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Un mort et cinq disparus dans l'écrasement d'un hélicoptère canadien en Méditerranée

De gauche à droite : le capitaine Brenden Ian MacDonald, l'enseigne de vaisseau de 1re classe Abbigail Cowbrough, le capitaine Kevin Hagen, le capitaine Maxime Miron-Morin, l’enseigne de vaisseau de 1re classe Matthew Pyke et le caporal-chef Matthew Cousins.

De gauche à droite : le capitaine Brenden Ian MacDonald, l'enseigne de vaisseau de 1re classe Abbigail Cowbrough, le capitaine Kevin Hagen, le capitaine Maxime Miron-Morin, l’enseigne de vaisseau de 1re classe Matthew Pyke et le caporal-chef Matthew Cousins.

Photo : La Presse canadienne

Au moins une membre des Forces armées canadiennes (FAC) est morte dans l'écrasement d'un hélicoptère Cyclone CH-148 qui participait mercredi à une mission de l'OTAN en mer Méditerranée. Cinq autres sont toujours portés disparus.

L'identité de la première victime, l'enseigne de vaisseau de première classe Abbigail Cowbrough, a été confirmée jeudi matin lors d'une conférence de presse réunissant le premier ministre canadien, Justin Trudeau, le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, et le chef d'état-major de la défense, le général Jonathan Vance. La jeune femme de 23 ans était officière du génie des systèmes de marine au sein de la Marine royale canadienne.

Au nom de tous les Canadiens, je tiens à offrir mes plus sincères condoléances aux familles, aux amis, à leurs camarades de bord et aux membres des Forces armées canadiennes.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Les autres membres des FAC qui manquent toujours à l'appel – quatre de l'Aviation royale canadienne et un de la Marine – sont : le capitaine et pilote Brenden Ian MacDonald, le capitaine et pilote Kevin Hagen, le capitaine Maxime Miron-Morin, l’enseigne de vaisseau de première classe Matthew Pyke et le caporal-chef Matthew Cousins.

Dans un communiqué publié en après-midi, le lieutenant-général Al Meinzinger, commandant de l’Aviation royale canadienne, et le vice-amiral Art McDonald, commandant de la Marine royale canadienne, ont offert leurs condoléances à l'ensemble des familles touchées.

Les dernières nouvelles au sujet du NCSM Fredericton nous affligent, ont-ils écrit. Aucun mot ne peut décrire une perte aussi tragique. Au nom des grandes familles de la Force aérienne et de la Marine, nous offrons nos plus sincères condoléances, notre amour et notre soutien aux familles, aux amis et aux proches de tous ceux et de toutes celles touchés par cette terrible perte.

Le secrétaire général de l’Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), Jens Stoltenberg, a transmis ses condoléances au premier ministre Trudeau, lors d’un entretien aujourd’hui, et l'a remercié pour les contributions du Canada à l’Alliance.

L’accident d'un hélicoptère militaire canadien

Les recherches se poursuivent

L’opération de recherche et de sauvetage visant à retrouver les militaires disparus se déroule actuellement au large de l'île grecque de Céphalonie, en mer Ionienne. Des militaires de la Grèce, de l'Italie, de la Turquie et des États-Unis prêtent main-forte au Canada.

En après-midi, le contre-amiral Craig Baines, commandant des Forces maritimes de l’Atlantique, et le colonel James Hawthorne, commandant de la 12e escadre Shearwater, ont fait le point sur l’état des recherches, lors d’une conférence de presse tenue à Halifax.

Ils ont indiqué que quatre navires, dont le NCSM Fredericton, continuent à rechercher les disparus, aidés d'avions et d'hélicoptères. Les recherches se poursuivront demain.

Craig Baines parle aux médias devant un navire de la marine canadienne.

Le contre-amiral Craig Baines lors de son point de presse à Halifax.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Le contre-amiral Baines estime qu’il y a encore des chances de trouver des survivants, et il a ajouté que des débris de l’hélicoptère ont été repérés.

La zone des recherches a été agrandie en raison des forts vents et des courants marins, qui compliquent les opérations. Craig Baines a souligné qu’effectuer des recherches dans l’océan se révèle une tâche ardue, même lorsque les conditions sont clémentes. Il est difficile d’identifier de petits éléments dans un pareil environnement, a-t-il expliqué.

L’équipage à bord du NCSM Fredericton se porte bien malgré les circonstances et le fait qu'il s'agisse d'une « situation traumatisante », a affirmé M. Bain.

De son côté, le colonel James Hawthorne a assuré que toutes les personnes à bord de l’hélicoptère avaient la formation requise pour participer à la mission qui leur avait été confiée. Il a ajouté que les FAC offriront un service de soutien aux membres touchés par la tragédie.

Le Cyclone CH-148 participait à l’opération REASSURANCE de l'OTAN avec la frégate NCSM Fredericton, en compagnie du 2e Groupe maritime permanent de l’alliance militaire (SNMG2).

L’opération REASSURANCE vise à protéger l’Europe centrale et l’Europe de l’Est contre la Russie. Elle s'est mise en branle au printemps 2014, après l’annexion de la Crimée par la Russie. Le Canada peut déployer près d’un millier de militaires dans le cadre de cette force de dissuasion. Le NCSM Fredericton y avait été assigné pour une mission de six mois en janvier.

Un hélicoptère se pose sur un navire en mer.

Un hélicoptère Cyclone CH-148, lors d'un exercice d’appontage, en janvier 2016. Par mesure de précaution, tous ces appareils ont cessé de voler jusqu'à nouvel ordre, a indiqué le général Vance.

