•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« La bataille n'est pas gagnée à Montréal », constate Legault

Québec se réserve le droit de changer d'avis quant à la réouverture prévue des écoles et des entreprises.

François Legault en conférence de presse.

Le premier ministre Legault reconnaît que les ravages de la COVID-19 continuent de se faire sentir à Montréal et en banlieue de la métropole.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le déconfinement de la région métropolitaine tel que présenté cette semaine est loin d'être acquis, à en croire le premier ministre.

Les Montréalais doivent continuer de suivre les recommandations de la santé publique s'ils souhaitent assister à la réouverture annoncée des écoles, des garderies et des entreprises. Car la bataille contre la COVID-19 est encore loin d'être gagnée dans la métropole, a rappelé François Legault jeudi.

Le gouvernement a encore le temps de changer d'avis d'ici la réouverture des commerces, des chantiers et des usines, le 11 mai, et celle des écoles primaires, le 19 mai, a-t-il rappelé. Surtout si la population commence à interpréter ces gestes comme un signe que la crise de la COVID-19 est bel et bien terminée.

Elle ne l'est pas, du moins, pas dans la métropole, constate François Legault, qui a répété que malgré le déconfinement progressif du Québec, l'interdiction de rassemblements demeurait en vigueur partout sur le territoire.

Au-delà de l'interprétation des lois, on n'en veut pas, de rassemblements, avec vos voisins, vos amis, votre famille.

François Legault, premier ministre du Québec

On voit déjà certains relâchements, a déploré pour sa part le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, évoquant des partys de COVID-19, comme on faisait pour la varicelle.

Or, si on sent que la population ne suit pas et qu'on est en train de perdre le contrôle, je peux vous dire qu'on peut revenir à un temps d'arrêt, et puis je pense que ça, ça ne serait pas drôle, parce qu'on va probablement se gâcher les mois de juillet et août si on ne fait pas ces choses-là adéquatement, a-t-il fait savoir.

La situation a beau être stable, elle demeure critique dans les établissements pour personnes âgées, a reconnu le premier ministre lors de sa conférence de presse quotidienne. Et c'est encore plus vrai dans le Grand Montréal.

C'est certain qu'il va continuer d'y avoir beaucoup de décès, malheureusement, dans les prochains jours, les prochaines semaines, a-t-il admis, sans faire de projections.

Pour tenter de juguler la crise, son gouvernement a déjà mis un terme aux transferts de patients des centres hospitaliers vers les CHSLD, et limité l'inverse. Néanmoins, plusieurs hôpitaux montréalais – comme Maisonneuve-Rosemont, du Sacré-Cœur, Lakeshore et l'Institut Douglas – doivent maintenant composer avec des éclosions.

Le gouvernement pense donc avoir trouvé la solution en créant des « zones tampons ». Déjà, des hôtels, comme celui de la Place Dupuis, ont commencé à accueillir dans des zones séparées des résidents infectés par la COVID-19 et d'autres qui pourraient l'être. Cette façon de faire permettra aux hôpitaux de reprendre le contrôle, espère M. Legault.

Une nouvelle clinique de dépistage doit également ouvrir vendredi à Montréal-Nord, a-t-il souligné. Cet arrondissement, où vivent de nombreuses femmes racisées travaillant comme préposée aux bénéficiaires et comme infirmière auxiliaire, est devenu l'épicentre de la pandémie au Canada.

Concernant la fraude alléguée de 45 millions de dollars pour l'achat de masques N95 qui n'auraient jamais existé, M. Legault a déclaré qu'il avait bon espoir de voir le CHU de Québec récupérer la somme, soulignant que celle-ci avait été gelée par le tribunal. Aucun autre cas de fraude reliée à de l'équipement médical ne lui a été signalé depuis le début de la pandémie, dit-il.

Le premier ministre a finalement tenu à rappeler l'indépendance dont jouit le Dr Arruda, affirmant qu'il n'avait pas d'influence indue sur lui. Je suis docile; je l'écoute comme si c'était ma mère, a-t-il déclaré, reprenant ainsi le qualificatif pour lequel la ministre Geneviève Guilbault a dû s'amender, mercredi.

Le Québec se rapproche des 2000 décès

La santé publique a fait état jeudi de 98 nouvelles victimes du nouveau coronavirus – dont 92 dans le réseau des établissements pour personnes âgées –, ce qui porte le total à 1859 morts depuis le début de la crise. On compte en outre 27 538 cas confirmés.

À l'heure actuelle, 1684 Québécois sont hospitalisés, dont 214 aux soins intensifs, en raison de la COVID-19.

Enfin, 6299 personnes s'en sont rétablies.

Le Dr Arruda en conférence de presse.

En marge du processus de déconfinement, la pression se fait de plus en plus forte sur le gouvernement – et sur le Dr Arruda – pour qu'il assure un meilleur dépistage du virus, en augmentant sensiblement le nombre de tests effectués dans la population.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

À ce jour, le Québec a effectué 214 047 tests, mais ce total devrait bientôt grimper beaucoup plus vite, a rappelé le Dr Arruda, qui souhaite pouvoir réaliser à compter de la semaine prochaine près de 15 000 tests par jour – un nombre qui pourrait doubler par la suite.

Le premier ministre maintient toutefois qu'à 25 000 tests par million d'habitants, le Québec demeure en tête des nations les plus efficaces en la matière, devant l'Ontario, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France.

L'état d'urgence reconduit

Le Cabinet de François Legault a par ailleurs prolongé mercredi l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 6 mai. Cette mesure exceptionnelle, utilisée pour la première fois dans l’histoire du Québec, est en vigueur depuis la mi-mars.

L'état d'urgence devait d'abord durer une dizaine de jours, mais il a été renouvelé depuis, chaque fois pour des périodes de 10 jours. Il permet notamment au gouvernement d'effectuer des achats sans appel d'offres et donne plus de pouvoirs à la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann.

Cette dernière était absente, jeudi. Elle a toutefois annoncé par communiqué qu'une aide d'urgence de 3 millions de dollars sera versée aux ressources communautaires ou privées offrant de l'hébergement en dépendance, qui doivent composer avec des besoins financiers supplémentaires en cette période exceptionnelle.

Le trio gouvernemental – composé du premier ministre, de Mme McCann et du Dr Arruda – n'a pas convoqué les journalistes parlementaires, vendredi. À moins qu'il ne change d'idée, ce sera la première fois que la conférence de presse quotidienne fera relâche un jour de semaine depuis le début de la crise.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !