•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le rêve canadien d’une jeune Mexicaine

« J’ai adoré le Canada et je souhaite y retourner. »

Une jeune femme de dos, assise sur le rebord d'une galerie extérieure, regarde la mer et le soleil.

Yesenia Flores, Mexicaine de 29 ans, croit que l’interdiction du Nouveau-Brunswick va faire mal aux travailleurs étrangers et aux entreprises.

Photo : Gracieuseté de Yesenia Flores

Janique LeBlanc

Avec l'interdiction d'entrée des travailleurs étrangers temporaires décrétée par le Nouveau-Brunswick, qu'adviendra-t-il de ceux qui ont fait toutes les démarches pour travailler dans les Maritimes cette saison? Voici le témoignage d'une travailleuse mexicaine.

Le visage de Yesenia Flores s'illumine quand elle parle du Canada. Depuis la maison où elle habite avec sa mère, à Teocaltiche, dans le centre du Mexique, la jeune femme de 29 ans raconte en espagnol qu’elle a travaillé cinq mois dans une usine au Cap-Breton l'an dernier. Elle veut de tout cœur revenir, malgré les risques liés à la COVID-19.

Image d'une jeune femme prenant un égoportrait devant plusieurs sapins enneigés

La jeune Mexicaine Yesenia Flores a travaillé 5 mois dans une usine du Cap-Breton l'an dernier.

Photo : Gracieuseté de Yesenia Flores

Ici, au Mexique, les travailleurs sont très mal payés. Ici, je ne peux pratiquement rien faire. C’est pour ça que j’aimerais beaucoup retourner au Canada où il y a plus d’occasions de grandir et de mieux gagner sa vie, explique Yesenia, qui se retrouve sans travail depuis la mi-mars.

Son emploi en coiffure et esthétique a été suspendu à cause de la pandémie. Ici, au Mexique, il n’y a pas d’assurance-emploi comme au Canada, il n’y a presque rien, souligne la jeune femme qui ne sort pratiquement pas de chez elle.

Une jeune femme en coton ouaté prend un égoportrait. Derrière elle, la mer et une petite maison canadienne.

Yesenia Flores est originaire de Teocaltiche, dans le centre du Mexique.

Photo : Gracieuseté de Yesenia Flores

Même si l'idée d'un voyage au Canada la rendait un peu nerveuse à cause de la COVID-19, Yesenia était prête à se mettre en quarantaine pendant 14 jours à son arrivée. Lavage des mains, port du masque et de gants, la jeune femme énumère les mesures d’hygiène et les précautions qu’elle entend suivre à la lettre si elle vient travailler dans une usine de transformation. Elle sait qu’il y a des risques pour sa santé, mais elle veut rester optimiste.

Des centaines de travailleurs étrangers temporaires dans l’incertitude

La majorité [des travailleurs], 98,99 % [...] veulent toujours venir et n’ont pas reculé, estime Nicole Druckman, qui s’occupe des formalités de centaines de travailleurs étrangers temporaires.

L’avocate en immigration affirme que la pandémie a beaucoup compliqué les procédures.

L’interdiction d’entrée des travailleurs étrangers temporaires décrétée mardi par le Nouveau-Brunswick vient bouleverser le travail accompli durant des mois pour les travailleurs étrangers et leurs employeurs.

Mme Druckman précise que tous les employeurs de l’Atlantique avec qui elle fait habituellement affaire, sauf un, veulent faire venir des travailleurs étrangers temporaires cette année. Elle concède qu’il y a des préoccupations, mais elle rappelle que le gouvernement fédéral considère les travailleurs étrangers temporaires comme essentiels et qu'il a ordonné que les employeurs prennent toutes les mesures de précaution nécessaires.

Une femme de dos assise dans l'herbe regardant la mer devant elle. Elle a les deux bras en l'air en faisant des signes de paix.

Les autorités mexicaines qui s’occupent du dossier de Yesenia Flores lui disent de patienter et que « tout va se régler ».

Photo : Gracieuseté de Yesenia Flores

La réalité, c’est que la chaîne d’approvisionnement doit continuer. Nous avons besoin de nourriture. Alors, il n’y a pas de choix. C’est le meilleur d’une mauvaise situation. Ne pas les faire venir et ne pas avoir de nourriture n’est évidemment pas une option, et c’est pour cela que le gouvernement [fédéral] a décidé que nous devions les faire entrer, explique Nicole Druckman.

Selon elle, l’interdiction du Nouveau-Brunswick va faire mal aux travailleurs étrangers qui ont investi dans ce projet, mais aussi aux entreprises qui ont besoin de cette main-d’oeuvre essentielle. Nicole Druckman espère que Fredericton et Ottawa vont s’entendre sur une solution pour que ces travailleurs temporaires puissent venir au Nouveau-Brunswick.

Avec ou sans l’interdiction néo-brunswickoise, le président de l'Association des transformateurs de homard du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, Jerry Amirault, estime que beaucoup moins de travailleurs étrangers temporaires viendront dans les Maritimes cette année. Selon lui, les usines vont transformer moins de homard, car la demande du marché a diminué. M. Amirault précise toutefois que les travailleurs étrangers qui viendront seront du Mexique, où les procédures sont plus faciles.

Patience et espoir

Les autorités mexicaines qui s’occupent du dossier de Yesenia Flores lui disent de patienter et que tout va se régler.

Les gens sont si bons et si agréables [au Canada], affirme la jeune Mexicaine, qui souhaite apprendre l’anglais quand elle reviendra. Même si elle sait que la pandémie pourrait bien bloquer son projet, elle continue d’espérer qu’il y aura du travail pour elle en Nouvelle-Écosse.

Yesenia Flores se trouve au milieu d'un sentier dans le bois.

La jeune Mexicaine Yesenia Flores souhaite apprendre l’anglais quand elle reviendra au Canada.

Photo : Gracieuseté de Yesenia Flores

Mon rêve, mon souhait est qu’il y ait beaucoup de pêche, qu’il y ait du travail dont nous avons tous besoin pour survivre, que rapidement on contrôle cette pandémie pour revenir à la normale pour que, comme avant, nous puissions travailler et avancer ensemble, souhaite la jeune femme avec optimisme.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale