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Étudier la violence sexuelle dans sa diversité pour y mettre fin

Une femme dont le visage est caché par ses mains en premier plan, paume droite sur poing gauche.

Plus de 1000 témoignages de victimes de violence sexuelle en Saskatchewan ont été analysés par des chercheurs afin de trouver des solutions pour mieux les aider.

Photo : iStock

Radio-Canada

La Saskatchewan est encore aujourd’hui grandement touchée par la violence sexuelle. Une étude réalisée par l’Institut communautaire pour la recherche sociale de l’Université de la Saskatchewan et beaucoup d'intervenants des Services sociaux pourrait bien servir de base pour améliorer la situation.

L’étude, intitulée Sexual Violence in Saskatchewan : Voices, Stories, Insights, and Action from the Front Lines, s'appuie sur 1033 témoignages de victimes de violence sexuelle provenant de différentes communautés et de divers horizons culturels en Saskatchewan.

Des personnes issues des communautés autochtones, de la communauté LGBTQ+, des personnes aux prises avec un handicap et des réfugiés ont notamment été entendues entre novembre 2017 et juillet 2018.

Il s’agit d’ailleurs de la première fois qu’une telle approche est utilisée en Saskatchewan pour tenter de dresser un portrait adéquat de cette réalité, mais aussi de permettre d’améliorer les services offerts à travers la province pour aider les victimes.

Des témoignages forts

Les histoires racontées par les victimes sont saisissantes.

Des agressions qui se produisent à proximité des tribunaux où les victimes viennent témoigner jusqu’aux conversations délicates avec un médecin, où ce dernier mentionne à la victime qu’il est content de savoir que des hommes se font aussi agresser, voilà quelques exemples d’incidents regrettables recensés par les auteurs de l’étude lors de la présentation du rapport.

Le manque de sensibilité des autorités policières et judiciaires envers les victimes qui souhaitent dénoncer leur agresseur est également souligné à maintes reprises dans l’étude, que ce soit par les auteurs ou à travers les propos des victimes.

Le système judiciaire est une honte [pour les victimes de violence sexuelle]. Ce que le système fait endurer à la victime est gênant. [...] Mon intégrité a été remise en question alors que j’ai été agressé dans ma propre maison et dans ma propre chambre, raconte une victime citée dans le document de plus de 200 pages.

Dans un monde idéal, tout le monde devrait avoir accès à la justice, mais nous constatons que les victimes ressortent des procès encore plus blessées, lorsqu’elles s’y rendent, affirme la coordonnatrice de l’étude et membre du Service d’aide aux victimes de violence sexuelle en Saskatchewan, Patience Umereweneza.

L’étude révèle aussi que, si une victime ne parle pas de son agression dans les trois jours qui suivent l’incident, il lui faudra en moyenne plus de deux ans pour oser raconter ce qu’elle a vécu.

Des recommandations importantes

Le rapport recommande aussi 22 mesures pour s’attaquer au problème, notamment des outils de prévention et de sensibilisation ou encore des mesures plus concrètes d’intervention.

Les auteurs de l’étude proposent notamment de former des premiers répondants spécialisés en ce qui a trait aux façons de répondre à un cas de violence sexuelle, mais également d’améliorer l’accès aux ressources d’aide en ligne.

Les intervenants des Services sociaux et l’Institut communautaire pour la recherche sociale de l’Université de la Saskatchewan mentionnent également la sensibilisation des élèves à ce sujet ainsi que l'amélioration des services d’aide aux victimes de violence sexuelle dans les établissements postsecondaires.

Avec les informations de Zoé Clin

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Saskatchewan

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