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L'étiquetage unilingue autorisé par Santé Canada choque les communautés francophones

Des produits ménagers.

Santé Canada indique que la levée de l'exigence de bilinguisme n'est que temporaire, afin de fournir le pays plus rapidement en produits comme les produits d’entretien ménager, aux savons pour les mains et aux savons corporels.

Photo : iStock

Pour la durée de la pandémie, Santé Canada a levé certaines exigences réglementaires dont l'étiquetage bilingue. Le but est d'accélérer l'importation au pays de désinfectants ménagers et de savons corporels. La décision est vivement dénoncée par la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada qui y voit « un manque de respect flagrant envers les francophones ».

Il s'agit de la deuxième série de produits à faire l'objet de cette exemption. À la mi-mars, Santé Canada a retiré l'obligation d'étiquetage bilingue sur les contenants de désinfectants et d'antiseptiques.

Même si un étiquetage unilingue est permis, Santé Canada demande toutefois aux fabricants d’afficher sur leur site web le texte de l’étiquette en français et en anglais.

L’agence gouvernementale demande aussi aux fabricants, sans toutefois l'exiger, de distribuer en priorité les produits avec une étiquette bilingue ou en français dans les régions du Canada où la population parle et comprend principalement cette langue.

Santé Canada affirme que la mesure est uniquement pour la durée de la pandémie, mais le président de la FCFA Jean Johnson considère tout de même qu’il s’agit d’un précédent dangereux.

« [...] si on l’accepte, on ouvre la porte à ce qu’une fois la crise passée, les autorités nous disent que finalement l’étiquetage bilingue n’est pas si nécessaire que ça. La crise de la COVID-19 ne doit pas servir d’excuse pour jeter nos valeurs aux oubliettes », souligne M. Johnson par voie de communiqué.

L’apposition d’une étiquette temporaire, avec l'essentiel des informations de santé et de sécurité en français, atteindrait cet objectif tout en montrant au minimum une préoccupation de communiquer dans les deux langues officielles, soutient-il.

« Sommes-nous des citoyens de seconde classe? »

S'il s'agissait majoritairement de produits avec un étiquetage unilingue français, Jean Johnson croit que la décision de Santé Canada ne serait pas aussi facilement acceptée.

C’est une question de santé publique.

Jean Johnson, président, FCFA

« Est-ce que les francophones méritent de recevoir un produit uniquement en anglais? C’est une aberration de penser que tous les francophones sont bilingues », s’insurge-t-il.

La FCFA a interpellé le premier ministre canadien pour qu’il rectifie la situation. « Ce n'est pas quelque chose qui devrait être accepté au Canada et c'est vraiment juste la situation extrême dans laquelle on se trouve où on a choisi de le permettre », a déclaré Justin Trudeau en réponse à la FCFA.

« On préférerait que ça ne se passe pas parce que cette dualité linguistique n’est pas juste une question d'identité canadienne, c'est aussi une question de sécurité pour les consommateurs », a-t-il ajouté.

Le premier ministre Trudeau s'attend donc « à ce que les compagnies travaillent très fort pour essayer de rectifier ces situations », mais n'exclut pas de permettre la distribution d'autres produits avec un étiquetage unilingue.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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