•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le plan de déconfinement de l’Alberta provoque fébrilité et questionnement

Les chaises sont installés sur les tables dans un restaurant vide.

Les restaurants pourraient ouvrir partiellement à partir du 14 mai.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson

Si tout se passe bien, dans deux semaines, les Albertains pourront s’attabler dans les restaurants et se faire couper les cheveux. Si ce plan de relance économique réjouit les commerçants, ceux-ci s’inquiètent aussi de leur quotidien en temps de pandémie.

Il y a beaucoup d’excitation [...] Nous sommes le troisième employeur de la province. Alors tout le monde est content de retrouver ses employés, même si c’est morceau par morceau, résume Ernie Tsu, restaurateur et membre de l’Association de l’hospitalité de l’Alberta.

Le propriétaire du bar-brasserie Trolley 5, à Calgary, pense qu’il sera prêt pour la réouverture dans deux semaines. Avec trois étages, son restaurant est assez grand pour faire respecter des distances de plus de 2 mètres entre les tables.

Le défi, à cette étape, est de trouver assez d’équipement de protection pour ses employés. Les gants en latex en particulier sont difficiles à commander, explique-t-il.

Le premier ministre, Jason Kenney, a affirmé que des directives détaillées seraient publiées pour chaque secteur avant l'atténuation des mesures de confinement.

Jennifer Leblond, propriétaire du magasin de décoration Steeling Home, est quand même anxieuse.

Le message a été : "Faites attention, ne faites pas ça." Maintenant, on passe à : "Vous pouvez le faire." C’est un saut dans l’inconnu.

Une citation de :Jennifer Leblond, commerçante

Pour que son commerce fonctionne, elle doit laisser les clients flâner au gré des allées plutôt étroites. Comment cela va-t-il fonctionner alors que chacun s’inquiète d’une contamination des surfaces? Elle n’a pas encore la réponse.

De plus, elle a converti une grande partie de son modèle d’affaires en commerce en ligne pendant la fermeture de son espace commercial. Elle se demande si elle pourra mener les deux de front.

Une bonne première étape

Pour le président du conseil des affaires de l’Alberta, Adam Legge, l’approche albertaine a toutes les qualités pour fonctionner : elle est progressive, et des garde-fous ont été définis pour ne pas sauter trop vite d'étapes.

Il dit toutefois que ce plan ne sera pas suffisant pour faire repartir tout un pan de l’économie. Tant qu’on n’a pas une réouverture mondiale et une augmentation de la demande de pétrole, ce plan est une bonne première étape, mais un rétablissement complet prendra du temps, affirme-t-il.

Même la chef de l’opposition officielle, Rachel Notley, est d'accord avec les grandes lignes présentées jeudi.

Une culture de la sécurité?

Elle a toutefois des inquiétudes au sujet de la suite des choses. L’Alberta est encore loin des 20 000 tests par jour qui est l'objectif fixé, souligne-t-elle. Elle se demande si la réouverture des commerces pourrait faire subir trop de pression au système.

Rachel Notley voudrait également plus de transparence en ce qui concerne les stocks d’équipement de protection.

Enfin, elle s’inquiète qu’à la lumière des éclosions d’épidémie dans les usines de transformation de viande de la province, la culture de la sécurité des travailleurs ne soit pas la priorité des autorités.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !