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Des inquiétudes pour l’avenir des petits vignobles en raison de la crise de la COVID-19

Plan serré de grappes de raisins sur une vigne dans un champ.

Les mesures de distanciation physique obligent les vignobles à ne plus accueillir de visiteurs jusqu’à nouvel ordre.

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

La pandémie de la COVID-19 inquiète plusieurs petits vignobles dans la vallée de l’Okanagan puisque l’industrie viticole est au carrefour du tourisme, de l’agriculture et de l’hospitalité.

Un des gagne-pain des vignobles passe par leur salle de dégustation : ils accueillent environ un  million de visiteurs par année. Or, en raison des mesures de distanciation physique en vigueur, les vignobles ne peuvent plus accueillir de visiteurs jusqu’à nouvel ordre.

Les clients de Christine Leroux, une oenologue-conseil qui travaille avec les plus petites propriétés dans la vallée de l’Okanagan, sont inquiets en raison de l’incertitude, explique-t-elle.

La plus grande inquiétude, c’est l'incertitude autour du tourisme, puisqu’on ne sait pas jusqu’à quand on sera confiné, note-t-elle.

Même si on retrouve un semblant de vie normale cet été, les gens vont-ils voyager et vont-ils venir dans l’Okanagan?, ajoute-t-elle.

Bien que certains petits vignobles vendent leurs produits aux magasins d’alcool, la majorité de leurs ventes se fait sur place.

Un sentiment qui trouve écho chez les le directeur général de la Chambre de commerce de Kelowna, Dan Rogers.

En plus de l’incertitude du nombre de touristes, l’industrie du vin prend un dur coup avec l’annulation d’événements tels que le festival des vins de l’Okanagan. Les producteurs ont observé une réduction des ventes et ont dû mettre à pied des employés de leur salle de dégustation.

Une citation de :Dan Rogers, directeur général, Chambre de commerce de Kelowna

Ce genre d’activité rapporte généralement un gros montant pour les producteurs juste avant l’été, dit Dan Rogers en se référant au festival des vins.

Il y a toutefois une lueur d’espoir, car les gens peuvent quand même acheter du vin de ces producteurs. Ils reçoivent quand même des commandes en ligne, dit-elle.

Planification ardue

La deuxième source d’inquiétude pour les petits viticulteurs vient de la difficulté à planifier les nouvelles productions.

Portrait de Christine Leroux dehors à côté du Centre culturel francophone de l'Okanagan, à Kelowna

Christine Leroux, oenologue et professeure à l'Okanagan College de Penticton

Photo : Radio-Canada / Mylène Briand

Mme Leroux précise qu’effectivement, les vignerons planifient le nombre de bouteilles à produire selon les ventes de l’année précédente. Difficile, dans un tel contexte, de savoir combien de bouteilles produire pour la prochaine saison.

Comment vont-ils prévoir leur prochaine vendange?, alors que les projections sont ardues à faire, soutient l’oenologue.

L’industrie du vin dans la province rapporte 2,8 milliards de dollars à l’économie britanno-colombienne, selon l’organisme Wine of British Columbia.

Un rapport en ligne du groupe WineDrop.ca estime que l’industrie viticole, touristique et de la restauration dans la région de Thompson et de l’Okanagan perdra entre 693 millions et 1,02 milliard de dollars à cause des restrictions entraînées par la pandémie de COVID-19.

Un rappel de la crise économique de 2008?

Christine Leroux se rappelle qu'au moment de la crise économique de 2008, qui avait frappé de plein fouet les États-Unis et qui a eu des ramifications à l'international, plusieurs grosses propriétés se sont concentrées sur un plus petit nombre de productions de vin.

Ce que cela veut dire, c'est qu'ils avaient des contrats avec de plus petits viticulteurs qu'ils ont dû laisser tomber, rappelle-t-elle.

La nature suit son cours

Christine Leroux est formelle : la vigne continue de pousser et elle sera récoltée. COVID ou pas, le travail se poursuit sur le terrain, affirme-t-elle.

C’est d’ailleurs le cas pour le vignoble de Séverine Pinte, du domaine du Vieux Pin, comme le rapporte Louise-Marie Lessard, chroniqueuse pour Radio-Canada.

Il y a beaucoup de travail dans le vignoble, corrobore-t-elle. lls ont leur petite équipe de base et n’ont pas eu nécessairement à licencier les gens et ont redistribué les tâches.

Dan Rogers soutient que la production des membres de la Chambre de commerce bat toujours son plein.

Par contre, les propriétaires prévoient des difficultés d’embauche comme c’est le cas de plusieurs secteurs de l’industrie agricole, précise-t-il.

Chez Séverine Pinte, l’embauche de personnel pour la salle de dégustation se fait toujours attendre. Il faut rester positif, il y a beaucoup d’espoir, confie Mme Pinte, en se rappelant que la situation est temporaire.

Notre dossier COVID-19 : les services ouverts ou fermés dans votre région

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