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COVID-19 : le NPD et les libéraux condamnent les compressions de Brian Pallister

Un montage de trois photos verticales montrant trois hommes en action, en train de parler lors de discours ou conférences de presse.

Le chef du Parti progressiste-conservateur du Manitoba, Brian Pallister, le chef du NPD, Wab Kinew et le chef du Parti libéral, Dougald Lamont.

Photo : Radio-Canada

Tandis qu'un déconfinement progressif s'amorce au Manitoba, le chef de l’opposition officielle, Wab Kinew du NPD, et le chef du Parti libéral du Manitoba, Dougald Lamont, dénoncent les compressions envisagées dans le secteur public et auprès des universités qui font partie de la gestion de la crise sanitaire du gouvernement de Brian Pallister.

Au micro de l'émission Le 6 à 9, Wab Kinew soutient que la question des emplois dans la fonction publique est essentielle. Déjà 5000 personnes ont été mises à pied dans le secteur public en avril, soutient-il.

Le leader néo-démocrate exhorte le gouvernement à revenir sur ses plans. Ça ne fait aucun sens de rouvrir l’économie dans le secteur privé, mais de continuer à faire des compressions dans le secteur public, dit Wab Kinew.

La pire chose qu’on puisse faire, c’est couper. La pire chose, c’est même plus de gens au chômage, renchérit Dougald Lamont.

Plus d'aides sollicitées

Le gouvernement doit continuer à aider les fonctionnaires et les petites et moyennes entreprises (PME), affirme le chef libéral.  Malgré l’ouverture de l’économie, certaines PME ne pourront pas reprendre leurs activités faute de matériel de protection, et les autres devront fonctionner à capacité réduite, explique Dougald Lamont.

Le protocole de déconfinement du Manitoba autorise la réouverture des commerces et entreprises, mais elles devront s’assurer de limiter à 50 % leur capacité normale pour respecter les restrictions de distanciation physique. 

La devanture de la boutique devant laquelle une affiche posée sur le trottoir indique que le commerce est ouvert.

Le chocolatier Constance Popp sur le boulevard Provencher affiche ouvert. Mercredi, le premier ministre du Manitoba a annoncé une stratégie provinciale pour rouvrir, avec prudence, des secteurs de l'économie, dont le commerce au détail.

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

Plusieurs aides ont déjà été annoncées par le gouvernement provincial pour aider les PME, notamment par le biais de prêts-subventions sans intérêt.

Dougald Lamont les juge insuffisantes, car elles ne s’appliquent que si les compagnies ne reçoivent pas d’aides d’Ottawa.

Pendant notre session d’urgence [à l'Assemblée législative], nous avons voté un milliard de dollars pour le gouvernement, mais on n’est pas en train de le dépenser, ajoute-t-il.

Même son de cloche pour Wab Kinew, qui se demande si ces fonds annoncés sont bien investis dans les communautés. 

Viser les universités, une « faute incroyable »

Il y a deux semaines, le gouvernement manitobain a demandé aux universités de la province de présenter des scénarios de réduction budgétaire de l’ordre de 10 à 30 %, pour participer aux efforts face à la crise économique.

Erratum : une version précédente de ce texte indiquait par erreur que le gouvernement avait demandé à quatre universités de la province de présenter ces scénarios. Il existe plus de quatre universités au Manitoba.

C’est une faute incroyable, il faut rejeter ces efforts d’avoir ces compressions maintenant, lance Dougald Lamont, en ajoutant que les établissements postsecondaires sont essentiels pour la reprise de la croissance économique et pour former les citoyens.

Je ne peux pas croire qu’il veuille faire des compressions de 30 %. Ça fermerait les portes d’universités comme celle de Brandon et de Winnipeg.

Un panneau sur lequel il est écrit Université de Saint-Boniface devant l'édifice.

L’Association des professeurs et des professionnels de l’Université de Saint-Boniface (APPUSB) dénonce ces compressions budgétaires provinciales, qui pourront avoir des conséquences très graves sur le personnel de l’université selon elle.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

C’est fou, c’est complètement fou des compressions dans ce secteur en ce moment.

Dougald Lamont, chef du Parti libéral du Manitoba

Wab Kinew renchérit que les petites institutions comme l’Université de Saint-Boniface vont être encore plus touchées. La situation va être pire, ça va créer encore plus de misère, déplore-t-il.

La « bonne job » d'un système de santé affaibli

Ce dernier félicite le travail acharné des travailleurs du secteur de la santé, ainsi que les mesures du médecin hygiéniste en chef, Brent Roussin, et de l'infirmière en chef de Soins communs Manitoba, Lanette Siragusa. 

Je pense qu’ils ont fait une bonne job, ils ont mis des mesures de protection sanitaire en place avant qu’on ait beaucoup de transmission, indique Wab Kinew.

Le système de santé a été fragilisé par la restructuration du gouvernement progressiste-conservateur, amorcé il y a trois ans dans la province, souligne le chef néo-démocrate. Selon Wab Kinew, ces défis sont toujours présents. Pendant ces réformes, trois salles d’urgence ont notamment fermé leurs portes à Winnipeg.

Un panneau qui affiche le centre de soins de santé pour les urgences non dangereuses de l'Hôpital Victoria, après la fermeture de la salle d'urgence.

La salle d'urgence de l'Hôpital Victoria à Winnipeg est dorénavant un centre de soins de santé pour les urgences non dangereuses.

Photo : Radio-Canada

Le nombre de lits dans les hôpitaux ont été un problème en mars. On a dû en ajouter plein pour la pandémie, dit Wab Kinew. Il y a eu des défis pour les équipements de protection personnelle. Pourquoi le Manitoba n’avait-il pas assez de ces équipements?

Il fallait trouver des centaines d’infirmières parce qu’il n’y en avait pas assez, renchérit Dougald Lamont, accusant lui aussi le gouvernement Pallister d’avoir affaibli le système de santé. Tout le crédit revient aux infirmières et aux médecins, dit-il.

Le gouvernement n’était pas préparé, mais on a été chanceux. [Le virus] est arrivé plus tard ici.

Dougald Lamont, chef du Parti libéral du Manitoba

Vers des sessions virtuelles à l'Assemblée législative?

Ottawa a organisé sa première réunion de députés par téléconférence mardi. Wab Kinew comme Dougald Lamont se disent pour cet exercice à l'assemblée législative.

Nous sommes prêts à travailler avec le gouvernement s'il y a une chance de faire des rencontres par visioconférence, ou quoi que ce soit, dit Wab Kinew.

Il faut avoir un Palais législatif, un gouvernement qui fonctionne pendant la pandémie, renchérit Dougald Lamont.

C’est un peu frustrant parce que maintenant le gouvernement fait toute sorte de choses sans les expliquer. On ne peut pas poser nos questions, mais je pense que dans les prochaines semaines on va pouvoir travailler de chez soi.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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