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L'annonce de Blaine Higgs sur les travailleurs étrangers suscite de vives réactions

Blaine Higgs de profil lors d'une conférence de presse.

Le gouvernement provincial a mis à jour son ordonnance obligatoire émise dans le cadre de l’état d’urgence en vue d’interdire aux travailleurs étrangers temporaire d’entrer au Nouveau-Brunswick.

Photo : La Presse canadienne / Stephen MacGillivray

Radio-Canada

À la veille de la saison de la pêche au homard et de la saison agricole, l’opposition condamne presque unanimement la nouvelle restriction du gouvernement du Nouveau-Brunswick visant à interdire les travailleurs étrangers temporaires à entrer dans la province. Seule l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick ne s'est pas prononcée, n'ayant pas répondu à l'appel de Radio-Canada.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Le secteur des pêches abasourdi

Cette décision a pris l’industrie de la transformation des fruits de mer par surprise. L’Union des pêcheurs des Maritimes déclare que cette annonce vient encore jeter plus d’inquiétude sur ce secteur.

Une boîte pleine de homards.

L'Union des pêcheurs des Maritimes s'inquiète des conséquences de cette annonce sur l'industrie.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Le protocole en cours laissait sous-entendre qu’après un confinement de deux semaines, les travailleurs étrangers qui arriveraient dans la province pourraient commencer à travailler.

Des travailleurs étrangers temporaires du Mexique étaient prêts à embarquer sur un vol nolisé dès mercredi. Il y a un investissement qui a été considérable de la part des usines, qui n’ont jamais été consultées, souligne Jacques Leblanc, député libéral de Shediac-Beaubassin-Cap-Pelé. Ce dernier qualifie l’annonce du gouvernement de très décevante. L’opposition demande d'ailleurs des compensations pour cette décision.

Je comprends l’aspect de sécurité de l’annonce, mais cela faisait quatre semaines que ces usines dans le Sud-Est avaient déjà pris les mesures préventives nécessaires pour s’assurer de protéger les employés des contaminations.

Jacques Leblanc, député libéral de Shediac-Beaubassin-Cap-Pelé

L’industrie travaillait depuis un mois avec le gouvernement du Nouveau-Brunswick à la mise au point d'un protocole de sécurité. Ils avaient préparé tous les nécessaires, ils ont rencontré les exigences du ministère de la Santé et du ministère des Pêches. Hier soir, il nous apprenait dans les nouvelles que tous les efforts allaient tomber à l’eau, témoigne Jacques Leblanc.

Jacques Leblanc, député libéral de Shediac-Beaubassin-Cap-Pelé (Archive).

Jacques Leblanc, député libéral de Shediac-Beaubassin-Cap-Pelé.

Photo :  CBC / Gabrielle Fahmy

Le député se voit très inquiet des répercussions sur le marché. Ces usines de transformations du Sud-Est appuyaient les usines de transformations de la Péninsule acadienne et aussi l’industrie de la pêche et homard de l’Île du Prince-Édouard et de la Nouvelle-Écosse, ajoute-t-il.

Robert Gauvin, député indépendant de Shippagan-Lamèque-Miscou, est lui aussi très inquiet de l’annonce du gouvernement Higgs. Plusieurs pêcheurs qui pourraient être touchés par cette annonce s’inscrivent dans sa circonscription.

Le député explique que ce changement à l’état d’urgence peut avoir un effet néfaste non seulement sur cette saison de pêche, mais sur les saisons à venir. Si la décision du gouvernement nuit à l’amélioration ou à la continuation de la pêche, il devra aussi réagir pour les aider dans les années futures, estime-t-il.

J’espère qu’on ne sera pas oubliés si la saison est écourtée ou s’il arrivait quelque chose qui empêcherait les gens de faire leur semaine d’assurance emploi.

Robert Gauvin, député indépendant de Shippagan-Lamèque-Miscou

Le député indépendant insiste sur l’importance de ces employés du secteur. Ce sont des travailleurs spécialisés dans ces domaines. Ce sont des travailleurs importants, ça ne se trouve pas à tous les coins de rue, il ne faut pas les oublier.

