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L’anthropologue Sylvie Vincent est morte

Sylvie Vincent lors d'une allocution.

Sylvie Vincent a été l'une des fondatrices de la revue Recherches amérindiennes au Québec.

Photo : Photo: Gérald McKenzie / gracieuseté : Recherches amérindiennes au Québec

L’anthropologue Sylvie Vincent est décédée. Elle avait 79 ans.

Méticuleuse, rigoureuse et à la fois humble et discrète, Sylvie Vincent a travaillé, jusqu’à la toute fin de sa vie, à documenter la tradition orale et la présence sur le territoire des Innus de la Côte-Nord.

Plusieurs membres de la nation innue et du milieu de la recherche en études autochtones ont réagi sur les réseaux sociaux depuis jeudi. L'anthropologue et animateur Serge Bouchard lui a également rendu hommage sur sa page Facebook vendredi.

Un livre-choc

Sylvie Vincent a notamment coécrit avec Bernard Arcand le livre L'image de l'Amérindien dans les manuels scolaires du Québec ou Comment les Québécois ne sont pas des sauvages, en 1979. Un ouvrage qui crée une onde de choc à sa sortie, raconte l’anthropologue Pierre Trudel.

Ça avait fait un choc à ce moment-là, car les enseignants de l’histoire et les historiens avaient été critiqués sur l’enseignement de l’histoire du Québec.

Pierre Trudel, anthropologue

Elle a vraiment contribué à faire en sorte qu’on revoit et qu’on soit plus exigeant quant à savoir si le point de vue des autochtones est dans notre histoire et s'il y a un équilibre d’information dans notre histoire. Elle n’a pas fait ça juste en 1979. Elle a fait ça jusqu’à tout récemment, elle continuait, affirme M. Trudel.

Chercheure engagée

Agissant à titre de consultante, Sylvie Vincent a entre autres travaillé à la victoire du Conseil de bande de Uashat mak Mani utenam au Tribunal des revendications particulières en février dernier.

Le chef du conseil de bande de Uashat mak Mani utenam, Mike McKenzie, a d'ailleurs offert ses condoléances à la famille de Mme Vincent vendredi soir dans une vidéo en direct sur Facebook. C’était une grande dame et une alliée pour la nation et notre communauté. Elle a su, à travers son implication, saisir toute l’importance de notre patrimoine culturel et social, affirme le chef.

La directrice au Musée Shaputuan à Uashat, Gloria Vollant, a travaillé avec l'anthropologue pendant 22 ans et s’en souvient comme une personne très très méticuleuse quand elle travaille.

Elle nous a amenés à être curieux, à poser plus de questions. Par exemple : le lac, il porte tel nom, mais pourquoi il porte tel nom?, raconte Mme Vollant.

Gloria Vollant s’en souviendra comme une amoureuse de l’histoire et une encyclopédie vivante.

Sylvie Vincent parle à l'une de ses collègues lors d'un événement.

Sylvie Vincent en 2011 lors du lancement d'un numéro de la revue Recherches amérindiennes au Québec.

Photo : Photo: Gérald McKenzie / gracieuseté : Recherches amérindiennes au Québec

Sylvie Vincent a également été l’une des fondatrices de la revue Recherches amérindiennes au Québec qui fêtera ses 50 ans à l’automne prochain. L’équipe éditoriale aurait aimé lui rendre hommage lors des célébrations, mais elle est partie trop vite.

Une année coûteuse pour le monde de l’anthropologie québécoise. Son collègue Rémi Savard s’est éteint lui aussi en décembre dernier.

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