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Des arnaques COVID-19 ont déjà coûté plus de 1,2 million de dollars aux Canadiens

Une jeune femme appuie sur l'écran de son téléphone cellulaire.

« La pandémie de la COVID-19 représente pour les cybercriminels et les fraudeurs un leurre efficace pour inciter les victimes à visiter de faux sites web », déclare Ryan Foreman du Centre de sécurité des communications.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les Canadiens ont perdu plus de 1,2 million de dollars au cours des dernières semaines à cause des escrocs qui ont profité de la pandémie de COVID-19.

Jeff Thomson, analyste principal du renseignement de la GRC au sein de l'Agence canadienne de lutte antifraude, a déclaré que le centre a reçu 739 signalements depuis le 6 mars sur des tentatives d'escroquerie liées à la pandémie. Il a précisé que 178 d’entre elles ont réussi.

Le centre constate également que les escrocs tentent de profiter de la pandémie pour infecter les ordinateurs en utilisant des logiciels malveillants.

Le procédé est simple et redoutable

Jeff Thomson.

Jeff Thomson, analyste principal du renseignement de la GRC au sein de l'Agence canadienne de lutte antifraude.

Photo : CBC/Jean Delisle

Les victimes reçoivent des messages leur indiquant qu'elles ont été exposées à une personne dont le test COVID-19 s'est révélé positif. Il leur est demandé de remplir ce qui ressemble à un formulaire Excel. Lorsque les utilisateurs cliquent pour afficher le formulaire, leur ordinateur est déjà infecté avec un cheval de Troie qui installe des fichiers malveillants, explique M. Thomson.

Les escrocs sont habitués à adapter leurs tactiques pour tenter de tirer profit d'une situation d'urgence, fait-il remarquer.

Le sentiment d'anxiété rend les victimes plus vulnérables.

L'isolement dans lequel les gens se trouvent en ce moment est également un facteur clé.

Jeff Thomson, analyste principal du renseignement de la GRC au sein de l'Agence canadienne de lutte antifraude

M. Thomson ajoute que les fraudes sont conçues pour amener les gens à ne pas réfléchir correctement. Une situation de pandémie comme celle qui existe est donc le moment idéal pour les escrocs et les fraudeurs.

La création par le gouvernement fédéral du programme de la Prestation canadienne d'urgence est d'ailleurs situation rêvée pour les fraudeurs. Toute communication directe reçue par les Canadiens au sujet d'une demande de (PCU) est une escroquerie, met en garde Etienne Biram, porte-parole du gouvernement.

La pandémie de la COVID-19 représente pour les cybercriminels et les fraudeurs un leurre efficace pour inciter les victimes à visiter de faux sites web, à ouvrir les pièces jointes de leurs courriels et à cliquer sur les liens des messages textes, déclare de son côté Ryan Foreman, porte-parole du Centre de sécurité des communications et du Centre pour la cybersécurité.

Ces courriels semblent provenir d’organismes de santé et même du gouvernement du Canada. Les Canadiens doivent être conscients que ce type de menace est réel, qu'il existe et que ces types de courriels et sites web COVID-19 sont en réalité des fraudes, ajoute M. Foreman.

Le centre a travaillé avec l'industrie pour démanteler 2000 sites web qui tentaient de frauder les Canadiens – y compris certains qui prétendaient appartenir à des organisations gouvernementales comme l'Agence de la santé publique du Canada, l'Agence du revenu du Canada (ARC) et l'Agence des services frontaliers du Canada, précise-t-il.

De faux organismes gouvernementaux

Ces agences gouvernementales sont impliquées d'une manière ou d'une autre dans la réponse du gouvernement fédéral à la pandémie. L'ARC, par exemple, est responsable de faire sortir les paiements de la PCU et les escrocs rendent ce travail plus difficile.

Même si elles se déclinent sous plusieurs formes, ces escroqueries visent toutes à tromper les Canadiens en leur demandant des informations personnelles sous le prétexte de les aider à réclamer la prestation, fait remarquer le porte-parole de l'ARC, Etienne Biram.

L'ARC ne contacte pas les Canadiens pour réclamer la PCU. Les Canadiens doivent demander le crédit eux-mêmes.

Etienne Biram, porte-parole de l'ARC

Joanna Giannakopoulos, une résidente de la région de Toronto, a failli tomber dans le panneau. Elle a reçu un SMS quelques jours après avoir été licenciée de son travail dans un restaurant.

J'ai cliqué sur le lien parce que je pensais que c'était un SMS du gouvernement, dit-elle.

En suivant les instructions du texte, Mme Giannakopoulos l'a rempli en donnant ses informations personnelles – son nom complet, son numéro d'assurance sociale, le nom de sa banque, son numéro de compte bancaire et son mot de passe – avant de réaliser finalement que l'adresse du site web du texte ne correspondait pas.

Mme Giannakopoulos a dû informer sa banque et les agences de crédit que ses informations pouvaient avoir été compromises.

Je pense que cela peut être un piège facile, surtout à un moment vulnérable comme maintenant, reconnaît-elle.

Selon M. Thomson de l'Agence canadienne de lutte antifraude, l'arnaque de l’hameçonnage consiste à demander aux victimes de cliquer sur un lien pour toucher une prestation est l'une des arnaques les plus populaires, mais ce n'est pas la seule.

Nous continuons à voir une variété d'escroqueries sur les marchandises, y compris des offres de masques ou de trousses de test gratuits , indique M. Thomson. Des SMS ou des courriels vous demandent de cliquer sur des liens pour répondre à une enquête qui, encore une fois, va prendre le numéro de votre carte de crédit et vos informations personnelles.

Les escrocs peaufinent leur stratégie

D'autres pays, tels que le Royaume-Uni et les États-Unis, sont également touchés par les escroqueries COVID-19.

Le président de la Commission fédérale américaine des communications, Ajit Pai, a déclaré qu'il avait vu la forme des escroqueries évoluer au cours de la pandémie.

Malheureusement, nous avons vu que certains fraudeurs ont adapté leurs plans en pleine pandémie.

Ajit Pai, président de la Commission fédérale américaine des communications

Si auparavant ils se concentraient davantage sur le pourriel, les messages textes et les appels d'offres, aujourd'hui, nous constatons une augmentation des offres liées au travail. Par exemple : des messages qui semblent provenir d’Amazon qui recherche des personnes pour travailler à domicile en tant qu'associé. Il est alors demandé aux intéressés de fournir des informations personnelles. Ils peuvent aussi faire croire à une offre d’abonnement gratuit à Netflix pour cinq mois.

Selon Ajit Pai, la grande majorité des appels frauduleux proviennent de l'étranger et sont destinés au marché nord-américain. C'est un phénomène mondial, dit-il.

Les arnaqueurs ciblent souvent les petits fournisseurs de services de télécommunications qui transmettent les appels ou les messages textes à des fournisseurs plus importants. Les autorités ont publié un avis à l'attention de ces fournisseurs de passerelles concernant les appels et textes trompeurs internationaux.

Les entreprises de télécommunications canadiennes et l'association qui les représente, quant à elles, disent prendre le problème au sérieux, mais n'ont pas donné beaucoup d'exemples d'actions concrètes.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a déclaré qu'il ne commente pas les enquêtes éventuelles. Il a déclaré que les Canadiens devraient être vigilants relativement aux escroqueries et les signaler au Centre canadien de lutte antifraude.

D'après les informations de Elizabeth Thompson

Avec les informations de CBC

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