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Analphabète fonctionnel : des ressources existent, rappelle l’organisme Pluri-elles

Une personne travaille sur son ordinateur avec un enfant devant elle.

L'école à la maison peut avoir fait apparaître des difficultés de compréhension et d'écriture chez certains parents.

Photo : Reuters / Fabrizio Bensch

Après un mois de télétravail, certaines personnes au Manitoba peuvent avoir pris conscience de la difficulté qu'elles ont à faire des choses habituelles, comme la lecture ou l’écriture. L’organisme Pluri-elles les invite à s'inscrire dans les programmes d’aide offerts dans la province.

L’analphabétisme fonctionnel touche bien plus de personnes qu’on ne le pense. Au Manitoba, 53 % des francophones sont concernés, selon Mona Audet, directrice générale de l'organisme Puri-elles, qui travaille dans le domaine de l'alphabétisation au Manitoba.

Ces personnes se débrouillent dans la vie de tous les jours, explique-t-elle, mais ont plus de difficultés à la lecture de certains documents, qu'elles doivent reprendre plusieurs fois, ou encore à la rédaction, au travail d’équipe et à la pensée critique.

L'analphabétisme fonctionnel n’enlève rien à l’intelligence, ajoute Mona Audet. Les personnes touchées développent d’autres capacités, en observation et en communication, notamment, pour compenser ces lacunes.

Derrière un ordinateur en télétravail ou lorsqu'elles doivent faire l’école à la maison avec leurs enfants, elles pourraient, par contre, avoir plus de difficultés à s’adapter.

Cette réalité, qui touche des milliers de personnes au Canada, est mise en lumière avec la pandémie.

Ce sont des gens de métier, qui vont travailler dans des restaurants, par exemple, dit Mona Audet [...] Il ne faut pas oublier que, dans un contexte d'entreprise ou dans un organisme, il y a tout le soutien des autres qui permet de cacher ces problématiques.

Je suis persuadée que, si on faisait aujourd’hui une étude pour savoir combien il y a d’analphabètes fonctionnels, ça monterait en flèche. Le monde n’était pas prêt pour [le confinement].

Mona Audet, directrice générale de Pluri-elles

Je ne suis pas certaine [que tous] seraient capable de s'adapter. Je ne veux pas être pessimiste, mais j'essayais de penser à quel genre de métier [les analphabètes de niveau un] pourraient faire en télétravail, mais je n’y suis pas arrivée, dit-elle.

Des ressources à tous les niveaux

Mona Audet estime que le moment est idéal pour lancer un appel aux parents. Pluri-elles propose différents groupes d’aide ouverts à tous, tous adaptés à un niveau d'alphabétisation. Les programmes se font désormais par vidéoconférence, mais sont toujours aussi efficaces.

Il existe plusieurs niveaux d'analphabétisme fonctionnel. Le niveau un concerne les individus qui ne savent ni lire ni écrire. Au niveau deux, ils sont capables d’écrire, et commencent à comprendre. Au niveau trois, ils sont quand même bien fonctionnels dans la vie de tous les jours, explique le directrice générale de Pluri-elles.

Ce n’est pas important si on ne sait pas lire ou écrire, le niveau n’est pas important, mais il est important de continuer de s'instruire. Nous pouvons aider les gens qui en ont besoin.

Mona Audet, directrice générale de Pluri-elles

Nos formateurs ne portent aucun jugement, ils sont habitués à enseigner, ajoute-t-elle.

À partir des informations d'une entrevue de Mona Audet, diffusée sur les ondes du 6 à 9

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