•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le confinement, un climat propice à l'exploitation des enfants en ligne

Une jeune fille consulte les réseaux sociaux.

Le nombre mensuel de signalements au Centre canadien de la protection de l'enfance a presque doublé depuis le début de la pandémie.

Photo : Annie Spratt/Unsplash

En raison du confinement, les jeunes sont plus connectés que jamais, et les prédateurs pourraient tenter d’en profiter.

On voit plus de pédophiles qui bavardent sur le web caché et qui estiment que la période actuelle leur est favorable, explique la porte-parole de la Police provinciale de l'Ontario (PPO) Carolle Dionne.

Elle précise qu’en raison de la COVID-19, les jeunes ont l’occasion d’être en ligne plus souvent et plus longtemps que d’habitude. Mme Dionne invite donc les parents à être plus vigilants que d'habitude quant aux activités de leurs enfants sur les plateformes électroniques.

C’est un temps où les enfants sont particulièrement vulnérables

Carolle Dionne, porte-parole de la Police provinciale de l’Ontario

La PPO estime qu’il est trop tôt pour quantifier l’ampleur du phénomène, puisque les parents prennent parfois des mois avant de réaliser que leurs enfants discutent avec un prédateur et de porter plainte.

Mais à l’échelle nationale, le Centre canadien pour la protection des enfants (CCPE) remarque déjà une hausse marquée du nombre de signalements fait via leur plateforme cyberaide.ca.

Depuis les dernières semaines, nos signalements sont en hausse de 40 %

René Morin, porte-parole du Centre canadien pour la protection des enfants

Il estime qu’il s'agit d'une situation préoccupante, mais pas surprenante. C’est un phénomène qui s’observe partout dans le monde actuellement, explique-t-il.

C’est directement lié au fait que les enfants passent plus de temps en ligne. Pour les prédateurs d’enfants, c’est un peu comme une mine d’or, poursuit-il. Réseaux sociaux, babillards électroniques, jeux vidéo… ces derniers fréquentent les mêmes lieux que leurs victimes potentielles.

En temps normal, le CCPE reçoit entre 3000 et 4000 signalements par mois. C’est la pointe de l’iceberg, souligne toutefois M. Morin, faisant allusion aux situations d’exploitation qui passent sous le radar des parents.

Que rapporte-t-on?

L’exploitation des enfants en ligne peut prendre plusieurs formes.

Si le CCPE reçoit surtout des signalements pour de la pornographie juvénile en temps normal, l'organisme reçoit actuellement plusieurs signalements de leurre d'enfant, ou cyberprédation. C’est lorsqu’un adulte communique avec un enfant dans un but sexuel, explique M. Morin.

À Toronto, on remarque l’augmentation d’un autre type d’exploitation : l’auto-exploitation. C’est lorsqu'un enfant publie ou envoie volontairement des photos ou des vidéos de lui-même qui pourraient être utilisées par un adulte dans un but sexuel ou d'exploitation, explique Meaghan Gray, porte-parole de la Police de Toronto.

Ce genre de situation montre l’importance pour les parents de faire de la sensibilisation auprès des enfants, selon M. Morin. Demandez à vos enfants de vous montrer comment ils se servent de leurs réseaux sociaux, propose-t-il.

Connaissez-vous TikTok? Ah non? Eh bien, la plupart des adolescents sont sur TikTok. Vous devriez en tant que parent vous familiariser avec l’application.

René Morin, porte-parole du Centre canadien pour la protection des enfants
Une note de musique avec l'inscription « TikTok » en dessous sur un téléphone intelligent.

TikTok est un réseau social permettant de partager de courtes vidéos souvent accompagnées de musique.

Photo : AFP / Getty Images

Le porte-parole soulève d'ailleurs que le fait que plusieurs applications rendent les profils des utilisateurs publics par défaut, un paramètre qu’il invite à reconsidérer.

S’éduquer pour éduquer

Difficile d'entamer une discussion avec ses enfants sur l’utilisation sécuritaire de la technologie lorsqu’on s’y perd soi-même. Souvent, les parents se sentent un peu démunis dans ce rôle-là. Ils se sentent incompétents en matière d’Internet vis-à-vis de leurs enfants, qui eux maîtrisent parfaitement les nouvelles technologies, soutient M. Morin.

À cet effet, il souligne que le CCPE offre une série de ressources (Nouvelle fenêtre) pour accompagner les parents dans leur processus d'apprentissage. Ces dernières sont d'ailleurs recommandées par la PPO et par plusieurs autres services de police régionaux.

On y propose entre autres des manières d’aborder la sécurité sur Internet avec les enfants en fonction de leur âge. Une série de mesures de contrôle pouvant être mises en place est également présentée.

D'autres ressources s’adressent directement aux adolescents. Lorsque les adolescents sont confrontés à des problèmes, plusieurs vont tenter de les régler par eux-mêmes plutôt que de chercher l’aide d’un adulte de confiance, explique M. Morin.

Quoi faire si quelqu’un menace de publier des photos intimes que l’on a envoyées? Voilà le genre de questions auxquelles les ressources du CCPE peuvent répondre.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !