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Déconfinement : Québec change sa stratégie de dépistage

Le Dr Arruda en conférence de presse.

La santé publique croit pouvoir augmenter à 14 000 le nombre de tests quotidiens de dépistage de la COVID-19.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Près de 100 000 tests par semaine : c'est ce que prévoit le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, qui veut ainsi accélérer les efforts de dépistage de la COVID-19 en vue du déconfinement.

Selon le Dr Arruda, le nombre de personnes ayant contracté la COVID-19 au Québec est plus élevé que le bilan officiel de la santé publique, qui fait état de 28 648 cas confirmés.

La prévalence de la maladie dans la population de la province serait en réalité autour de 3 %, donc environ 250 000 personnes auraient été infectées par le nouveau coronavirus, a-t-il indiqué.

En augmentant le nombre de tests, la santé publique espère avoir une meilleure idée de la situation, mais il faut s'attendre à ce que le nombre de cas confirmés augmente lui aussi, a résumé le Dr Arruda en conférence de presse vendredi.

Si le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) affirme réaliser actuellement de 6000 à 7000 tests de dépistage par jour, des données dévoilées par l’Institut national de santé publique (INSPQ) font plutôt état de 4000 à 5000 tests quotidiens.

Cependant, ce total devrait bientôt grimper beaucoup plus vite, les autorités assurant pouvoir réaliser à compter de la semaine prochaine 14 000 tests par jour. Cet objectif avait déjà été évoqué en début de semaine.

La stratégie de dépistage

Le Dr Arruda et le Dr Yves Jalbert, directeur général adjoint de la protection de la santé publique du Québec, ont présenté le plan de diagnostic populationnel en lien avec le déconfinement graduel.

Le plan de déconfinement s'appuie sur six critères énoncés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dont celui concernant la capacité d’effectuer des tests de dépistage. Le Québec a réalisé plus de 220 000 tests de dépistage du nouveau coronavirus jusqu’à maintenant, a indiqué le Dr Arruda.

On teste pour trouver des cas positifs, identifier leurs contacts, remonter la chaîne de transmission et on isole les personnes atteintes pour éviter de propager le virus. C’est l’approche qu’on appelle de rechercher, investiguer, contenir, a expliqué le Dr Arruda.

Les deux hommes assis à une table de presse.

Le Dr Horacio Arruda (droite) en compagnie du Dr Yves Jalbert lors de leur conférence de presse sur la stratégie de dépistage du gouvernement du Québec.

Photo : Radio-Canada

Le taux de cas déclarés positifs se situe présentement à environ 16 % des personnes testées, ce qui veut dire que les tests ont été utilisés pour les bonnes populations, a-t-il spécifié. L’objectif est d'atteindre 14 000 tests par jour d’ici la fin de la semaine prochaine et de maintenir la cadence par la suite.

Désormais, déconfinement oblige, la Direction de la santé publique entend effectuer des tests de dépistage auprès d'autres clientèles. La province compte sur une réserve quotidienne de 6000 tests destinés aux personnes symptomatiques dans la population générale. Une attention particulière sera portée aux personnes qui travaillent dans les écoles et les services de garde, ainsi qu'aux premiers répondants et aux travailleurs de la construction.

Une réserve de 1000 tests par jour est prévue pour intervenir rapidement en cas d’éclosion particulière dans un certain milieu. Le Dr Arruda a assuré que le Québec dispose d’une réserve de 7000 tests par jour pour continuer à tester les personnes hospitalisées et les résidents des milieux de soins.

Plus on teste, plus on trouve. Moins on teste, moins on trouve, et plus il y a de gens qui circulent dans la population qui ne sont pas nécessairement diagnostiqués.

Dr Horacio Arruda

La répartition régionale des tests va se faire non pas en fonction de la quantité de population, mais beaucoup plus en lien avec l’épidémiologie de chaque région, a-t-il affirmé.

Des changements à venir

Le Dr Yves Jalbert, responsable de la stratégie de dépistage à la santé publique, a indiqué qu'à compter du 4 mai, les personnes aux prises avec des symptômes s'apparentant à la COVID-19 devront composer le 1 877 644-4545, où on les adressera à une clinique désignée de dépistage (CDD). Les résultats seront communiqués par une infirmière ou un médecin.

Yves Jalbert assis derrière un micro.

Le Dr Yves Jalbert est directeur général adjoint de la protection de la santé publique du Québec.

Photo : Radio-Canada

Les individus qui ne pourront pas obtenir un rendez-vous dans les 24 heures dans une CDD pourraient être dirigés vers les cliniques désignées d'évaluation (CDÉ), où ils seront pris en charge. Ces établissements s'occuperont de faire un rapport des maladies à déclaration obligatoire aux directions de santé publique si besoin est.

Le Dr Yves Jalbert a aussi mentionné que la Direction de la santé publique a révisé les priorités liées au dépistage. La direction va se concentrer entre autres sur les milieux en réouverture, comme les écoles, les usines et les services de garde.

Le Dr Jalbert a révélé que les autorités développeront sous peu de nouvelles méthodes de prélèvement pour réduire les besoins en ressources humaines et matérielles.

On songe par exemple à utiliser des prélèvements par expectoration au lieu de procéder par écouvillons, ce qui simplifie beaucoup le prélèvement, a-t-il annoncé, en ajoutant que l’approvisionnement en écouvillons n’est pas facile étant donné la grande demande.

Un test efficace

Bien qu’aucun test ne soit parfait, le Dr Arruda assure que le test de dépistage dont on se sert actuellement dans la province est efficace. Le test qu’on utilise ici est très sensible dans le sens où il détecte, avec très peu de particules virales, le virus, a-t-il dit.

Interrogé sur la cible de 20 000 tests évoquée plus tôt cette semaine, le Dr Arruda a indiqué qu'elle pourrait être atteinte dans quelques semaines. Il va y avoir des technologies nouvelles et d’autres types d’approches qui peuvent se faire d’après les estimés qu’on a, a-t-il ajouté.

Le Dr Arruda envisage d’avoir recours éventuellement aux tests commerciaux. C’est dans nos plans. On ne se le cachera pas. Si on veut augmenter les capacités de tester, ce genre de technologie là est plus facile, plus rapide. Quand on va le faire, on va le faire avec une analyse de ce que cela vaut. […] Il faut attendre d’avoir des données plus précises, admet-il.

Ces tests sont en effet moins sensibles que ceux utilisés actuellement. C’est 100 fois moins sensible. Ça prend 100 fois plus de particules [virales] pour qu’ils soient positifs, constate-t-il.

Alors que le gouvernement s’appuie actuellement sur 30 laboratoires répartis dans l’ensemble de la province pour analyser les tests, Québec compte augmenter le nombre de ses cliniques mobiles, particulièrement dans la région montréalaise.

Cependant, en coulisses, plusieurs experts du réseau de la santé ont fait part à Radio-Canada de leurs interrogations et doutes, au moment où le gouvernement du Québec compte notamment sur l'acquisition de nouveaux appareils pour effectuer un dépistage massif.

Le plus récent bilan de la santé publique fait état de 163 nouveaux décès de la COVID-19 au Québec, ce qui fait grimper le bilan total à 2022 morts dans la province. De plus, on dénombre 1100 nouveaux cas confirmés, ce qui porte le total à 28 648 personnes infectées par la maladie. Aussi, on compte 1716 hospitalisations et 6166 travailleurs de la santé qui on contracté le virus.

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