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« Pas de gras à couper » à l’Université de Saint-Boniface, disent les professeurs

Un panneau sur lequel il est écrit Université de Saint-Boniface devant l'édifice.

Jean Valenti craint que les conséquences des compressions soient plus importantes à l’Université de Saint-Boniface, à cause du contexte minoritaire et de la petite taille de l'établissement.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

L’Association des professeurs et des professionnels de l’Université de Saint-Boniface (APPUSB) dénonce des compressions budgétaires provinciales qui auront, selon elle, un effet visible sur l’établissement à court, à moyen et à long terme.

Les ressources administratives et professorales sont déjà étirées au maximum à l’Université de Saint-Boniface (USB), soutient le président de l'APPUSB, Jean Valenti, qui représente l’ensemble des professeurs, des professionnels enseignants, des professionnels et des chargés de cours.

Il n’y a pas de gras dans lequel on peut couper, affirme-t-il.

Il y a environ deux semaines, le gouvernement de Brian Pallister demandait aux universités de la province de présenter des scénarios de réduction budgétaire de l’ordre de 10 à 30 %.

Erratum : une version précédente de ce texte indiquait par erreur que le gouvernement avait demandé à quatre universités de la province de présenter ces scénarios. Il existe plus de quatre universités au Manitoba.

Au cours des prochains jours, les établissements d’enseignement postsecondaires recevront des directives plus précises de la part du gouvernement quant au pourcentage et à l’échéancier qui leur sera imposé.

En fonction de leur taux, ces compressions pourront avoir des conséquences très graves sur le personnel de l’Université, ses programmes et sa mission même, qui est d’enseigner en français dans un contexte minoritaire, dit Jean Valenti.

L’année dernière, on nous a imposé un exercice de rationalisation de notre budget. Ça a donné lieu à une coupe de postes dans le secteur administratif et on a perdu deux professeurs en sciences, rappelle-t-il.

Les conséquences ont été claires et directes. Ça a affecté les programmes en sciences. On a dû demander à l’Université du Manitoba de nous aider pour les stages des étudiants.

L’USB pourrait déjà perdre des revenus sur les inscriptions à l’automne, dit Jean Valenti. Il se questionne notamment sur la venue des étudiants étrangers, compte tenu du contexte de pandémie. Ajoutées à cela, des compressions budgétaires pourraient être dramatiques pour l’établissement, selon lui.

Moteurs économiques de la province

Selon le premier ministre Brian Pallister, les universités font partie de la famille manitobaine et doivent se serrer la ceinture comme les autres secteurs afin de rediriger des ressources vers le système de santé.

Ce n'est pas trop demandé, a-t-il dit en conférence de presse la semaine dernière. Nous devons tous mettre la main à la pâte.

Les établissements universitaires participent pleinement à la relance économique après une période difficile, souligne Jean Valenti. L’histoire nous l’enseigne, les après-guerres, les récessions, les épidémies, l’université a toujours joué un rôle crucial, dit-il.

Ce n'est pas le temps de couper, il faut investir dans les universités. C’est un des moteurs économiques de la province.

Jean Valenti, président, Association des professeurs et des professionnels de l'Université de Saint Boniface

C'est à l’université que l'on forme une main-d’oeuvre diversifiée, des citoyens avisés, qui sont critiques, qui sont capables de participer pleinement à notre démocratie, rappelle Jean Valenti. C’est à l’université où sont formés les médecins, les infirmiers et infirmières, tout ce personnel qui prennent soin des populations dans une période de crise comme celle que l’on vit.

Avec les informations de Marie-Michelle Borduas

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