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ACEUM : l’entrée en vigueur en juillet coûterait 100 M$ aux transformateurs laitiers

Des vaches dans une ferme

Le nouvel accord commercial nord-américain pourrait être appliqué un mois plus tôt que prévu, soit en juillet plutôt qu'en août.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Le gouvernement fédéral a trahi les producteurs et transformateurs laitiers du Canada en permettant aux États-Unis d'appliquer le nouvel accord commercial nord-américain dès le 1er juillet, un mois plus tôt que prévu, a soutenu mardi le leader de l'opposition conservatrice au Sénat.

Le sénateur Don Plett a soutenu que les 470 usines de transformation du lait au pays – une industrie qui emploie plus de 24 000 personnes et qui contribue chaque année 18 milliards de dollars à l'économie canadienne – risquent de perdre plus de 100 millions de dollars si l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) entre en vigueur comme prévu le 1er juillet.

En effet, « l'année des quotas » dans l'industrie laitière débute en août pour un certain nombre de produits clés, et plusieurs des dispositions de l'ACEUM sont directement liées au calendrier de production. L'entrée en vigueur de l'accord en juillet signifierait donc que « la première année » – une période de 12 mois sur laquelle comptait l'industrie pour s'adapter – ne durera finalement que 31 jours.

Nous ne parlons pas de petits ajustements, a expliqué Mathieu Frigon, président et chef de la direction de l'Association des transformateurs laitiers du Canada. Nous parlons d'ajustements aux produits, aux portefeuilles [...], ce qui nécessite souvent un réoutillage dans les usines, de nouveaux produits, de nouveaux marchés. Et voilà qu'on doit faire tout ça essentiellement en 30 jours.

L'ACEUM ouvre aux producteurs américains quelque 3,6 % d'un marché canadien du lait qui était auparavant exclusivement accessible aux producteurs nationaux. Ce changement, selon certains producteurs, entraînera une perte de 240 millions de dollars pour l'industrie.

Le nouvel accord commercial exige aussi l'élimination d'un système de prix qui restreignait les importations américaines de certains produits, y compris le lait écrémé en poudre, les isolats de protéines de lait et les préparations pour nourrissons, mais qui restreignait à l'inverse la capacité du Canada d'exporter ces mêmes produits sur le marché américain.

De plus, tout cela survient à un moment où les transformateurs et les producteurs laitiers ressentent les impacts de la pandémie de COVID-19, rappelle M. Frigon.

Ottawa forcé à faire des concessions?

En échange de leur accord pour accélérer l'adoption du projet de loi de mise en œuvre de l'ACEUM, le mois dernier, à cause de la pandémie, les conservateurs au Sénat avaient reçu une « garantie » des libéraux que l'Accord n'entrerait pas en vigueur avant août, soutient le sénateur Plett.

À la fin de la semaine dernière, le secrétaire américain au Commerce, Robert Lighthizer, a annoncé au Canada, au Mexique et au Congrès que les trois parties à l'Accord avaient maintenant terminé leurs préparatifs. Or, en donnant son propre feu vert le 2 avril dernier, le Canada avait donné à Washington le pouvoir de décider à quel moment l'Accord entrera en vigueur, a déclaré le sénateur Plett.

La plus récente décision du gouvernement de procéder avec l'ACEUM au détriment de nos transformateurs laitiers, en pleine pandémie mondiale, est tout à fait inexcusable, a-t-il soutenu dans un communiqué.

M. Plett estime que les producteurs laitiers ont été trahis par ce changement de calendrier, en particulier au beau milieu de la pandémie. Il a suggéré que les tensions entre Ottawa et la Maison-Blanche de Donald Trump ont forcé le gouvernement à faire des concessions.

Le gouvernement Trudeau n'a pas voulu commenter la situation mardi.

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