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Un campus virtuel pour continuer l’apprentissage en brisant l’isolement

Vue aérienne du campus virtuel avec des édifices de toutes les couleurs et une route.

Le campus virtuel de Tech Adaptika comprend une panoplie d'espaces de rencontre pour des cours, des conférences ou même un 5 à 7.

Photo : Tech Adaptika

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Bien qu’elle soit confinée à la maison, Ashley Hansen continue de suivre ses cours en ligne.

L’élève de 14 ans a créé un avatar qui lui ressemble et qu’elle peut personnaliser, un peu comme dans le jeu vidéo The Sims. Chaque matin, Ashley doit déplacer son personnage vers une salle de classe virtuelle, où elle retrouve son enseignant et ses camarades.

« J'aime beaucoup ça parce que je peux m'asseoir dans mes pyjamas avec un avatar qui a l'air très professionnel. C'est amusant. »

— Une citation de  Ashley Hansen, élève de 8e année
Une adolescente assise à un bureau devant son ordinateur portatif et un cahier de notes.

Même confinée à la maison, Ashley Hansen suit ses cours en ligne grâce au campus virtuel de l'entreprise franco-ontarienne Tech Adaptika.

Photo : Catherine Hansen

Les usagers du campus virtuel peuvent aussi participer à d’autres cours, des formations et des événements ouverts au grand public, au-delà de leur cursus scolaire.

L’effet coronavirus

L’entreprise franco-torontoise derrière cette nouvelle plateforme dit être sollicitée par des centaines d’organisations, de conseils scolaires et d’établissements postsecondaires partout dans le monde, incluant l’Organisation des Nations Unies et la Banque africaine de développement.

Selon le fondateur de Tech Adaptika, Hosni Zaouali, l’engouement s’est accentué depuis la fermeture des écoles et des universités en raison de la pandémie de COVID-19.

« C’est un peu une startup sur stéroïdes. »

— Une citation de  Hosni Zaouali, président et fondateur de Tech Adaptika
Hosni Zaouali.

Hosni Zaouali, président et fondateur de Tech Adaptika.

Photo : Radio-Canada

M. Zaouali explique que le milieu de l’éducation, pris de court par cette crise sanitaire, a dû rapidement trouver des moyens de poursuivre l’enseignement en ligne.

Pour utiliser l'analogie du virus, on est passé de vitamine à un antibiotique. Toutes les universités aujourd'hui le veulent, affirme le président-fondateur de Tech Adaptika, qui estime que la transition aurait dû se faire bien plus tôt.

On a eu besoin d'une crise de COVID-19 pour justement nous mettre un peu un coup de pied dans le derrière, dit-il.

Un laptop sur lequel on peut voir des personnages dans un campus virtuel.

Grâce au campus virtuel de Tech Adaptika, les élèves peuvent suivre leurs cours du confort de leur maison.

Photo : Desirée Trevino

Briser l’isolement, favoriser l'engagement

Bien que la grande majorité des écoles et des institutions postsecondaires se servent déjà d’outils en ligne, ceux-ci ont tendance à isoler les étudiants et minimiser les interactions, souligne Xavier Massé, coordonnateur des programmes de design interactif du Collège George Brown de Toronto.

Dans le campus virtuel, le personnage doit être piloté dans le monde et doit interagir avec d'autres personnages pour créer quelque chose. Déjà là, il y a un élément d'interaction qui va au-delà que de me connecter à un Zoom ou un Blackboard ou autre plateforme, affirme M. Massé.

Des personnages dans un campus virtuel.

Des étudiants du Collège George Brown de Toronto ont participé au développement du campus virtuel.

Photo : Tech Adaptika

Une équipe d’étudiants du Collège George Brown a testé et peaufiné des prototypes du campus virtuel, dit-il. L'école de design envisage maintenant d’acheter un abonnement pour organiser notamment son exposition des projets de fin d’année.

L’entreprise Tech Adaptika propose d’ailleurs à ses clients un campus virtuel inspiré de leur environnement physique, incorporant des repères et des édifices reconnaissables.

Comprendre l'apprenant en ligne

Avant de proposer sa plateforme au milieu universitaire et corporatif, l’équipe de Tech Adaptika a passé 15 mois à étudier le comportement des apprenants en ligne, notamment en testant un campus virtuel destiné aux plus jeunes.

La plateforme Voilà Learning a déjà été utilisée dans une cinquantaine de conseils scolaires au Canada, aux États-Unis et en France.

Le Conseil scolaire du district d’Ottawa-Carleton, pour sa part, offre des séances de tutorat à ses élèves du programme de français langue seconde par l’entremise de Voilà Learning. Les parents et les élèves nous disent qu’ils apprécient ce soutien en ligne en français, affirme Darcy Knoll, coordonnateur des communications.

Couloir d'école primaire moderne.

La fermeture des écoles du CSF aurait poussé davantage d'élèves à fréquenter le campus virtuel, selon les données de Tech Adaptika.

Photo : Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSF)

Au Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique, l’achalandage du campus virtuel a plus que doublé depuis l’arrivée du coronavirus. Le nombre de familles qui utilisent le service au moins deux fois par semaine est passé de 521, l’an dernier, à 1207, cette année.

Et après la crise sanitaire?

Selon le président-fondateur de Tech Adaptika, les avantages de sa plateforme ne s’appliquent pas qu’en période de confinement.

Le campus virtuel permet de donner davantage d’options de cours aux élèves, comme au Texas, par exemple, où l’offre de programmes en français est limitée.

« Ça comble un vide. Ça répond à un besoin que nous n’étions pas en mesure d’offrir. »

— Une citation de  Desirée Trevino, enseignante de français au Texas
Une femme avec des lunettes assise à un bureau devant un ordinateur portatif.

Pour pallier le manque de ressources en français au Texas, l'enseignante Desirée Trevino utilise le campus virtuel de Tech Adaptika.

Photo : Desirée Trevino

L’enseignante souligne qu’elle peut inviter des tuteurs et des intervenants d’un peu partout dans le monde pour enrichir l’apprentissage de ses élèves. Son école compte renouveler son abonnement, même après la levée des mesures de distanciation sociale.

Même son de cloche du Conseil scolaire catholique de la région de York, en banlieue de Toronto, qui a plus de 50 000 élèves abonnés au campus virtuel. Les tutorats de Voilà Learning sont une grande partie de nos programmes de français de base et d’immersion française, affirme Carlo Di Rienzo, consultant aux programmes de français langue seconde du conseil.

L'avatar que se créent les élèves donne l'impression d'être un personnage de jeu vidéo et les jeunes peuvent se reconnaître, dit-il.

Un écran pour modifier la tenue vestimentaire d'un avatar du campus virtuel. Sur l'écran, il y a trois options.

Les usagers du campus virtuel peuvent modifier l'apparence de leur avatar afin de personnaliser l'expérience.

Photo : Tech Adaptika

Selon M. Zaouali, la dimension de jeu et les interactions sociales dans son campus virtuel sont essentielles pour recréer un environnement d’apprentissage engageant. Le plus grand problème de l'éducation en ligne traditionnelle, ce n'est pas la technologie, c'est le design. C'est l'isolement, affirme le fondateur.

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