•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Virus respiratoires : le port du masque par la population recommandé depuis des années

Un homme porte un masque sanitaire.

Un homme porte un masque sanitaire et consulte son téléphone mobile dans le métro de New York.

Photo : Reuters / Lucas Jackson

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, les autorités de santé publique du Canada déconseillent le port du masque médical par la population.

Pourtant, de nombreuses études réalisées dans la foulée des crises du SRAS, en 2003, de la grippe pandémique H1N1, en 2009, et de la grippe saisonnière concluent que le port d'un masque chirurgical ou d'hygiène par la population réduirait considérablement la propagation des virus respiratoires.

Au Canada cependant, comme dans plusieurs autres pays, les gouvernements fédéral et provinciaux n'avaient pas de réserves suffisantes de masques pour protéger leurs travailleurs de la santé, encore moins l'ensemble de la population.

La Dre Theresa Tam défend sa décision

En point de presse mercredi, nous avons demandé à la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada, si la pénurie des masques destinés au personnel soignant était la raison pour laquelle elle avait déconseillé le port du masque par la population, malgré des études scientifiques favorables à cette mesure.

Nous avons eu de longues discussions avec les médecins hygiénistes en chef et avons convenu qu’il faut s’assurer que les masques médicaux sont réservés à nos travailleurs de la santé, a-t-elle reconnu.

Mais elle a soutenu que d’autres raisons ont motivé sa décision. Il n’y avait pas une quantité énorme de données, a-t-elle dit au sujet des études sur les masques et la propagation de la grippe, par exemple.

Garder une distance physique est la meilleure façon de réduire la transmission.

Dre Theresa Tam, administratrice en chef de santé publique

Nous voulons aussi nous assurer que la population sait que toutes les autres mesures que nous avons recommandées doivent toujours être respectées, y compris les mesures d’hygiène personnelle, se laver les mains et rester à la maison quand on est malade, a-t-elle affirmé.

La docteure Theresa Tam devant des drapeaux du Canada dans une salle.

La Dre Theresa Tam, l'administratrice en chef de santé publique du Canada (archives)

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Des études promasques

Dans la foulée des pandémies de la grippe H1N1 et du SRAS, une équipe de 11 chercheurs, rattachés à des universités et à des instituts de recherche, ont recensé les études à l'échelle internationale qui portaient sur les mesures physiques pour réduire la transmission des virus respiratoires.

Ce document, intitulé Interventions physiques visant à enrayer ou à réduire la propagation des virus respiratoires, a été publié en juillet 2011 par la réputée Bibliothèque Cochrane (Cochrane Library), un ensemble de bases de données médicales vérifiées.

L'étude concluait que le porte de masques chirurgicaux par la population était la meilleure mesure. Dans cette recension, le lavage des mains était également cité comme représentant une mesure très efficace.

Dans l'ensemble, le port du masque était l'intervention la plus efficace, quels que soient la population, le contexte ou les menaces.

Extrait de l'étude « Interventions physiques visant à enrayer ou à réduire la propagation des virus respiratoires »

Des chercheurs américains en sont arrivés à des conclusions semblables au terme d'une étude menée auprès de jeunes adultes vivant en résidence universitaire.

Publiée en 2010 dans la revue scientifique britannique The Journal of Infectious Diseases, l'étude concluait que les masques et l'hygiène des mains peuvent réduire la propagation des maladies respiratoires dans les milieux de vie partagés et atténuer l'impact de la pandémie de grippe A (H1N1). Des masques de procédure avaient été utilisés pour cette recherche.

Les chercheurs ont noté les bénéfices d'une telle approche dans un contexte où les vaccins, entre autres, n'étaient pas disponibles — une situation qui s'apparente à la crise actuelle.

Quelques dizaines de personnes debout dans un couloir.

Des citoyens attendent en ligne lors d'une clinique d'immunisation contre la grippe H1N1, à Winnipeg, au Manitoba, le samedi 28 novembre 2009 (archives).

Photo : La Presse canadienne / Winnipeg Free Press / Joe Bryksa

En 2007, l'Institut national de santé publique du Québec a aussi publié un avis scientifique en faveur du port du masque par la population. Le port du masque en communauté devrait être considéré comme une mesure de protection volontaire à promouvoir dès le début d'une pandémie, tout en reconnaissant qu'il n'offre pas une protection absolue, peut-on lire dans le document.

Admettant que le port du masque par la population ne fait pas l'unanimité, l'Institut recommandait déjà en 2007 d'encourager le port du masque par les individus sains lors d'activités (ex. transports en commun, rassemblements publics) qui pourraient les rendre susceptibles d'être en contact étroit avec des personnes potentiellement infectées, symptomatiques ou non.

L'Institut suggérait également aux autorités gouvernementales de s'assurer que la population puisse avoir accès aux masques chirurgicaux. Advenant une pénurie, il proposait la fabrication de masques maison.

La plupart des études promasques indiquent que cette mesure doit s'accompagner d'une campagne d'éducation sur les façons de mettre et d'enlever les masques, afin d'éviter la contamination.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Des masques maison à défaut de mieux

Le 6 avril 2020, les autorités de santé publique ont commencé à parler du masque maison comme mesure additionnelle lorsque la distanciation sociale n'est pas possible.

La Dre Tam a invoqué de nouvelles données sur la contagion possible, même en l’absence de symptômes, pour expliquer son changement de position. Elle rappelle régulièrement que les consignes de la santé publique sont en évolution constante en fonction des nouvelles informations.

Compte tenu de la pénurie persistante de masques chirurgicaux et d'hygiène, plusieurs experts au Canada prônent l'utilisation des masques maison depuis plusieurs semaines, même s’ils sont moins efficaces.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Santé publique

Santé