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14 mois après les Eskimos, Len Rhodes n’a aucun regret

Len Rhodes soulève la Coupe dans son bureau au stade du Commonwealth.

La victoire de la Coupe Grey en 2015 est l'événement marquant des sept saisons de Len Rhodes avec les Eskimos.

Photo : Collection personnelle de Len Rhodes

Quand il a annoncé sa décision de quitter les Eskimos d'Edmonton en février 2019, le Québécois Len Rhodes ne savait pas encore ce qui l’attendait. À 55 ans et après sept années à diriger la destinée de l’équipe, il se doutait toutefois qu’au moins deux ou trois autres défis allaient se présenter à lui.

Lorsque Len Rhodes pense aux événements marquants de sa vie, trois lui viennent toujours en tête : le jour de son premier mariage, la naissance de sa fille et le jour où les Eskimos ont remporté la Coupe Grey.

La victoire de son équipe lors du match ultime en 2015 fait aussi partie de ce qu’il considère être une de ses trois plus grandes réalisations comme président de l’une des franchises les plus titrées de l’histoire de la ligue canadienne.

Le président, c’est la dernière personne qui fait une différence pendant un match de la Coupe Grey, mais le travail pour arriver là ne se fait pas en une nuit.

Len Rhodes, président Eskimos, 2012-2019

Len Rhodes sait que quand on fait appel à lui, c’est pour apporter des changements profonds à une organisation. C’est pour ça qu’on l’a engagé chez Molson-Coors, chez Reebook-CCM Hockey et chez les Eskimos.

Dix mois après son arrivée à Edmonton, il a congédié le directeur général Eric Tillman avant même le début des séries éliminatoires, auxquelles prenait part son équipe.

Il a par la suite embauché Ed Hervey, qui lui a convaincu Chris Jones d’accepter le poste d’entraîneur-chef de l’équipe. Les deux hommes ont ensuite bâti l’équipe qui allait remporter la Coupe Grey.

Le travail d’un président est de s’assurer d’avoir les bonnes personnes en place, mais aussi de s’assurer que toutes les ressources sont utilisées au maximum, explique Len Rhodes, puisque dans la Ligue canadienne les ressources sont limitées.

Toutes les décisions, tous les petits détails sont importants, mais personne ne veut y penser le jour où la Coupe Grey est remise, croit-il.

Comme président, tu dois toujours prendre des décisions en pensant au succès à long terme de l’équipe. Ce ne sont pas toujours des décisions populaires et parfois c’est difficile pour les amateurs de comprendre ça.

Len Rhodes, président Eskimos, 2012-2019

Celui qui occupe maintenant le poste de président du conseil d’administration de la Commission provinciale des jeux du hasard, de l’alcool et du cannabis admet qu’il a eu besoin d’une longue période pour s’adapter à la structure communautaire des Eskimos.

La première année c’était une adaptation [pour moi] que toutes les décisions soient prises de façon publique où tout le monde peut partager son opinion, mais je me suis adapté, raconte-t-il.

Il n’était pas non plus habitué à devoir interagir autant avec les médias. Les habiletés qu’il a développées avec les Eskimos lui sont très utiles, mentionne-t-il, dans son nouveau rôle.

Gagner, ce n’est pas suffisant

Ed Hervey et Len Rhodes sourient lors de l'annonce de la nomination d' Ed Hervey comme directeur général des Eskimos.

La relation entre le directeur général Ed Hervey et le président Len Rhodes a souvent été tendue.

Photo : Eskimos d'Edmonton

Plusieurs de ses décisions ont fait l’objet de vives critiques de la part des supporteurs des Eskimos. Certains amateurs lui en voudront jusqu’à leur mort, pour sa décision de congédier le directeur général Ed Hervey en avril 2017.

Ed Hervey avait alors passé les 18 dernières saisons avec les Eskimos, d’abord comme joueur, puis comme recruteur avant de devenir directeur général. À ses trois dernières saisons, l’équipe a présenté un dossier plus que respectable de 32 gains et 16 revers.

Pour justifier sa décision, Len Rhodes avait alors mentionné lors d’une conférence de presse : « gagner, ce n’est pas suffisant ».

Encore aujourd’hui, l’ex-président est convaincu d’avoir pris la meilleure décision pour le bien des Eskimos.

