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Le Sahara de tous les dangers

Illustration montrant un Carcharodontosaurus observant un groupe d'Elosuchus près d'une carcasse.

Un Carcharodontosaurus observant un groupe d'Elosuchus près d'une carcasse.

Photo : Université Portsmouth - Davide Bonadonna et Nizar Ibrahim

Radio-Canada

Il y a 100 millions d’années, une partie du nord-ouest du continent africain, aujourd’hui associée au désert du Sahara au Maroc, était peuplée d’une faune de féroces prédateurs comprenant des reptiles volants et des crocodiles.

Le paléontologue Nizar Ibrahim, chercheur invité à l’Université de Portsmouth, qualifie même l’endroit de plus dangereux de l’histoire de la planète.

Ce titre est décerné à la suite de l’analyse exhaustive des fossiles de vertébrés mis au jour depuis 100 ans dans deux formations rocheuses de la région des Kem Kem.

Des paléontologues américains, marocains, européens et canadiens (Université McGill) ont participé au recensement des fossiles.

La région des Kem Kem (1) se trouve dans le nord-ouest de l'Afrique.

La région des Kem Kem (1) se trouve dans le nord-ouest de l'Afrique.

Photo : Université de Portsmouth

Repères

  • Des analyses des terres anciennes (paléosols) des îles Canaries, qui contiennent beaucoup de poussière transportée par le vent en provenance du désert du Sahara en Afrique, montrent que le plus grand désert subtropical de la planète date d’au moins 4,6 millions d'années et serait né au Pliocène.
  • La région oscille entre des conditions de végétations luxuriantes et désertiques. Récemment, des scientifiques américains ont évalué que ce phénomène se déroule environ tous les 20 000 ans, en phase avec la précession des équinoxes, ce lent changement de direction de l'axe de rotation de la Terre. Toutefois, certains autres chercheurs estiment que ce changement se déroule tous les 100 000 ans et serait associé essentiellement à l’alternance des périodes glaciaires et interglaciaires.

De nos jours, les Kem Kem forment un vaste plateau rocheux semi-désertique à la frontière maroco-algérienne.

Il y a 100 millions d’années, toutefois, la région n’était pas désertique. Les scientifiques estiment que l’environnement comportait des plaines inondables, des rivières et des lacs où vivaient de nombreuses espèces d'animaux aquatiques et terrestres, dont de grands carnivores, notamment quatre grands théropodes non aviaires comme l’Abelisaurus (qui pouvait mesurer 9 mètres de long et 3 mètres de haut), le Spinosaurus, le Carcharodontosaurus et le Deltadromeus.

Les deux formations ont également révélé la présence d’un nombre important de fossiles de poissons cartilagineux et osseux, de tortues, de crocodiles anciens, de ptérosaures et de dinosaures, mais aussi d’invertébrés et de plantes.

Selon le paléontologue, il n'existe actuellement aucun écosystème terrestre qui peut se comparer à celui-ci en ce qui a trait au nombre de gros carnivores.

Un humain qui voyagerait dans le temps n’y survivrait pas très longtemps.

Nizar Ibrahim

Le régime alimentaire des nombreux prédateurs devait fort probablement, selon le paléontologue, comprendre de nombreux poissons.

L’endroit était peuplé d’énormes poissons, dont des cœlacanthes et des dipneustes géants. Par exemple, les coelacanthes de l’époque étaient probablement quatre ou même cinq fois plus gros que le coelacanthe actuel, explique David Martill dans un communiqué de l’université.

Y vivait également l’Onchopristis, un redoutable requin-scie d'eau douce.

C'est l’étude la plus complète sur les vertébrés fossiles du Sahara depuis près d'un siècle, depuis que le célèbre paléontologue allemand Ernst Freiherr Stromer von Reichenbach a publié ses travaux en 1936, affirme David Martill.

Le détail de ces travaux est publié dans le journal ZooKeys (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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