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Pénurie de poules au Québec en raison du confinement

Une poule pondeuse de race Chantecler (blanche) est dans les mains de son éleveur.

L'explosion de la demande pour des poules a occasionné une pénurie partout en province.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Le confinement et la pénurie de certains aliments dans les supermarchés, comme les œufs, poussent de nombreux citoyens à garder des poules à la maison. La demande est si forte qu’une pénurie de poules est observée un peu partout dans la province.

L’entreprise de Lorraine Bélanger vend des poules et des produits agricoles depuis des années à Saint-Isidore, en Chaudière-Appalaches. Elle constate l’explosion de la demande.

Quatre poules picorent le sol dans leur poulailler.

Quatre poules picorent le sol dans leur poulailler.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Il y a vraiment un engouement pour ça. C’est la folie. Le téléphone sonne constamment. Quatre-vingt-dix pour cent des appels, ce sont des gens qui veulent des poules. On a eu des acheteurs de Montréal, de Sherbrooke et d’un peu partout. Dans leurs secteurs non plus, il n’y en a pas, raconte-t-elle.

On vend habituellement 8000 poules au printemps. Cette année, on aurait eu le double et on les aurait vendues.

Lorraine Bélanger, propriétaire de Jean-Guy-Chabot distribution agricole

Plusieurs de ces nouveaux fermiers font appel à l’expertise de Martin Boisvert. Le fondateur de Néo-Terra offre depuis quelques années des formations sur la garde de poules.

Cette année, la demande a décuplé. J'ai donné à date deux conférences en ligne le 1er et le 22 avril. À la première, il y a eu 1700 personnes inscrites. À la deuxième, 3200, mentionne Martin Boisvert.

Des poules dans un poulailler.

Des poules dans un poulailler.

Photo : Radio-Canada / Ann-Édith Daoust

Je reçois beaucoup de coups de téléphone et la principale question c'est : "où est-ce que je peux trouver des poules?" Partout au Québec, c'est la pénurie.

Martin Boisvert, spécialiste de la garde de poules

Craintes pour l'automne

Ce qui préoccupe Lorraine Bélanger, c’est le sort des poules à la fin du confinement ou encore à l’automne, quand les températures seront plus froides.

Elle craint que plusieurs personnes ne se débarrassent de leurs poules et qu’il n’y ait pas d’endroits pour les accueillir.

Des poules en hiver.

Des poules en hiver.

Photo : iStock

Les gens parlent beaucoup d’autonomie alimentaire. Ils sont chez eux, ils veulent s’occuper. C’est peut-être aussi en même temps une activité pour les enfants. Beaucoup de clients partent de zéro et ont beaucoup de fausses informations, avance-t-elle.

Ce n'est pas un bien qu'on peut échanger comme ça. C'est un animal qui peut vivre de la souffrance, du stress, rappelle Martin Boisvert.

Formation nécessaire

C’est pourquoi il mise sur la formation. Il a mis en ligne une conférence gratuite sur la garde de poules.

Martin Boisvert tente également d’inciter les gens à garder leurs poules l'hiver. Plusieurs tolèrent très bien des températures de -10 oC ou même -15 oC, selon lui.

La clef, c'est d'avoir un poulailler qui soit sec. Il faut que l'humidité générée dans le poulailler puisse sortir. L'humidité est plus maladive pour les poules et les empêche de bien se réchauffer. On chauffe juste au besoin, explique-t-il.

Une poule blanche en gros plan aux côtés de deux autres poules.

Des poules pondeuses de la race patrimoniale Chantecler dans un poulailler

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Recherche de solutions

Pour ceux qui ne seront pas en mesure de conserver leurs animaux, Lorraine Bélanger et Martin Boisvert tentent déjà de leur trouver des refuges.

Je regarde pour essayer de faire un arrimage entre des gens qui seraient prêts à accueillir des poules et des gens qui veulent s'en départir, mentionne Martin Boisvert.

Contrairement à ce que plusieurs néophytes pourraient croire, Lorraine Bélanger souligne que les poules pondeuses ne sont pas très bonnes à consommer.

Ce n’est pas de la poule à chair. Plus ça vieillit de la volaille, plus ça durcit. Les poules, à l’automne, il n’y a pas grand-chose à manger là-dedans, dit-elle.

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