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Aide fédérale : minuit moins cinq pour les pêcheurs de homard

Un pêcheur de homard prépare ses casiers sur le quai.

Des pêcheurs de homard estiment qu'il serait préférable d'annuler la saison.

Photo : Reuters / Brian Snyder

Des pêcheurs de homard gaspésiens réclament une aide financière d'Ottawa pour traverser la saison qui s'annonce catastrophique en raison de la pandémie de COVID-19.

On n'a pas de prix du tout et on nous dit qu'il n'y a pas de marché du tout, déplore le directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, O’Neil Cloutier.

La pêche au homard s'ouvrira le 9 mai dans les zones 19, 20, 21 et 22 pour les pêcheurs madelinots. Or, sans restaurants ni certitude quant à la saison touristique, plusieurs pêcheurs entrevoient une saison désastreuse.

On souhaite avoir accès aux différents programmes qui ont été annoncés pour lutter contre les effets de la COVID-19, martèle M. Cloutier.

Ottawa a notamment dévoilé samedi une enveloppe de 62,5 millions de dollars pour les transformateurs des produits de la mer. Cette aide est également destinée aux pêcheurs selon la députée de Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine, Diane Lebouthillier, mais les pêcheurs de homard ont peu de chance d'en voir la couleur, estime Claude Régnier, qui représente l'Office des pêcheurs de homard des Îles-de-la-Madeleine.

L'aide financière d'Ottawa est prévue pour toutes les pêcheries canadiennes et la pêche au homard. C'est une petite goutte d'eau dans l'océan alors il n'y a pas beaucoup d'espoir de ce côté-là, et des indications qu'on a eu, ça irait plus à l'industrie qu'aux pêcheurs. Ce n'est pas très clair, souligne M. Régnier.

L'aide de 62,5 millions, les pêcheurs n'en tiennent pas compte dans leurs discussions ni les acheteurs d'ailleurs. C'est trop peu pour toute l'industrie.

Claude Régnier, avocat de l'Office des pêcheurs de homard des Îles-de-la-Madeleine

Comme on sait qu'on va pêcher pour presque rien, si le gouvernement veut absolument qu'on pêche parce qu'on est devenu un secteur essentiel, il va falloir qu'ils nous permettent à nous aussi, comme pêcheurs, d'avoir accès à ces programmes, ajoute M. Cloutier.

Et à moins de deux semaines de l'ouverture de la pêche, le temps presse. Il est minuit moins cinq, prévient-il.

O'Neil Cloutier.

Le porte-parole du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, O'Neil Cloutier.

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

Aucun prix n'a encore été fixé pour le homard, selon M. Cloutier, mais certains parlent d'un prix de 3 $ la livre au débarquement. Si c'est le cas et que les pêcheurs n'ont pas accès à une aide financière, on ne pourra pas pêcher affirme le porte-parole des pêcheurs gaspésiens.

Même avec une aide d'Ottawa, on comprend bien que ça va être une pêche minimale, précise-t-il.

M. Cloutier admet que les pêcheurs peuvent avoir accès à trois programmes mis en place par le gouvernement fédéral, soit la prestation canadienne d'urgence, les prêts garantis sans intérêts de 40 000 $ pour les entreprises et la subvention salariale d'urgence. Il souligne toutefois que des problèmes d'adaptation demeurent entre ces mesures et la réalité des pêcheurs.

Une saison à oublier

Comme les marchés internationaux et les restaurants locaux sont fermés et que le homard s'accumule déjà dans les entrepôts, M. Cloutier estime que de pêcher davantage ne ferait qu'empirer la crise actuelle.

On pense sincèrement que le Ministère ne joue pas son rôle. L'idéal, ce serait de sauter une année pour le bien de l'industrie.

O'Neil Cloutier, directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie

De son côté, M. Régnier se montre moins tranché.

On espère qu'il y ait une saison de pêche. Si on l'annule, quels vont être leurs revenus? La pêche au homard, ça a un impact économique extrêmement important pour les Îles-de-la-Madeleine, souligne-t-il.

De plus, les pêcheurs s'inquiètent également des risques de contamination sur les homardiers, où garder une distance sécuritaire entre les pêcheurs est tout simplement impossible.

On nous dit que la pêche, ce n'est pas comme ailleurs parce que c'est un service essentiel, mais nous, on continue de répéter que ça peut être excessivement dangereux pour les pêcheurs et presque impossible de respecter la fameuse distanciation de deux mètres, souligne M. Cloutier.

Le porte-parole précise cependant que les pêcheurs pourront appliquer trois mesures du protocole établi par la Santé publique, soit le port d'un masque, la désinfection des lieux de travail et le lavage adéquat des mains.

D'après les informations de Martin Toulgoat

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