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La pandémie aura-t-elle un impact sur le climat?

Un autobus roule sur un viaduc au-dessus d'une autoroute vide à Montréal.

Depuis la mi-mars, les routes sont vides à Montréal, puisque les gens sont invités à rester à la maison pour éviter la propagation de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L’activité économique mondiale étant au ralenti depuis le début de la pandémie, on note déjà une importante réduction de la pollution atmosphérique dans de nombreuses régions du monde.

En Chine, durant la période de confinement, les émissions de certains polluants ont chuté de presque 30 % dans le centre et l’est du pays. Il en va de même pour les émissions de gaz carbonique (dioxyde de carbone), qui ont reculé de 25 % durant la même période.

Dans le nord de l’Italie et dans bon nombre de grandes capitales européennes, la qualité de l’air s’est grandement améliorée avec des baisses de dioxyde d’azote (NO2) de plus 50 % dans certaines villes. Il est à noter que ce type de polluant provient surtout du trafic routier.

Aux États-Unis, sur la côte du nord-est du pays, notamment dans la ville de New York, la pollution atmosphérique a reculé, là aussi, d’environ 30 % depuis quelques semaines.

Dans la même veine, on s’attend à ce que les émissions de dioxyde de carbone diminuent de près de 5 % cette année à l’échelle du globe.

Sachant que la pollution atmosphérique a un impact majeur sur le climat, avant tout par le biais des émissions de gaz à effet de serre, une question nous vient tout de suite à l’esprit : quel sera l’impact sur le climat?

D’entrée de jeu, il faut souligner que cette baisse d’émissions polluantes est de courte durée d'un point de vue climatique. Le climat ne réagit pas instantanément et l’impact climatique dépendra aussi de la vigueur de la reprise économique après la crise.

Par exemple, en 2008, lors de la crise financière, même les émissions avaient reculé d’environ 1 % à l’échelle de la planète. Mais dès 2009 elles avaient augmenté de près de 2 % (par rapport à celles de 2007) et aucun effet sur le climat ne fut observé en 2008 et en 2009.

Même la baisse anticipée cette année est beaucoup plus importante qu’en 2008, à l’échelle du climat cette chute est ponctuelle. Cela est dû au fait que l’action du gaz carbonique sur le climat est cumulative, ce gaz pouvant rester présent dans l'atmosphère jusqu'à 100 ans.

Ainsi, le climat d'aujourd'hui est en grande partie influencé par les émissions des années précédentes.

Dans ce contexte, on peut d’ores et déjà dire que l’impact climatique sera très limité, car il faudrait voir diminuer les émissions sur une base régulière année après année (comme recommandé par les nombreux accords sur le climat) pour observer une influence significative sur le climat du globe.

Qui plus est, les simulations climatiques (modélisations numériques du climat) nous montrent que si demain matin l’humanité cessait de polluer, les températures planétaires continueraient de grimper lentement pendant environ 40 ans avant d’atteindre un plateau, suivi d’une lente baisse.

Cela s’explique avant tout par l’effet cumulatif du gaz carbonique et l’effet de rétention des océans, ces derniers absorbant de vastes quantités de dioxyde de carbone qu’ils relâchent lentement au fil du temps.

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