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Reprise du secteur manufacturier : le défi de calmer les inquiétudes

Une ligne au sol et une employée qui travaille derrière.

Chez Imprimerie Marquis, des lignes ont été tracées sur le plancher pour définir l'espace de travail de chaque employé.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

C'est une course contre la montre dans les usines du Québec depuis que le gouvernement a annoncé mardi la première phase de son plan de relance économique. Le retour au travail se fera graduellement à compter du 11 mai pour plus de 175 000 travailleurs du secteur manufacturier.

Mais d'abord, les espaces et les méthodes de travail doivent être repensés pour répondre aux nouvelles normes sanitaires et limiter la propagation du coronavirus. La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a publié un guide de mesures à respecter, mais chaque milieu doit l'adapter à sa réalité.

À l'imprimerie Marquis de Montmagny, les 150 employés devront se soumettre à une nouvelle routine. « Les employés entrent à tour de rôle et la première étape, c'est la station de lavabo », explique le directeur de l'usine Claude Rioux. Après le lavage des mains, l'employé doit répondre à un questionnaire pour évaluer ses symptômes, après quoi un gestionnaire prend sa température avant de le laisser entrer dans l'usine.

Les espaces de travail sont définis par des lignes sur le plancher. « C'est un peu cette ligne qui définit le secteur de travail de l'employé. On pense que ça va fonctionner : quand ils voient la ligne jaune, les gens ont le réflexe d'arrêter », précise Claude Rioux.

Mais à certains postes de travail, tracer une ligne ne suffit pas. Au-dessus de la table de reliure par exemple, un plexiglas a été ajouté pour éviter les contacts.

L'utilisation de tous les espaces communs a aussi été revue, de la cafétéria jusqu'aux salles de bain. Chaque employé devra respecter un protocole bien précis. « On a attitré des lettres aux employés », explique M. Rioux. Cette lettre désigne la place qui lui est assignée dans la salle à manger, mais aussi le micro-ondes qu'il doit utiliser. 

« On fait la même chose avec la salle de bain, on demande aux employés d'aller à une seule salle de bain », ajoute-t-il. S'il devait y avoir un cas d’infection, il serait ainsi plus facile de retrouver les employés qui ont été en contact avec la personne contaminée.

Les défis sont les mêmes à l'usine d'assemblage LG Cloutier, un sous-traitant de Bombardier qui emploie 80 personnes dans la région de L'Islet. Au lendemain de l'annonce de la reprise des activités dans le secteur manufacturier, l'un des actionnaires se promenait dans les locaux de l'entreprise pour mesurer l'espace entre les postes de travail et déterminer ce qui devra être aménagé afin d'assurer la distanciation physique entre les employés.

Valerie Grenier-Rancourt, vice-présidente de l'entreprise LG Cloutier.

Valérie Grenier-Rancourt croit que certains employés attendront avant de revenir au travail.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

« Le gouvernement nous a donné un bon deux semaines, ça nous donne le temps de commander des articles et de les installer », dit Valérie Grenier-Rancourt, vice-présidente aux ressources humaines de l'entreprise.

L'usine sera prête à redémarrer le 11 mai, mais bien des questions subsistent. « Tous les quarts de travail vont être opérationnels, mais est-ce que tous les employés vont rentrer? Ça va dépendre de nos clients; eux aussi, leur réalité a changé », souligne Valérie Grenier-Rancourt.

Et certains employés craignent de rentrer au travail. « Je pense sincèrement que je vais avoir des employés qui vont demander d'attendre un peu avant le retour au travail. Il y en a qui sont plus stressés », poursuit-elle.

Les inquiétudes des travailleurs représentent aussi un enjeu important pour la reprise des activités dans les usines puisqu'aucune mesure ne peut garantir qu'il n'y aura pas de cas.

Un employé d'Umano Medical porte une visière de protection.

Le port de la visière est obligatoire sur la chaîne de montage d'Umano Medical.

Photo : Courtoisie / Umano Medical

Umano Medical, un fabricant de lits d'hôpitaux qui, en plein confinement, a doublé sa capacité de production pour répondre à la demande, a eu à faire face à un cas de COVID-19 sur sa chaîne de montage. Malgré le port obligatoire de la visière, la prise de température des travailleurs à leur arrivée à l'usine et la désinfection des postes de travail, un employé a été déclaré positif et la santé publique a dû intervenir.

« Ils ont mis 7 ou 8 personnes en quarantaine pour deux semaines, et nous on a décidé d'arrêter notre quart de travail de soir pour une semaine pour stabiliser la situation et rassurer les gens à l'intérieur de l'usine qui devaient continuer malgré la situation », raconte le président de l'entreprise, Christian Cariou.

Selon lui, la relance passe par la capacité des employeurs à répondre aux inquiétudes des travailleurs. « Ce que ça prend surtout, ce sont des équipes qui ont envie d'embarquer là-dedans », conclut-il.

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