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Ottawa jongle avec l'idée d'une application pour repérer les cas de COVID-19

Deux téléphones affichant l'application utilisée à Singapour.

À Singapour, une application mobile qui utilise la technologie Bluetooth avertit ceux qui ont eu des contacts étroits avec des personnes infectées à la COVID-19.

Photo : AFP / Getty Images / CATHERINE LAI

Ottawa discute avec une douzaine d'entreprises de la possibilité d’utiliser votre téléphone cellulaire pour vous suivre à la trace, a appris Radio-Canada. Une question de santé publique qui soulève des questions sur la protection de la vie privée.

Avec qui êtes-vous entré en contact aujourd’hui? Avez-vous contracté le nouveau coronavirus? L’avez-vous refilé à quelqu’un sans le savoir? À l’ère du déconfinement, obtenir ces réponses rapidement peut complètement changer la donne.

La solution se trouve peut-être dans votre téléphone cellulaire. Grâce aux données GPS ou Bluetooth, la santé publique peut remonter la chaîne de contamination. De nombreux pays le font déjà, comme la Corée du Sud, Singapour et l’Australie.

Les autorités de santé publique canadiennes trouvent l’outil intéressant pour obtenir les meilleurs moyens de trouver absolument tous les cas, tous les contacts et de faire un bon suivi, indique le docteur Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique du Canada.

En Corée du Sud et en Chine, ces applications mobiles sont obligatoires. En Australie, leur utilisation se fait de façon volontaire. Mais déjà, près de 3 millions d’Australiens ont téléchargé l’application sur leur téléphone.

Le Canada aussi

La conception d'une telle application est aussi en cours au Canada. Le gouvernement fédéral veut également s’assurer que les données colligées par les provinces seront partagées et que les formats seront compatibles.

Le premier ministre Justin Trudeau indique que son gouvernement regarde différentes possibilités et que la réflexion se poursuit. Ottawa se demande encore où tracer la ligne, mais laisse entendre que l’utilisation de l’application mobile ne serait pas obligatoire.

On va faire attention. Ce serait une possibilité de permettre [l'utilisation de l'application] par des choix volontaires, mais ça reste à décider et ça fera partie des discussions.

Justin Trudeau

Selon un récent sondage, 45 % des Canadiens seraient d’accord pour partager leurs données de localisation au profit de la santé publique.

Mais attention, dit le commissaire à la vie privée du Canada, cette méthode comporte des risques. Les gouvernements devront s’assurer que les applications offertes respectent les principes de vie privée, avance Daniel Thérien.

D’abord, les données sensibles doivent être contrôlées par l’individu et être dépersonnalisées, explique-t-il. L’adhésion doit se faire de manière volontaire, et les règles d’utilisation doivent être claires. Il faut que les informations soient utilisées pour des raisons légitimes, et non pas pour d'autres fins commerciales ou de surveillance de l'État en général, soutient le commissaire.

Le pire cas serait que des données sur l'état de santé des gens soient acheminées à des compagnies d'assurance.

Daniel Thérien, commissaire à la vie privée

Clause crépusculaire?

L’opposition néo-démocrate craint que des fuites de données mènent à des abus. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) met le public en garde contre une mauvaise utilisation de ces données par des entreprises ou même par le gouvernement.

Combien de temps ces données-là seront-elles conservées? Ça prend une clause crépusculaire pour que cette collecte de données soit limitée dans le temps, affirme le chef adjoint et député du NPD, Alexandre Boulerice.

Justin Trudeau reconnaît que, même en situation de crise, les Canadiens sont très préoccupés par la protection de leurs données et notre gouvernement partage cette préoccupation.

Ottawa estime toutefois que des circonstances exceptionnelles exigent des mesures exceptionnelles.

Le fédéral espère trouver une façon de protéger la santé du public, tout en respectant le droit à la vie privée.

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