Le député de Shippagan-Lamèque-Miscou, Robert Gauvin.

Le député indépendant de Shippagan-Lamèque-Miscou, Robert Gauvin.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

La Fédération des pêcheurs indépendants du Canada a demandé au gouvernement fédéral mardi après-midi de renforcer son soutien à l’industrie de la pêche. Une réunion d’urgence du comité des pêches s’impose si, comme la FPIC l'a cité, les pêcheurs sont pour survivre à cette saison.

Le gouvernement fédéral se doit de s’engager et d’appuyer le secteur essentiel de la pêche dès maintenant, a déclaré Melanie Sonnenberg, présidente de la Fédération des pêcheurs indépendants du Canada. La FPIC demande notamment l’adaptation des programmes de Prestation canadienne d’urgence et la prolongation des prestations d’assurance-emploi.

Le secteur agricole fortement touché

Kevin Arseneau, député de Kent-Nord, dit ne pas avoir été consulté et s’oppose fortement à la décision. C’est moralement injustifiable. Je crois que c’est une grave erreur, fulmine-t-il. Ce dernier qualifie cette décision de raciste.

Pour ce député vert, lui-même agriculteur, cette annonce va mettre en péril plusieurs fermes du Nouveau-Brunswick. Je crois sincèrement qu’il y a des fermes qui pourraient faire faillite. Quand ça fait neuf ans que des gens travaillent chez vous et comprennent votre machinerie et votre système utilisé. C’est des énormes pertes, déplore-t-il.

Kevin Arseneau debout devant son tracteur agricole.

Kevin Arseneau, député de Kent-Nord et agriculteur.

Photo : Radio-Canada / Thierry Laflamme

Il n’est pas le seul du domaine agricole à exprimer cette crainte. L’Union nationale des fermiers au Nouveau-Brunswick, l’Alliance agricole du Nouveau-Brunswick et la Récolte de chez nous ont envoyé un communiqué conjoint mardi après-midi se disant fortement en désaccord avec la décision de restreindre la venue de travailleurs étrangers temporaires dans la province.

En plus d’être un désastre financier pour les centaines de familles des employés à qui l’on avait promis de l’emploi, il serait difficile, voire même impossible, pour les fermes d’embaucher des travailleurs étrangers temporaires ou tout autre employé à la mi-saison, peut-on y lire.

L’UNF-NB, l’AANB et Récolte de chez-nous accusent le premier ministre Higgs de se contredire avec cette nouvelle annonce ; il a déclaré vouloir que la province soit plus autosuffisante et qu’elle évite la pénurie alimentaire ; donc, il doit respecter les protocoles mis en place par le gouvernement fédéral et Santé Canada.

La ferme Les Petits Fruits de Pré-d'en-Haut dénonce aussi la décision du gouvernement provincial dans une publication sur Facebook. L’entreprise souligne que seulement huit Canadiens ont répondu à ses offres d’emplois cette année, dont deux qui voulaient travailler au noir et deux qui étaient encore trop jeunes, et qu’elle ne compte donc que quatre employés potentiels à temps partiel.

Alors Monsieur le Premier Ministre, vous croyez que c’est comme ça que je vais remplacer 40 travailleurs jamaïcains spécialisés en agriculture? Cette année s’annonçait déjà une année difficile avec le retard des travailleurs étrangers dû à la fermeture de la frontière canadienne. Le système peine actuellement à rattraper ce retard. Vous dites que c’est temporaire. Est-ce qu’il va falloir attendre que nos fraises et nos bleuets pourrissent dans les champs pour que vous nous redonniez l’accès à nos travailleurs?, peut-on lire dans la publication de la ferme.

La direction des P’tits Fruits de Pré-d'en-Haut conclut son message en demandant au premier ministre de lui laisser ses travailleurs étrangers temporaires. Ils sont essentiels, dit-elle.

Jusqu'à 3000 travailleurs étrangers temporaires, tous secteurs confondus, participent annuellement à l’économie du Nouveau-Brunswick

Avec des informations de Nicolas Steinbach

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