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Embrasser ses petits-enfants, une bonne idée?

Pour les moins de 10 ans, la Suisse dit oui. La science, elle, est moins formelle.

Un enfant potrant un masque regarde par la fenêtre avec son toutou.

Un enfant potrant un masque regarde par la fenêtre avec son toutou.

Photo : getty images/istockphoto / Gargonia

[ANALYSE] Les jeunes enfants attrapent moins la COVID-19. Ils sont généralement moins malades que les adultes. Mais de là à affirmer qu’ils ne peuvent pas la transmettre, il y a un monde, car la science n’a pas encore tranché.

Pour adoucir le confinement des aînés, le médecin suisse Daniel Koch, de l’Office fédéral de la santé publique, a autorisé les grands-parents à embrasser leurs petits-enfants (Nouvelle fenêtre) de moins de 10 ans.

Daniel Koch, c’est le Horacio Arruda de la Suisse. Selon lui, les jeunes enfants ne transmettent pas la maladie, de sorte que ces contacts sont sans danger, même si les aînés sont vulnérables face à la maladie.

Il formule cependant une mise en garde : les contacts doivent être limités. Les embrassades ne doivent pas se transformer en gardiennage. Et les parents doivent rester à distance.

Cet assouplissement a été accueilli avec scepticisme en Suisse. Daniel Koch appuie sa décision sur des consultations avec des experts.

Parmi eux, Didier Pittet, médecin-chef du Service de prévention et de contrôle de l’infection des Hôpitaux universitaires de Genève. Il soutient que les études épidémiologiques confirment que les enfants sont rarement à l’origine de la transmission dans les foyers.

Mais il confie qu’il n’a pas pour autant l’intention d’embrasser ses propres petits-enfants.

Un paradoxe qui illustre à quel point la science a du mal à faire son lit.

D’un côté, il y a les données épidémiologiques qui racontent l’histoire de la transmission à la lumière des cas diagnostiqués et documentés.

De nombreuses études rapportent que, dans les ménages, les enfants sont rarement ceux qui transmettent la maladie. Même chose à l’école, selon des données préliminaires australiennes (Nouvelle fenêtre) qui font état d’une transmission quasi nulle dans 15 écoles où seulement deux enfants auraient contracté la maladie.

À l’opposé, l’équipe de Christian Drosten, un virologue allemand, vient d’analyser la charge virale selon l’âge chez 3712 patients berlinois.

Lors d'une conférence de presse en Berlin, début mars

Christian Drosten, un virologue allemand

Photo : Associated Press / Michael Sohn

L’étude (Nouvelle fenêtre), qui n’a pas encore été publiée, n’est pas parfaite. Même les auteurs en conviennent. Mais ils n’en concluent pas moins que les enfants pourraient être tout aussi infectieux que les adultes. Ils incitent à la prudence lors de la réouverture des écoles et des garderies.

Reste à savoir dans quelle mesure les enfants sont réellement de bons vecteurs pour transmettre la maladie.

Selon l’Institut national de santé publique du Québec (Nouvelle fenêtre), le risque est bien réel. Surtout que bon nombre d’enfants infectés n’ont pas de symptômes.

Pour l’épidémiologiste Gaston De Serres, il est hors de question d’autoriser les grands-parents à donner des câlins à leurs petits-enfants. Mais il surveillera avec intérêt l’expérience suisse.

Expérience, c’est d’ailleurs le mot tout indiqué pour décrire les opérations de déconfinement qui s’amorcent partout dans le monde. Car personne ne sait vraiment comment procéder.

Ce n’est qu’avec le recul que les scientifiques pourront évaluer les interventions. Mais pour le moment, nous plongeons dans l’inconnu, au meilleur de nos connaissances actuelles.

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