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Le nouvel accessoire tendance : le masque de protection

Billie Eilish porte un masque de marque Gucci assorti au reste de sa tenue.

Billie Eilish a beaucoup attiré l'attention avec son masque Gucci lors des prix Grammy, le 26 janvier 2020.

Photo : Getty Images/The Recording A / Frazer Harrison

Radio-Canada

De quoi sera faite la mode de 2020? Assurément de masques personnalisés, croit le spécialiste de la mode Thierry-Maxime Loriot, notamment commissaire des expositions Thierry Mugler : couturissime, de même que de deux expositions sur Jean Paul Gaultier au Musée des beaux-arts de Montréal.

Le masque médical tel qu’on le connaît a remplacé le masque de tissu au tournant des années 1960. Mais il ne s’est pas établi comme accessoire de mode tout de suite dans le monde occidental.Thierry-Maxime Loriot rappelle que Michael Jackson apparaissait très étrange dans les années 1980-1990 avec son masque.

Michael Jackson est assis dans une voiture entourée de fans et porte un masque chirurgical de couleur violette.

Michael Jackson lors de son passage à Berlin le 19 novembre 2002.

Photo : Getty Images

La chanteuse Billie Eilish a fait sensation aux Grammy en janvier dernier, vêtue – et masquée – de Gucci, alors que la planète ignorait encore l’étendue de la pandémie qui la guettait.

Mais les temps ont changé; les mœurs aussi. Je pense qu’au Québec et au Canada, et partout en fait, le masque va devenir quelque chose avec lequel on va toujours devoir sortir de la maison, toujours avoir soit dans ses poches, soit dans son sac, pour pouvoir se protéger, estime Thierry-Maxime Loriot, en entrevue avec la chroniqueuse culturelle Katerine Verebely.

Montréal recommande désormais le port du masque en public, tandis que Québec le recommande lorsque la distanciation physique de deux mètres ne peut être respectée. Et ces jours-ci affluent toutes sortes de masques en tissus à motifs, à paillettes, à broderies. Le masque chirurgical traditionnel n’a pas forcément la cote.

Je pense que les gens vont vraiment vouloir avoir un masque qui peut refléter leur personnalité, analyse le spécialiste. Ça devient un peu comme les mouchoirs personnalisés.

Le masque de mode ne date pas d’hier

Si les masques personnalisés affluent aujourd’hui, reste qu’ils existent depuis plusieurs années déjà. Thierry-Maxime Loriot rappelle qu’au début des années 2000, le port du masque est devenu généralisé en Asie, et surtout dans les villes très polluées comme Tokyo, Mexico et Pékin.

La dégradation environnementale a vraiment amené cette mode-là de porter des masques qui étaient plus personnalisés, [...] d’avoir des imprimés qui peuvent nous ressembler, ou des broderies, de rajouter des cristaux, des petites pierres. Il y en a où c’est très développé, et ça suit la mode et les modes, raconte-t-il.

C’est un peu une nouvelle normalité, un peu comme le casque de vélo ou le casque de ski, avant. Dans les années 80, tout le monde portait une tuque, personne ne portait un casque en ski. On s’est rendu compte que c’était important pour se protéger de blessures importantes, en vélo ou en ski. Maintenant on porte des casques, et il y a différents casques franchement super beaux, et tout le monde fait des casques. Même Chanel fait des casques de ski.

Une citation de :Thierry-Maxime Loriot, spécialiste de la mode

Des masques au Québec

De grandes marques comme Prada et Louis Vuitton se sont lancées dans les masques pour le personnel de la santé. Mais de nombreuses marques font aussi des masques mode destinés au grand public; c’est le cas par exemple de Supreme et Off-White.

Au Québec, on en trouve aussi toute une série. Thierry-Maxime Loriot souligne le travail des designers Denis Gagnon et Marie Saint Pierre. Et la liste est encore longue. Toutes sortes de marques et designers lancent tour à tour leurs séries de masques en tissu : Atelier B, Pony, Frank And Oak, Poche et fils, la boutique Editorial…

Thierry-Maxime Loriot juge qu’il est important de soutenir et d’encourager les fabricants de masques locaux.

C’est plus qu’un accessoire, en fait. C’est de pouvoir montrer que, socialement, on est responsables. Ce n’est pas une question de se protéger soi-même, mais de protéger les autres, surtout quand on se retrouve avec une maladie où on peut être contagieux en étant asymptomatique. C’est important aussi d’avoir cette responsabilité-là par rapport à la société, estime le spécialiste de la mode.

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