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Les restaurateurs de Toronto cuisinent pour les infirmières grâce à des dons

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L'initiative Feed the Frontlines TO nourrit les travailleurs de première ligne de Toronto qui luttent contre la COVID-19 tout en soutenant des entreprises locales.

Photo : Courtoisie de Adair Roberts

Nicolas Haddad
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une action citoyenne torontoise qui collecte des fonds pour offrir des repas de qualité aux travailleurs de première ligne à Toronto connaît un succès exponentiel inattendu.

Le programme Feed the Frontlines TO, qui fait le lien entre quelques restaurants indépendants et une vingtaine d’unités de travailleurs de santé et de services sociaux de la région, a déjà amassé plus de 230 000 $ à travers le site de sociofinancement GoFundMe.

Ça démontre la puissance d'une bonne idée, souligne la fondatrice de Feed the Frontlines TO, Adair Roberts, qui travaillait avant la pandémie de la COVID-19 comme consultante en santé mentale et en toxicomanie.

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Selon Feed the Frontlines TO, les livraisons offertes par l'initiative permettent aux équipes de travailleurs de la santé et des services sociaux de nourrir leur esprit d'équipe en partageant un repas chaud.

Photo : Courtoisie de Adair Roberts

Parce que je travaillais dans un hôpital, je savais que les membres de ces équipes ont du mal à obtenir facilement un bon repas même en temps normal, alors je savais que le besoin allait être là, explique-t-elle.

En date de samedi, 6500 repas ont été livrés. Selon Mme Roberts, les travailleurs qui sont sur les premières lignes consomment souvent des repas rapides, improvisés, et parfois même froids. Les repas chauds de Feed the Frontlines TO les rend donc doublement heureux.

L’initiative torontoise a déjà été adoptée dans une dizaine de villes américaines, dont Boston, Miami et New York.

S’entraider pour survivre la crise économique

Selon Adair Roberts, Feed the Frontlines TO a deux fonctions : nourrir les travailleurs de première ligne et le faire en offrant une bouée de sauvetage aux restaurants affligés par la crise économique actuelle.

« Nous avons eu l'idée de marier ces deux besoins, et voici un moyen d'y arriver. »

— Une citation de  Adair Roberts, fondatrice de Feed the Frontlines TO

Ce sont les employés des restaurants qui effectuent les livraisons des repas auprès des travailleurs de santé et de services sociaux. Si de nombreux services de livraison à domicile comme DoorDash ou UberEats existent pour effectuer des livraisons de commandes à emporter, Feed the Frontlines TO tient à ce que chaque dollar collecté contribue à sa cause.

Le groupe de restaurants Tabulé est l’un des six partenaires de l’initiative. Selon son co-propriétaire, Diana Sideris, le nombre limité de restaurants qui participent à Feed the Frontlines TO assure que le programme aura un réel impact sur la survie de ces entreprises, plutôt que de diluer les fonds récoltés.

Elle estime que Tabulé a livré entre 500 et 1000 repas jusqu’à présent, ce qui a apporté des liquidités à l’entreprise et nous a permis de garder certains de nos employés.

Les PME de la restauration sont parmi les entreprises les plus touchées par la crise économique entraînée par la pandémie de la COVID-19. Selon un sondage commandé par Restaurants Canada, 10 % des restaurants canadiens avaient fermé définitivement leurs portes à la fin du mois de mars, alors que le secteur de la restauration a perdu 800 000 emplois.

Quel avenir pour l'initiative ?

Post-pandémie, Adair Roberts ne voit aucun avenir pour le programme. Selon elle, d’autres organismes de la région luttent contre la faim, alors que son initiative a un but très précis : de permettre aux travailleurs de première ligne de se concentrer sur leur travail.

Pour l’instant, son équipe a du pain sur la planche.

Si les dons en provenance de particuliers se multiplient au quotidien, l’équipe de Feed the Frontlines TO est à présent aussi à la recherche de dons de la part d'entreprises pour élargir les opérations et rejoindre encore plus de travailleurs.

Il y a tellement d'équipes de travailleurs de la santé et de travailleurs sociaux que nous n'avons pas encore servies, affirme Adair Roberts, en ajoutant que tant que les gens ont le sentiment de vouloir contribuer à cette initiative, nous continuerons de faire ce qu’on fait.

Selon sa fondatrice, Feed the Frontlines TO a pu mettre en réserve assez de fonds pour continuer ses opérations pendant trois semaines si jamais les dons arrêtaient de rentrer, soit 6 000 repas en banque.

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