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L’inquiétude des locataires et des propriétaires monte pour les loyers de mai

Des piétons masqués patientent sur un trottoir devant un graffiti demandant un gel des loyers.

Au moins 20 % des loyers résidentiels ont été partiellement ou pas du tout payés en avril en Ontario, selon le ministère des Affaires municipales et du Logement.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

L'incertitude grandit quant au nombre de locataires canadiens qui décideront de ne pas payer ou de ne payer qu'une partie de leur loyer le 1er mai, car leurs finances ont souffert des pertes d'emploi ou des fermetures d'entreprise causées par la pandémie.

Il va y avoir beaucoup de confrontations entre certains propriétaires et certains locataires, prévient William Blake, membre et porte-parole de l’Association des propriétaires de logements de l’Ontario (OLA), qui revendique 100 000 membres parmi les petits propriétaires.

Ces derniers jours, la Police provinciale a rapporté plusieurs agressions verbales et physiques opposant des bailleurs à des occupants.

Selon le ministère des Affaires municipales et du Logement de l'Ontario, 20 % des loyers résidentiels d'avril n’ont pas été payés ou l'ont été seulement en partie.

Malgré la Prestation canadienne d’urgence (PCU) déployée au cours du même mois, certains locataires continuent de se retrouver dans l’impasse.

Pas de subvention au loyer

L’Ontario, comme la plupart des provinces au Canada, a mis en place un arrêt temporaire sur les avis d'expulsion, mais M. Blake croit que le gouvernement fédéral aurait dû lancer un programme de subvention au loyer, étant donné qu'un tiers des ménages canadiens louent.

Malgré un appel du gouvernement Ford en ce sens la semaine dernière, le premier ministre Justin Trudeau a répondu mardi que l’allègement du loyer incombait aux provinces.

Le NPD de l’Ontario presse quant à lui le gouvernement d’établir une subvention à hauteur de 80 % du loyer mensuel de chaque ménage, jusqu’à 2500 $ par ménage, pour une durée pouvant aller jusqu’à quatre mois.

Selon un sondage interne à l’OLA, moins de la moitié des propriétaires ont perçu leur loyer en intégralité, alors que plus de 400 000 Ontariens ont perdu leur emploi pendant le seul mois de mars.

C'est un énorme, énorme problème. Je n'ai jamais vu une situation aussi grave autant pour les locataires que pour les propriétaires.

William Blake, porte-parole de l’Association des propriétaires de logements de l’Ontario

Il y a un énorme écho quand quelqu'un ne paie pas de loyer, continue William Blake, qui loue lui-même des habitations en Alberta et en Colombie-Britannique. De nombreux propriétaires comptent sur ce revenu pour couvrir leur hypothèque et leurs factures.

Faire son épicerie ou payer son loyer

Les locataires qui ont perdu leur emploi ou qui subissent une perte de revenus doivent réévaluer leurs finances même s'ils sont admissibles aux prestations fédérales. Beaucoup choisissent les factures qu'ils paieront ce mois-ci.

Une campagne nationale appelée Keep Your Rent est en train de se développer dans plusieurs villes canadiennes, en particulier à Toronto, où certains locataires exhortent les autres à ne pas payer leur loyer, ainsi qu’à s'organiser pour que le voisinage travaille ensemble pour éviter les expulsions une fois les moratoires levés.

Une affiche collée sur un poteau qui invite les locataires à ne pas payer leur loyer du 1er mai.

Keep Your Rent Toronto a entrepris une campagne d'affichage à travers plusieurs quartiers de la Ville Reine incitant les locataires à ne pas payer leur loyer.

Photo : Radio-Canada / Pascale Bréniel

Bryan Doherty, un des organisateurs de ce mouvement dans la Ville Reine, assure que les 2000 $, imposables, de la PCU sont loin d’être suffisants, dans une ville où le loyer moyen d’un logement d’une chambre se situe entre 1400 $ et 1600 $.

Si l'on s'attend à ce que les gens paient leur loyer, c’est toute leur PCU qui y passe. Comment couvrir les frais comme la nourriture ou les médicaments?

Bryan Doherty, coorganisateur du mouvement Keep Your Rent Toronto

Selon le charpentier au chômage, des centaines de résidents de son quartier de Parkdale, dans l’ouest de Toronto, ont été dans l’incapacité ou ont refusé de payer leur loyer d’avril.

Cela s'est fait au prix d'intimidations directes, de pressions ou de menaces de la part des compagnies propriétaires d’immeubles.

Ne pas payer son loyer va toujours mener à une expulsion, prévient pour sa part M. Blake. La meilleure solution à l’heure actuelle, c'est de trouver un terrain d’entente des deux côtés jusqu’à ce que les choses reviennent à la normale.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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