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Le parcours du tireur minute par minute de Portapique jusqu'à Enfield

Un mémorial a été érigé au siège social de la Gendarmerie royale du Canada pour rendre hommage aux 22 victimes de la tuerie de Portapique.

Un mémorial a été érigé au siège social de la Gendarmerie royale du Canada pour rendre hommage aux 22 victimes de la tuerie de Portapique. Une agente de 23 ans de service est tombée sous les balles du tireur.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Dix jours après la tuerie qui a coûté la vie à 22 personnes en Nouvelle-Écosse, un portrait plus clair du parcours du tueur se dessine.

Le samedi 18 avril

Quelque temps avant 22 h, un homme de 51 ans agresse une femme avec qui il entretient une relation amoureuse dans le quartier de Portapique. Les policiers reçoivent un appel au 911 au sujet d'une agression. La femme s'échappe dans les bois, où elle se cache pour la nuit.

Juste après 22 h  La GRC reçoit le premier appel au 911 concernant des coups de feu à Portapique.

Les frères Ellison sont en visite chez leur père à Portapique quand ils entendent la détonation d’un coup de feu vers 22 h et qu’ils remarquent la lueur des flammes d’un incendie dans le ciel.

Corrie Ellison sort pour investiguer. Quand Clinton Ellison voit que son frère tarde à revenir, il part à sa recherche. Il découvre le corps de Corrie en bordure de route et s'enfuit dans les bois, où il se cache durant quatre heures.

22 h 26  Des agents de la GRC arrivent sur les lieux et découvrent plusieurs victimes et des bâtiments incendiés.

Les agents trouvent un homme blessé par balle le long de la route de Portapique Beach, la seule route d'entrée et de sortie de la communauté.

Panneau routier de la route Portapique Beach et deux véhicules de police qui bloquent l'entrée de la route.

Portapique Beach est la seule route d'entrée et de sortie de la communauté habituellement tranquille de 100 habitants.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

La victime conduisait quand des coups feu ont été tirés dans sa direction par un individu qui passait dans une voiture de police. L'homme survit à ses blessures.

Selon les transmissions radio entre les ambulanciers et le répartiteur, la police trouve les premières victimes mortes au cours des cinq minutes suivantes.

22 h 35  Un habitant du quartier voit un véhicule s'éloigner de Portapique à travers un champ. La police pense maintenant que c'est le tireur qui est parti dans sa fausse voiture de la GRC.

23 h 12  Le tireur se dirige vers l'est, vers Debert, où il se gare dans une zone industrielle pour y passer la nuit. Il reste à cet endroit pendant plus de six heures.

23 h 32  La GRC de Nouvelle-Écosse annonce sur Twitter qu'elle répond à une plainte concernant des armes à feu à Portapique. Les gens sont priés d'éviter le secteur, de rester à l’intérieur de leur domicile et de verrouiller leurs portes.

La GRC ne se prononce pas publiquement sur la situation au cours des huit heures suivantes.

Les sept heures suivantes  La police trouve plusieurs maisons incendiées. Certaines victimes sont découvertes alors que la police vérifie différentes demeures à la recherche de survivants et du tireur.

D'autres policiers sont dépêchés sur place et des périmètres sont installés pour empêcher tout suspect de quitter la zone. La GRC du Nouveau-Brunswick est également présente.

La police identifie Gabriel Wortman, un homme de 51 ans qui possède trois propriétés dans la région, comme suspect dans la fusillade.

Une maison et un certain nombre de garages dont il est propriétaire sont en feu. La police apprend qu'il possède plusieurs véhicules qui ressemblent à des voitures de police.

Une voiture de police avec une flèche qui montre le numéro d'identification du véhicule.

Le tueur possédait quatre fausses voitures de police achetées dans des encans.

Photo : Gracieuseté - GRC

Deux répliques de véhicules de police ainsi qu'un troisième véhicule sont retrouvés en feu sur la propriété. La police apprend qu'il est en possession d'un pistolet et de fusils semi-automatiques.

De nombreux habitants sont mis en sécurité. Il y a sept endroits distincts dans une zone de 5 km carrés où 13 victimes sont retrouvées mortes.

Les victimes qui vivent dans la zone, selon les registres de propriété, sont :

  • Jolene Oliver, Aaron Tuck et leur fille, Emily Tuck
  • Jamie et Greg Blair
  • Peter et Joy Bond
  • Elizabeth Joanne Thomas et John Zahl
  • Lisa McCully
  • Dawn Madsen et Frank Gulenchyn

Le dimanche 19 avril

5 h 43  Le tireur quitte la zone industrielle de Debert et se dirige vers le nord, le long de l'autoroute 4, en direction de Wentworth.

6 h 29  Une vidéo montre le tireur entrant dans la zone de Wentworth, à environ 60 km au nord de Portapique. La police pense que, peu de temps après, il s'est rendu sur le chemin Hunter à West Wentworth, où il a tué deux hommes et une femme.

6 h 30  La police affirme que la petite amie du tueur est sortie de sa cachette dans les bois après avoir appelé le 911. En tant que témoin clé, elle dit à la police qu'il possède un uniforme authentique de la GRC, une réplique d'un véhicule de la GRC et plusieurs armes à feu, dont des pistolets et des armes d'épaule.

La GRC publie un avis de recherche à l’intention de tous les services de police de la Nouvelle-Écosse avec ces informations sur le tireur et sur son véhicule.

