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Des porteurs du coronavirus autorisés à travailler dans le réseau québécois de la santé

Des préposés, infirmières et médecins infectés par le coronavirus pourront retourner travailler dans les résidences pour aînés et les hôpitaux s'ils n'ont pas de symptômes et qu'ils n'ont pas terminé leur isolement.

Une infirmière vêtue d'un équipement de protection personnelle.

Une infirmière déclarée positive à un test de dépistage de la COVID-19 pourra désormais aller travailler dans un CHSLD ou un hôpital, à certains conditions.

Photo : CBC/Evan Mitsui

La nouvelle directive a eu l'effet d'une bombe au sein du personnel de santé. Le gouvernement assure que c'est une solution de « dernier recours » qu'il espère ne pas avoir à utiliser.

Ils sont tellement en manque de personnel qu'ils sont prêts à tout essayer pour nous faire travailler, s'offusque Kathleen Bertrand, présidente de la FIQ-Syndicat des professionnelles en soins pour le Nord-de-l'Île-de-Montréal.

Jeudi, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Est-de-l'Île-de-Montréal a envoyé une note à ses employés intitulée Mise à jour des mesures d'isolement et de retour au travail. Le CIUSSS y détaille les nouvelles précisions que le ministère de la Santé a données sur la décision de levée de l'isolement lors d'un bris de service inévitable.

Il est possible pour les employés COVID+ asymptomatiques de retourner au travail en respectant certains critères.

Extrait de la note envoyée par le CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal à ses employés

À l'heure actuelle, cette mesure n'a pas été appliquée, assure le porte-parole du CIUSSS, Christian Merciari.

Interpellée par l'opposition, vendredi, la ministre de la Santé du Québec a expliqué que cette directive vient de la Direction de la santé publique.

C'est vraiment dans des cas extrêmes [...]. J'espère qu'on n'aura pas à l'utiliser.

Danielle McCann, ministre de la Santé du Québec

Par courriel, son ministère explique qu'un employé atteint de COVID-19 pourra retourner travailler en dernier recours uniquement, advenant qu’un bris de service soit inévitable, donc en cas de manque criant de personnel.

Par ailleurs, il faudra auparavant que l'établissement et la santé publique constatent que la mise en place de solutions de rechange n'a pas suffi. L’Institut national de santé publique recommande qu’une évaluation du risque soit effectuée par les autorités en place pour déterminer si la présence du travailleur ne respectant pas tous les critères de levée de l’isolement est jugée indispensable.

Des critères précis

Selon nos informations, un cadre devra approuver ce retour, et ces travailleurs infectés seront uniquement déployés dans les zones chaudes ou rouges, là où les patients ont déjà la COVID-19. Or, les risques de propagation du virus subsistent dans le reste de l'établissement et les lieux publics.

Une infirmière de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, qui a requis l'anonymat par peur de représailles, s'en inquiète : Je suis asymptomatique, mais j’ai la COVID-19. [...] Ça implique que je dois sortir dans la société afin de me rendre au travail; je risquerais de contaminer le peuple montréalais qui est encore en santé, mes collègues, mes patients qui sont déjà trop vulnérables.

Critères de retour au travail d'un employé déclaré positif à un test de dépistage de la COVID-19 :

  • Aucun symptôme depuis 24 heures (sauf la toux et l'anosmie qui peuvent persister)
  • Aucune fièvre depuis plus de 48 heures (sans prise d'antipyrétique)
  • Entrée réservée
  • Vestiaire réservé
  • Toilette réservée
  • Salles de repos ou de repas réservées
  • Port du masque et de tout équipement de protection individuelle
  • Circulation interdite hors de la zone chaude
     

(Source : document interne du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal)

Avec la collaboration de Davide Gentile

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