Photo : Forces armées canadiennes / Matelot de 3e classe Raymond Kwan

Les boîtes noires ont été récupérées

La cause de l'écrasement n'est pas connue, a indiqué plus tôt le général Vance. Une équipe d'enquête similaire à celles que déploie normalement le Bureau de la sécurité des transports investiguera sur les circonstances de l'accident.

Nous ne pouvons rien écarter, mais je suis assez certain, d'un point de vue militaire, que cela n'a pas été causé par un contact ou par un tir ennemi. Je veux être très clair.

Une citation de :Général Jonathan Vance, chef d'état-major de la défense

L'enregistreur de données de vol et l'enregistreur de conversations de poste de pilotage de l'hélicoptère ont cependant d'ores et déjà été récupérés, a pour sa part indiqué le ministre Sajjan.

Ils seront transportés prochainement au Conseil national de recherche du Canada pour y être analysés.

Dans les prochains jours, plusieurs questions sur les circonstances de cette tragédie seront posées. Et je peux vous assurer que nous aurons les réponses en temps opportun.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Selon le général Vance, le Cyclone CH-148 avait décollé du pont du NCSM Fredericton à 16 h 35, heure locale (10 h 35, HAE), pour prendre part à une séance d'entraînement de base avec des navires italien et turc du SNMG2.

Le contact avec l'équipage a été perdu à 18 h 52, alors que l'hélicoptère était sur le chemin du retour au terme de ses opérations. Des fusées éclairantes ont été repérées dans l'eau quelques minutes plus tard, ce qui a déclenché l'opération de recherche et de sauvetage.

Les militaires sont debout sur le pont de la frégate, devant l'hélicoptère.

L'équipage du NCSM Fredericton, le 29 janvier dernier

Photo : Facebook/Royal Canadian Air Force (Cpl Simon Arcand)

Des hélicoptères en service depuis à peine plus d'un an

Les hélicoptères Cyclone transportent normalement un équipage de quatre personnes, soit deux pilotes, un coordonnateur tactique et un opérateur de capteur. Un certain nombre de passagers peuvent y prendre place.

Le général Vance n'a pas expliqué pourquoi deux membres de la Marine royale canadienne s'y trouvaient. L'enseigne de vaisseau de 1re classe Abbigail Cowbrough avait été autorisée à embarquer, s'est-il contenté de dire.

Tous les Cyclone des FAC seront interdits de vol jusqu'à nouvel ordre, a encore dit le chef d'état-major. Il a tenu à préciser qu'il s'agit d'une pause opérationnelle, et qu'il est faux de dire qu'ils sont cloués au sol.

Nous allons tenter de remettre ces hélicoptères en vol aussitôt que nous le pourrons, mais nous devons écarter tout problème à l'échelle de la flotte.

Une citation de :Général Jonathan Vance, chef d'état-major de la défense

Le général Vance a tout de même dit qu'il ne manque pas de confiance à l'égard des Cyclone CH-148. Ces hélicoptères offrent un excellent rendement, sont dotés de systèmes électroniques haut de gamme, et les équipages qui les pilotent sont extrêmement bien formés, a-t-il assuré.

Le NCSM Fredericton, au large d'une côte. Un hélicoptère vole tout près.

Le NCSM Fredericton, lors de son départ de son port d'attache, à Halifax, le 20 janvier 2020. Un hélicoptère Cyclone vole près de la frégate.

Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese

Un appareil qui a déjà donné des maux de tête

L'écrasement de mercredi pourrait néanmoins constituer un dur coup pour l'armée canadienne, qui n'a commencé à utiliser ses Cyclone dans de vraies missions qu'à la fin de 2018, après plus d'une décennie de problèmes de développement, de retards et de dépassements de coûts.

Cela pourrait aussi soulever des inquiétudes au sujet de la fiabilité de ces appareils, qui ont remplacé les vieux Sea King de l'armée.

À l'origine, l'armée devait recevoir 28 Cyclone du constructeur Sikorsky à partir de novembre 2008. Mais le premier hélicoptère n'a été livré qu'en juin 2015 et, même alors, il manquait de l'équipement et des logiciels essentiels, et l'appareil ne convenait qu'à l'entraînement. Seuls 18 appareils ont été livrés à ce jour.

En 2012, Peter MacKay, qui était alors ministre de la Défense, avait décrit l'entente sur le Cyclone comme le pire contrat d'approvisionnement de l'histoire du Canada. M. MacKay est aujourd'hui candidat à la direction du Parti conservateur du Canada.

Les Cyclone ont commencé à participer à de véritables opérations même si l'un d'entre eux a été endommagé l'année dernière lors d'un atterrissage musclé sur un navire dans l'océan Pacifique. Selon le général Vance, cela était attribuable à des vents inhabituellement forts.

Déployer cet hélicoptère sur le terrain a été un parcours long et sinueux, et cela a été une bonne chose de pouvoir enfin disposer de ces hélicoptères sur les navires, affirme de son côté David Perry, analyste principal en matière de défense de l'Institut canadien des affaires mondiales.

S'il y en a un qui s'est écrasé, il faudrait évidemment mener une enquête pour comprendre pourquoi, parce qu'il y a un grand nombre de choses qui ont pu se produire, dont quelques-unes qui pourraient être liées aux raisons pour lesquelles l'hélicoptère a pris tant de temps avant d'être déployé, ajoute-t-il.

Avec les informations de CBC, et La Presse canadienne

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