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Des détaillants québécois ravis à l'idée de rouvrir leurs portes

Malgré les défis de la réouverture et les coûts qui y seront associés, le Conseil québécois du commerce de détail entrevoit l'avenir avec optimisme.

Un homme marche dans rue commerçante. Seul un quincaillier est ouvert.

Les rues commerçantes de Montréal reprendront vie peu à peu à compter du 11 mai.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Les commerçants qui ont pignon sur rue sont ravis d’avoir obtenu la permission de Québec pour rouvrir leurs portes aux clients, assure le directeur général du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), Stéphane Drouin.

On est très satisfaits. Nos détaillants sont excités. Ils sont contents de rouvrir leurs portes bientôt aux consommateurs. Vraiment, c’est une très bonne nouvelle qu’on a eue, lundi, a-t-il déclaré à l’émission Tout un matin.

D’ici à ce que la réouverture se concrétise – le 4 mai à l’extérieur de la grande région de Montréal, puis le 11 mai pour celle-ci – les commerçants vont se préparer à assurer la sécurité des travailleurs et des clients.

Même si personne ne peut prédire quel sera l’achalandage dans ces commerces après des semaines de confinement, M. Drouin avance que deux éléments très positifs permettent d’entrevoir l'avenir avec optimisme.

On rentre dans une nouvelle saison, et c’est ça qui est intéressant. Il commence à faire beau. […] Les gens vont être au rendez-vous pour acheter les [produits] saisonniers : la mode, le plein air, tout ce qui est relié à l’extérieur. Donc ça, ça va être super intéressant.

Stéphane Drouin, directeur général du CQCD

Qui plus est, les commerçants de la province pourront désormais concurrencer non seulement les magasins à grande surface, comme Costco et Walmart, qui n'ont jamais cessé de vendre leurs produits, puisqu'ils offrent de la nourriture, mais aussi le géant du commerce en ligne Amazon, qui a pris beaucoup de place ces dernières semaines.

Nous, on a vraiment la conviction qu’à chaque fois qu’on va ouvrir une porte d’un détaillant du Québec, c’est de l’argent qui a l’opportunité de revenir dans l’économie québécoise. J’invite les consommateurs à être au rendez-vous dans ce sens-là, c’est super important, affirme M. Drouin.

Des mesures semblables à celles en vigueur dans les épiceries

Selon lui, les clients qui se rendront dans l’un ou l’autre des 5000 établissements que fédère la CQCD doivent s’attendre à retrouver des mesures de protection de la santé publique semblables à celles déjà mises en œuvre dans les commerces essentiels qui sont demeurés ouverts, comme les épiceries ou les pharmacies.

Cela inclut le lavage des mains à l’entrée et une limite au nombre de clients qui seront admis au même moment dans un établissement, afin de respecter la consigne de distanciation sociale, qui demeure en vigueur. Les clients et les employés devront continuer à se tenir à deux mètres les uns des autres, ce qui ne va pas toujours de soi dans de petits commerces.

Lorsqu'on va arriver avec un commerce de 2000, 4000, 5000 pieds carrés, il va falloir s’ajuster. Donc, le détaillant va devoir réfléchir un peu à son espace, concède Stéphane Drouin.

Il rappelle en outre que la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a publié un guide des normes sanitaires à suivre à l’intention des détaillants. Des guides similaires ont aussi été publiés pour les secteurs de la construction et du manufacturier, qui pourront également reprendre leurs activités.

Ce guide précise notamment tout le nettoyage qui doit se faire avant l’ouverture, après la fermeture […], durant les heures de travail, les heures de contact avec les clients, souligne-t-il. Donc, il y a vraiment plusieurs mesures qui vont être mises en place pour s’assurer qu’on offre un environnement sécuritaire aux clients.

Tout part de la santé publique. Il s’agit de protéger les employés et les clients, donc un environnement de magasinage qui est sécuritaire et qui va faire que les clients vont se sentir à l’aise d’aller magasiner.

Stéphane Drouin, directeur général du CQCD

Les commerçants ayant subi de lourdes pertes au cours des dernières semaines, auront-ils les moyens d’assumer les coûts supplémentaires associés à ces obligations de nettoyage et de distanciation sociale?

C’est un enjeu, c’est un défi, admet le directeur général du CQCD, qui se montre tout de même optimiste dans les circonstances. Les deux gouvernements ont mis des programmes en place pour aider les commerçants à pouvoir avoir les moyens de s’équiper, de faire toutes les mesures qui vont être en place, souligne-t-il.

Il y a aussi l’envers de la question : ont-ils les moyens de ne pas ouvrir? […] On a des entrepreneurs des détaillants qui sont créatifs, qui sont forts. Je ne suis pas inquiet. Ils vont trouver la façon d’ouvrir efficacement.

Stéphane Drouin, directeur général du CQCD

À quand la réouverture des centres d'achat?

Le centre commercial Fleur de Lys à Québec, complètement désert lors de la pandémie de la COVID-19 en mars 2020

Comment penser le déconfinement dans les centres commerciaux?

Photo : Radio-Canada

M. Drouin ne cache pas que les commerçants dont l’établissement se trouve à l’intérieur d’un centre commercial sont dépités pour leur part d’avoir été écartés de la première phase de la relance économique annoncée par Québec.

Même s’il y a encore des éléments qui sont à travailler dans les centres d’achat, dit-il, les détaillants dont le commerce a une porte donnant sur l’extérieur auraient aimé ouvrir leurs portes en même temps que les autres, ce qui ne sera pas le cas.

C’est certain que ces détaillants-là sont déçus, admet-il. Mais ils vont se préparer, ils vont préparer leurs protocoles, et la journée que ça va être ouvert au public. Ils vont être prêts à aller de l’avant, c’est certain.

En entrevue à Tout un matin, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a convenu qu’il pouvait sembler curieux que des magasins de taille énorme, comme des Ikea, soient autorisés à rouvrir leurs portes, contrairement à des centres d’achat.

On se préoccupe de ça, a-t-il assuré, en arguant que tout repose sur le nécessaire respect des règles sanitaires préconisées par la santé publique. Il reconnaît en outre que les difficultés ne sont pas les mêmes pour un petit centre d’achat en région que les gros centres d’achats des plus grandes villes du Québec.

Est-ce qu’il y a moyen de le faire progressivement pour les centres d’achat? Possiblement, a-t-il laissé tomber, mais sans se compromettre davantage.

Une mise en garde de Fitzgibbon

Le ministre Fitzgibbon défend tout de même l’approche graduelle du gouvernement Legault, en soulignant par exemple l’impact social important que la réouverture de nombreux commerces aura sur la population.

Je pense que les commerces avec pignon sur rue dans les régions, c’est important pour enlever un peu la grogne qui existait [envers] les commerces comme Costco, Walmart, qui eux étaient ouverts pour les raisons qu’on connaît.

Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie du Québec

Pour la chaîne d’approvisionnement, c’est important aussi. On avait ouvert les mines, les forêts, l’agriculture était là, donc les matières premières. Là, on va avoir la conversion, et ultimement [on s’en va] vers la consommation. Donc il y a une logique.

Il prévient par ailleurs les commerçants que les mesures sanitaires devront être respectées. Dans le cas contraire, des sanctions pourront être appliquées.

Il y a des inspecteurs qui sont associés à la CNESST, et techniquement, ils peuvent avoir une injonction pour exiger la fermeture d’un établissement. Et on va être sérieux sur ça, parce qu’il faut être conséquent avec nos propos, affirme le ministre Fitzgibbon.

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