Malgré les critiques, le Montréalais d’origine croit qu’en général les amateurs de football de la capitale albertaine ont apprécié son travail. Il en tient pour preuve, toutes les rencontres qu’il a faites avant chaque match présenté à domicile.

J'allais toujours me promener dans le stade et à l’extérieur pour rencontrer les fans, pour leur parler, écouter leurs idées, remémore-t-il.

Outre la victoire lors de la 106e Coupe Grey, les deux autres réalisations dont Len Rhodes est le plus fier sont la présence constante des Eskimos dans la communauté, ainsi que la présentation d’un match de saison à Fort McMurray en 2015, alors que le stade du Commonwealth était utilisé pour la Coupe du monde de soccer féminin.

Eskimos ou Empire

Len Rhodes, lors d'une rencontre avec une membre d'une communauté inuite.

Len Rhodes a rencontré 25 leaders des communautés inuites afin de connaître leurs impressions sur le nom Eskimos.

Photo : Collection privée de Len Rhodes

Un autre dossier qui a marqué l’époque de Len Rhodes avec les Eskimos est celui du possible changement de nom de l’équipe.

L’ex-président mentionne qu’il n’était pas contre l’idée de changer le nom de la formation, jugé irrespectueux par certains. Pour lui, la décision de changer le nom d’une équipe aussi riche en histoire ne pouvait cependant pas se prendre sans consultation.

J’ai décidé d’aller rencontrer les gens des communautés inuites directement chez eux. Je suis allé dans le Grand Nord et j’ai eu 25 rencontres d’une heure avec des politiciens, des représentants du monde culturel et du monde des affaires.

Len Rhodes, président Eskimos 2012-2019

Il dit avoir constaté que s’il est péjoratif pour certains, le mot Eskimos est source de fierté pour d’autres.

Devant l’incertitude sur un éventuel changement de nom, l’équipe s’était toutefois préparée. C’est pourquoi on avait commencé à incorporer dans toutes les promotions l’expression « One Empire » (un empire), accompagnée du logo des Eskimos où on voit deux grands « E » superposés.

Il fallait évaluer d’autres options parce qu’ultimement, on ne savait pas si on allait garder ou changer le nom. 

Logo utilisé par les Eskimos durant la campagne ONE EMPIRE

Le nom Empire était une des options envisagées par les Eskimos s'ils devaient changer de nom

Photo : Eskimos d'Edmonton

Un retour avec les Alouettes ?

En janvier, le nom de Len Rhodes a circulé comme candidat potentiel pour devenir président des Alouettes de Montréal.

Len Rhodes dit avoir eu quelques discussions avec les dirigeants de l’équipe, mais même si le défi semblait intéressant, il a décliné l’offre.

J’aime la Ligue canadienne de football, j’aime les Eskimos et j’aime aussi les Alouettes, parce que j’allais voir des matchs avec mon père quand j’étais jeune. Oui, j’y ai pensé, mais je me suis demandé pourquoi j’aurais quitté les Eskimos pour faire le même travail à Montréal.

Heureux de vivre

Toujours considéré comme un bon vivant, Len Rhodes est devenu un amoureux de la vie il y a quelques années.

Il y a trois ans, j’ai reçu un diagnostic de cancer de la prostate. Ça a changé mon approche sur tout. Ce qui est devenu important pour moi, c’est de vivre. J’ai réalisé ce qu’était la mortalité et je me suis dit qu’avant d’arriver là, je voulais vivre de nouvelles expériences.

Len Rhodes, président Eskimos 2012-2019

Quelques jours après avoir quitté les Eskimos, Len Rhodes a été approché par le chef du Parti conservateur uni de l’Alberta, qui l’a convaincu de se présenter comme candidat dans la circonscription d’Edmonton-Meadows.

Len Rhodes a terminé deuxième le jour du vote. Il a énormément aimé son expérience, mais ne croit pas qu’il tentera à nouveau sa chance lors d’une prochaine élection.

Dès le 1er juillet, Len Rhodes amorcera un mandat comme président et chef de la direction de l’Institut canadien du sport à Calgary, une façon pour lui de retrouver le monde du sport qui l’a toujours passionné.

Len Rhodes conclut en disant qu'il ne regrette rien de ce qu'il a fait avec les Eskimos. En fait, il a un seul regret... c'est de ne pas avoir remporté la Coupe Grey chaque année au cours des sept saisons qu'il a passées avec l'équipe.

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