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Cuisiner plus en confinement fera économiser les Canadiens

Une dame tient un panier de fruits et légumes dans une épicerie.

Adapter sa nutrition à une nouvelle routine.

Photo : iStock

Radio-Canada

Si la crise de la COVID-19 risque de faire augmenter le prix des produits d’épicerie, elle devrait par ailleurs entraîner une baisse du budget alloué à l’alimentation par les familles parce que celles-ci cuisinent plus.

En restant à la maison en confinement, on épargne énormément. On transforme nos propres aliments, explique Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politique agroalimentaire à l'Université de Dalhousie et directeur du Laboratoire en science analytique agroalimentaire.

Il souligne qu’en temps normal, environ 40 % du budget alimentaire des ménages canadiens sont consacrés à la restauration.

Un dollar dépensé dans un restaurant, ce n’est toutefois pas la même chose qu’un dollar dépensé à l’épicerie : avec le dollar dépensé à l’épicerie, on peut-être obtenir 30 à 50 % plus de nourriture, précise Sylvain Charlebois.

Moins de gaspillage alimentaire

Un autre effet collatéral du confinement est de réduire le gaspillage alimentaire des Canadiens.

Sylvain Charlebois

Sylvain Charlebois, directeur du laboratoire en science analytique agroalimentaire de l’Université Dalhousie, à Halifax.

Photo : Radio-Canada

Ce qu’on a remarqué depuis quelques années, c’est que les gens achètent trop de nourriture, souligne le chercheur de l’Université Dalhousie. En raison de notre vie nomade, on se promène beaucoup, ce qui fait en sorte que l’on gaspille. Là, on gaspille moins parce qu’on voyage moins et on est surtout plus conscient de ce qu’on a dans le réfrigérateur. Le fait que les autorités de santé publique suggèrent aux gens de se rendre à l’épicerie le moins souvent possible force de surcroît les gens à bien planifier leurs repas et leurs achats.

On n’achète plus des produits alimentaires, on achète des ingrédients. C’est une dynamique complètement différente.

Une citation de :Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politique agroalimentaire à l'Université de Dalhousie

Avant la COVID, les gens allaient à l’épicerie en fin de journée pour trouver une solution pratique à court terme. On y retournait souvent le lendemain ou le surlendemain, rappelle Sylvain Charlebois. Aujourd’hui, le consommateur qui arrive à l’épicerie doit prévoir pour une ou deux semaines.

Une hausse du prix des aliments à prévoir

La crise de la COVID-19 n’aura évidemment pas que des conséquences positives sur le panier d’épicerie.

Silhouette d'un homme marchant dans un champ de légumes, un panier à la main.

L’interdiction des travailleurs étrangers temporaires aura un impact sur la production alimentaire, préviennent des agriculteurs.

Photo : Reuters / Dylan Martinez

Des experts anticipent déjà la rareté de certains produits et l’industrie canadienne de la viande est durement touchée.

La COVID-19 affecte l’ensemble de la chaîne, rappelle Sylvain Charlebois. La distanciation physique qui se fait à l’épicerie, ça se passe aussi en amont, en transformation et en production. Ça ralentit la production: on doit former les gens, engager plus de monde, les coûts augmentent, les coûts des équipements augmentent.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Le chercheur en distribution et politique bioalimentaire rappelle toutefois qu’une hausse du coût des aliments avait déjà été prévue et évaluée à environ 4 % en décembre dernier. C’est à peu près où on s’en va, malgré la COVID, estime le chercheur.

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