•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La téléconférence de presse, une occasion en or pour les médias locaux

Une pile de journaux.

Les journaux communautaires souffrent du manque de financement publicitaire, alors que l'avidité d'information du public est en hausse.

Photo : iStock

Depuis plusieurs semaines, les autorités sanitaires et les élus du Manitoba tiennent des points de presse quotidiens sur la propagation de la COVID-19. Ces points presse sont rapidement devenus des téléconférences, distanciation physique oblige. Ce changement a permis la participation des médias d’en dehors de Winnipeg.

Je n’ai jamais été aussi engagé avec l’appareil provincial, lance Cassidy Dankochik, un journaliste au Flin Flon Reminder, un journal qui dessert une communauté située à plus de 750 kilomètres au nord-ouest de Winnipeg, près de la frontière avec la Saskatchewan.

M. Dankochik a sept ans d’expérience avec les journaux communautaires un peu partout dans la province. Il était le premier journaliste d’un média communautaire à se brancher aux téléconférences de la province.

Lorsqu’ils sont passés des questions en personne aux téléconférences, je me suis dit : il faut que je participe à ces appels parce qu’il y avait des lacunes dans la couverture du Manitoba rural [des autres médias], raconte le journaliste.

Notre public a des questions très différentes des questions des plus grands médias.

Cassidy Dankochik, journaliste au Flin Flon Reminder

M. Dankochik note qu’avant la pandémie, il avait l’habitude de passer par des contacts médiatiques locaux, comme celui de l’office régional sanitaire de cette partie du Manitoba, et qu’il n’a jamais eu de vrais problèmes quant à l’accès aux élus de sa région.

L’accès aux représentants locaux n’équivaut toutefois pas à une interrogation au moins hebdomadaire du premier ministre ou des membres de son cabinet.

Il s’agit d’informer un public plus avide d'information que jamais, explique le journaliste. Paradoxalement, c'est une crise qui fait chuter le revenu publicitaire des médias.

Par exemple, Postmedia Network ferme 15 journaux locaux en Ontario et au Manitoba. L'entreprise torontoise justifie cette fermeture par la chute des revenus de plusieurs de ses publications en raison de la pandémie.

L’infirmière en chef de Soins communs Manitoba, Lanette Siragusa et le médecin hygiéniste en chef, Brent Roussin, assis derrière une table en demi-cercle, devant des drapeaux manitobains.

L’infirmière en chef de Soins communs Manitoba, Lanette Siragusa et le médecin hygiéniste en chef, Brent Roussin, lors de l'un de leurs points de presse quotidiens.

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

L'intérêt du public reste, dit M. Dankochik. Nous voyons nos chiffres [de consultation du journal] en ligne exploser, et tout le monde veut savoir ce qu’il se passe [...] Je pense à cette interdiction de voyager dans le nord de la province, nous avions une liste de questions longue d’un kilomètre.

Les questions qui ne sont pas posées en point de presse se trouvent souvent dans les mains de Paul Turenne, un spécialiste en relation avec les médias de l’Office régional de la santé de Winnipeg et l’un des gestionnaires du compte de courriel médiatique pour toutes les demandes concernant la COVID-19 au Manitoba.

Il constate une plus grande variété de demandes médiatiques puisque la province a centralisé les communications portant sur la santé publique. La plupart du temps ce serait l’office régional [...] qui répondrait à des demandes dans ces régions-là, explique-t-il.

Il loue le grand professionnalisme des médias locaux, qui posent des questions portant sur des enjeux qui n’en sont pas dans la capitale. Nous autres à Winnipeg, on a l’habitude de parler de Winnipeg, résume-t-il.

Cassidy Dankochik se réjouit de la participation accrue des médias locaux aux points de presse des élus et des autorités sanitaires.

Au début je sentais que j'étais le seul qui n’était pas des médias majeurs, et j’espère avoir brisé la glace. Je sais que j’entends de plus en plus de personnes qui ne sont pas des médias majeurs sur ces appels… des voix amicales.

Dans son cas, il affirme qu’il voit l’impact de cette couverture dans sa communauté. Il se souvient même d’avoir été interpellé par un habitant de Flin Flon le félicitant pour une question posée au premier ministre du Manitoba, Brian Pallister.

Brian Pallister en gros plan et de profil.

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister

Photo : La Presse canadienne

Un porte-parole de la province affirme que l’option de participer aux conférences de presse par voie téléphonique était toujours offerte aux médias d’en dehors de Winnipeg. Dans les faits, cependant, cela se fait très peu, selon plusieurs journalistes de médias locaux interrogés par Radio-Canada.

M. Dankochik a hésité en tentant de se souvenir de la dernière fois qu’il avait participé à une téléconférence de presse de la province.

C’était pour le budget de 2016, lorsque je travaillais à Winkler [une communauté à 120 kilomètres au sud-ouest de Winnipeg, NDLR], dit-il, c’était une rencontre d'information pour les médias locaux après le huis clos pour les médias de Winnipeg.

Il espère que la province adoptera de manière plus régulière un modèle de conférence de presse qui permet aux médias situés ailleurs qu’à Winnipeg d’interroger les élus.

Il croit qu’un modèle à l'instar des actuelles conférences de presse quotidiennes du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, serait une bonne option. Lors de celles-ci, les journalistes présents en personne posent des questions, et puis d’autres journalistes ont l’occasion de poser des questions par téléconférence.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !