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Des organismes d’aide aux sans-abri craignent une deuxième vague de COVID-19

Un couple dans une tente en pleine ville.

Des organismes d'aide aux sans-abri craignent qu'avec l’arrivée du beau temps une contamination au sein de cette population vulnérable ne survienne.

Photo :  CBC

Selon les responsables d’organismes de soutien aux personnes itinérantes, la COVID-19 a épargné jusqu'à présent les sans-abri, mais avec l’arrivée du beau temps et la relance de l’économie, ils craignent une contamination.

L’été est souvent synonyme de campement pour de nombreuses personnes itinérantes, explique Marion Willis la directrice fondatrice de St. Boniface Street Links, un organisme d'aide aux sans-abri.

Dans ces campements qui naissent un peu partout dans la ville, les mesures-barrières comme la distanciation physique et le lavage de mains seront difficiles à respecter, déplore-t-elle.

Marion Willis souligne qu’en cas de deuxième vague de la maladie, ces groupes déjà à risque seront plus exposés.

Si une personne venait à contracter le virus, elle le propagera rapidement et largement, croit-elle.

Depuis que le beau temps a commencé, nous voyons de plus en plus de personnes itinérantes à l’extérieur malgré le fait que les mesures de confinement n’étaient pas encore assouplies. Ils seront encore plus nombreux dans les prochains jours maintenant que l’économie reprend, souligne-t-elle.

Marion Willis dans un corridor.

La directrice fondatrice de St. Boniface Street Links Marion Willis

Photo : Radio-Canada / Holly Caruk

Ces craintes sont partagées par Main Street Project.

Le responsable du budget de l’organisme Sébastien De Lazzer indique que l’accompagnement des personnes vulnérables présente déjà plusieurs défis.

Le plus gros problème est l’accessibilité à des besoins de base comme la nourriture, les salles de bains pour aller à la toilette, l’accessibilité à des ressources financière, explique-t-il.

Selon Sébastien De Lazzer et Marion Willis, les efforts financiers fournis par les différents niveaux de gouvernement sont importants. La Ville et des groupes d’aide ont fait un travail remarquable en créant de l’hébergement supplémentaire et une unité d’isolement.

Nous remercions les organismes de bienfaisance et de nombreux citoyens ordinaires qui nous ont aidés à amasser des fonds pour la mise en place de notre plan COVID-19, dit Marion Willis.

Grâce au soutien des gouvernements, l’organisme Main Street Project a pu ouvrir dans un délai très court des grands espaces de refuge et un centre d’isolement pour les personnes malades ou présentant des symptômes de la maladie, indique quant à lui Sébastien De Lazzer.

Sébastien De Lazzer debout tenant dans les mains une pancarte.

Sébastien De Lazzer, responsable du budget de Main Street Project.

Photo : Fournie par

Avec la relance économique ces responsables d’organismes ont besoin de plus pour continuer leur travail, car il faut localiser les campements et aller offrir de l’aide sur place.

L’évolution de la situation se fait presque d’heure par heure. On n’a pas eu de grosse flambée de cas de COVID-19 [jusqu’à présent]. S’il y en a une, les gouvernements doivent être à même de répondre à la situation, croit Sébastien De Lazzer.

Au-delà de la crise sanitaire

Marion Willis indique que cette pandémie a révélé d’autres problèmes plus graves qui existaient déjà avant la pandémie de COVID-19.

Il y a des personnes qui vivent dans la rue, mais aussi des personnes qui ont des maisons, mais passent toutes leurs journées dans les rues comme les sans-abri, car tout l’argent qu’ils reçoivent comme aide va dans le paiement du loyer, explique-t-elle.

Ce deuxième groupe de personnes mendie dans les rues et erre dans différents quartiers pour trouver de quoi se nourrir, déplore-t-elle.

Ce sont des vecteurs de transmission s’ils sont contaminés, fait-elle remarquer.

On a vu les gouvernements mettre beaucoup d’argent pour soutenir les travailleurs de la santé, les entrepreneurs et tous ceux et celles qui ont perdu leur emploi, alors ils peuvent faire autant pour les personnes sans-abri, ajoute-t-elle.

Les logements abordables pour les sans-abri sont un moyen efficace de réduire l’infection et, par conséquent, de réduire le potentiel de transmission communautaire à grande échelle, juge Marion Willis.

D’après elle, les trois ordres de gouvernement devront se mettre ensemble pour agir dans l’urgence.

On ne doit pas entretenir l’itinérance, mais plutôt y mettre fin, dit-elle.

Interrogée sur la question, la ville de Winnipeg a indiqué qu’elle continuera à travailler avec les organismes d’aide aux personnes sans-abri pour trouver des solutions suivant l’évolution de la pandémie.

La province de son côté affirme qu'elle reste vigilante malgré la relance de l’économie.

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure

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