ce n’est que partie remise, dit-elle avec détermination.

D'une manière ou d'une autre, on va trouver une manière de se dire au revoir, ajoute Marilou Beaudin.

En point de presse mercredi, la vice-première ministre Geneviève Guilbeault annonçait que le ministère de l’Éducation travaillait également à trouver une solution pour que les finissants puissent célébrer leur diplomation en dépit de la pandémie.

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