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Le silence des villes dû à la COVID-19 intéresse les chercheurs en santé publique

Un seul véhicule descend la rue Granville.

L'angle des rues Robson et Granville de Vancouver, ici photographié le 11 mars dernier, est habituellement traversé par de nombreux véhicules et piétons.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

La chute de la circulation routière provoquée par l'obligation de rester chez soi offre un terrain d'expérimentation inattendu aux scientifiques qui s'intéressent aux liens entre la pollution sonore, les troubles du sommeil et certaines maladies chroniques.

Hugh Davies enseigne à l'École de la population et la Santé publique de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC).

Il tente de rencontrer virtuellement diverses entreprises publiques de la Colombie-Britannique pour qu'elles l'aident à étudier un phénomène que les chercheurs avaient seulement imaginé jusque-là : la raréfaction des déplacements en voiture et d'autres moyens de transport.

Nous espérons, à Vancouver et peut-être dans d'autres villes, accéder à des enregistreurs sonores d'acteurs publics, comme les aéroports et les villes.

Hugh Davies, professeur à l'École de la population et la Santé publique de l'UBC

La Ville d'Edmonton exploite depuis presque un an des capteurs sonores qui mesurent le niveau de décibels émis à proximité de l'Université de l'Alberta et de l'avenue Jasper. Le 22 avril, des conseillers municipaux se sont plaints que des automobilistes particulièrement bruyants profitaient des rues désertes pour faire des pointes de vitesse et faire vrombir leur moteur.

Un policier de Saanich effectue un contrôle de vitesse en avril 2020.

La police de Saanich, près de Victoria, constate que les véhicules sont moins nombreux, mais qu'ils vont plus vite.

Photo : Twitter / SaanichPD

Sur l'île de Vancouver, la police de Saanich dénonce une augmentation de la vitesse sur les routes. Elle a confisqué huit véhicules au cours des deux dernières semaines d'avril après des excès de vitesse. Au début du mois, elle avait déclaré avoir confisqué 16 véhicules en 30 jours, alors ce nombre était seulement de 2, le mois précédent.

La Coalition cycliste du Grand Victoria estime quand même que les rues sont plus calmes qu'avant et elle est déterminée à le prouver.

Nous avons construit un prototype de détecteur de pollution aérienne et sonore [avant la pandémie] et nous cherchons des subventions pour développer le projet, confie son responsable des politiques publiques, Corey Burger.

L'ingénieur Mike Teachman présente le prototype qu'il a fabriqué.

La Coalition cycliste du Grand Victoria essayait un prototype de détecteur de pollution aérienne et sonore en décembre, bien avant les mesures de confinement.

Photo : Radio-Canada / Megan Thomas

Lawrence Frank, qui enseigne les transports durables et le développement de communautés en santé à l'UBC, espère que la population comprendra que moins de temps passé au volant égale moins de pollution de l'air, moins de bruit et une meilleure santé .

Le professeur Davies ajoute que la pollution sonore est plus facile à combattre parce que, contrairement à la pollution de l'air, elle reste localisée : Prenez Grandview Highway, à Vancouver : avant la crise de la COVID-19, on enregistrait entre 60 et 70 décibels minimum, dit-il. C'était au-delà des 55 décibels que nous considérons comme acceptables et qui correspondent au niveau sonore d'une conversation.

Le chercheur est assis devant sa bibliothèque.

Hugh Davies étudie les liens entre le bruit de la circulation et le diabète ou encore certaines maladies cardiaques.

Photo : Google Meet

Hugh Davis espère pouvoir mesurer les effets de la réduction du bruit sur la qualité du sommeil, la résistance au stress et même le déroulement de certaines grossesses. À long terme, la baisse de la pollution sonore pourrait aussi avoir des conséquences sur le taux de maladies cardiaques, de diabète et d'autres maladies chroniques.

Le chercheur précise toutefois que, sur une si courte période et avec si peu de données, il ne peut émettre pour l'instant que des hypothèses.

Il ajoute aussi qu'il faut rester prudent : Il est tout aussi probable que les modestes bénéfices de la réduction du bruit sur la santé soient anéantis par la perte du tissu économique et social et la peur de la maladie.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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