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COVID-19 : Québec autorise l’achat de produits unilingues depuis février

« Si on a tenté de passer ça en douce, sans l’annoncer publiquement, c’est choquant », dénonce la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec.

Une boite contenant des masques avec un étiquetage unilingue anglophone.

Au cours des deux dernières semaines, Santé Canada a suspendu l’obligation d’étiquetage bilingue.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Dion

Avant même que Santé Canada ne suspende certaines règles en matière de bilinguisme en raison de la COVID-19, le Québec autorisait l’achat de produits et d’équipements dotés d'un étiquetage unilingue anglais, a appris Radio-Canada.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux autorise tous les distributeurs et fournisseurs du réseau de la santé [...] à approvisionner celui-ci d’équipements de protection individuelle, de fournitures médicales, de produits hygiéniques et de tout produit en lien avec la COVID-19 [avec] identifications unilingues anglaises, écrivait le sous-ministre adjoint Luc Desbiens dans une lettre datée du 26 février dernier.

Ce document a été rédigé à la demande d’un fournisseur qui réclamait une lettre officielle du gouvernement avant d'envoyer au Québec des masques N95 dont l'étiquetage était unilingue.

Pour justifier cette mesure, qui contreviendrait normalement à la Charte de la langue française, le ministère de la Santé et des Services sociaux évoque la situation mondiale liée au coronavirus et la difficulté d’approvisionnement.

En février, l’Organisation mondiale de la santé n’avait pas encore qualifié la COVID-19 de pandémie et le gouvernement du Québec n’avait pas déclaré l’état d’urgence sanitaire.

Inacceptable, selon la FTQ

Malgré la pandémie, cette situation est inacceptable, selon la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).

Est-ce que ça veut dire que l’on prend pour acquis que chaque Québécois parle anglais ou que chaque personne qui aura à utiliser ces produits n’aura pas à lire l’étiquette parce qu’elle saur[a] comment ça fonctionne? La réponse est non, affirme le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

Les travailleurs du réseau de la santé doivent pouvoir comprendre les produits et les équipements qu’ils utilisent, ainsi que les dangers associés, estime le leader syndical.

C’est irresponsable. Ça me surprend du gouvernement de la CAQ.

Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ

M. Bolduc est par ailleurs étonné que cette mesure n’ait pas été publicisée par le gouvernement. On n’a jamais vu passer ça [...] Si on a tenté de passer ça en douce, sans l’annoncer publiquement, c’est choquant, dit-il.

Une boite contenant des masques avec un étiquetage en chinois et en anglais.

Cette décision de Santé Canada a vivement été dénoncée par la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Dion

Santé Canada assouplit ses règles

Au cours des deux dernières semaines, Santé Canada a suspendu l’obligation d’étiquetage bilingue afin d'accélérer l'importation au pays de désinfectants ménagers, de savons corporels et de produits d’entretien.

Cette décision a vivement été dénoncée par la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada qui y voit un manque de respect flagrant envers les francophones.

Malgré la décision du Québec d'autoriser l'achat de produits unilingues dès le mois de février, la ministre québécoise responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie, Sonia LeBel, s'est dite préoccupée par la situation.

La décision de Santé Canada de ne plus exiger la présence du français sur l'étiquetage de certains produits nettoyants importés est préoccupante. C'est une question de santé et de sécurité pour les communautés francophones et acadiennes à travers le Canada, a-t-elle écrit sur Twitter, ajoutant comprendre qu'il s'agit d'une décision temporaire. Nous continuerons de suivre la situation.

Cela n’a aucun sens! C’est un mépris des francophones et un réel danger pour la santé publique. Ottawa doit rectifier le tir, affirmait pour sa part le député néo-démocrate Alexandre Boulerice, dans un message publié mercredi.

La veille, le premier ministre Justin Trudeau admettait que la situation était loin d’être idéale, ni pour l’identité de notre pays ni pour la sécurité de nos concitoyens. La crise sanitaire justifie néanmoins cet assouplissement, selon le gouvernement canadien.

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