8 h 02  La police avertit sur Twitter que l’incident de Portapique implique un tireur en liberté (active shooter). On rappelle aux résidents de demeurer à l'intérieur.

À peu près au même moment, la GRC indique qu'une série d'appels au 911 provient du chemin Hunter à West Wentworth, à environ 60 km au nord de Portapique. Deux hommes et une femme sont tués, et une maison est incendiée.

Au moins deux des victimes, Alanna Jenkins et Sean McLeod, sont connues du tireur. Les voisins, Lisa Owen et Darrol Thurier, entendent des coups de feu et voient la maison du couple en feu.

Un coeur rouge sur lequel sont écrits les noms des victimes.

Mémorial portant le nom des victimes, le 25 avril 2020 en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Héloïse Rodriguez-Qizilbash

Vers 8 h 45  Le fils de Lisa Owen et de Darrol Thurier leur dit qu'il a vu leur voisin, Tom Bagley, étendu mort près de l'incendie de la maison du chemin Hunter.

8 h 54  La police publie une photo du suspect sur Twitter et déclare qu'il est considéré comme armé et dangereux. La GRC ajoute qu'il y a plusieurs victimes, mais ne donne pas de détails sur l’état de santé de ces personnes, à savoir si elles sont blessées ou mortes.

9 h 23  Une nouvelle vidéo montre le tireur quittant Wentworth, environ trois heures après son arrivée.

9 h 43  Le tireur continue sa cavale meurtrière vers le sud sur l'autoroute 4. Il tue une femme, Lillian Campbell Hyslop, qui marche le long de l'autoroute dans la vallée de Wentworth. Un appel au 911 est reçu pour signaler sa mort.

9 h 48  Le tireur conduit ensuite pendant environ 20 minutes vers le sud jusqu'à une résidence située sur l'autoroute 4 dans la région de Glenholme. Il frappe à la porte, réveillant les résidents. Ceux-ci appellent le 911 et identifient le suspect auprès de l'opérateur, puisqu'ils le connaissent. Ils disent qu'il a un fusil et qu'il conduit une voiture de police. Ils ne répondent pas à la porte et le suspect quitte les lieux.

Une carte de la Nouvelle-Écosse montrant le parcours du présumé responsable de la tuerie de Portapique.

Le suspect a parcouru plus de 100 kilomètres avant d'être intercepté à Enfield.

Photo : Radio-Canada / GRC

10 h 04  Sur Twitter, la GRC demande aux gens d'éviter l'autoroute 4 près du camping Hidden Hilltop à Glenholme, car le tireur est dans le secteur

10 h 08  Le tireur poursuit sa route vers le nord sur l'autoroute 4, et atteint le chemin Plains dans la communauté de Debert, près de l'endroit où il avait passé la nuit.

Il intercepte une voiture et tue une personne à l'intérieur. Il continue sur l'autoroute 4 et s'empare d'un deuxième véhicule.

Les victimes sont Kristen Beaton et Heather O'Brien.

10 h 15 à 10 h 20  Le tireur traverse Onslow et la région de Truro sans s'arrêter.

10 h 17  Pour la première fois, la police annonce publiquement, via Twitter, que le tireur pourrait conduire un véhicule ressemblant à une voiture de la GRC et porter ce qui semble être un uniforme de la GRC.

10 h 21  La police indique, toujours sur Twitter, que le tireur a été aperçu dans la région de Debert et d’Onslow, à environ 30 km à l'est de Portapique.

10 h 25  Une personne qui semble être le tireur est vue sur une vidéo de surveillance prise depuis un stationnement extérieur à Millbrook.

10 h 28  Le tireur continue vers le sud sur l'autoroute 2 sur une distance de 6,5 km.

10 h 32  Il passe devant une station-service dans la région de Brookfield.

10 h 49 - Deux agents de la GRC, Heidi Stevenson et Chad Morrison, organisent une rencontre à Shubenacadie, à l'intersection de la route 2 et de la route 224. L'endroit est situé à environ 70 km au sud-est de Portapique.

Le gendarme Chad Morrison pense que la voiture de la GRC qui s'arrête à côté de lui est celle de sa collègue Heidi Stevenson, mais il s’agit plutôt de celle du tireur, qui ouvre le feu. Chad Morrison s'enfuit et informe le détachement qu’il est blessé.

Le tireur se dirige vers le sud sur l'autoroute 2. Heidi Stevenson entre en collision avec le véhicule du tueur, qui lui tire dessus. La policière succombe à ses blessures.

Un homme, Joey Webber, passe en voiture et arrive sur les lieux. Le tireur le tue lui aussi. Il met alors le feu à sa fausse voiture de patrouille et à la voiture de police de la gendarme Heidi Stevenson. Il prend possession du véhicule de Joey Webber.

Un imposant mémorial rempli de fleurs, de ballons, de drapeaux et de messages de condoléances installés au bord d'une route.

Le mémorial de Portapique continue de prendre de l'expansion une semaine après la tragédie.

Photo : Radio-Canada / Héloise Rodriguez-Qizilbash

11 h 06  La GRC écrit sur Twitter que le tireur pourrait conduire un VUS argenté et se diriger vers le sud sur la route 102 à partir de Brookfield, qui se trouve à plus de 20 km au nord de Shubenacadie.

Le tireur emprunte l'autoroute 2 à partir de Shubenacadie et s'arrête dans une maison du côté est de la route. Il connaît la propriétaire, Gina Goulet. Il la tue.

La police dit qu'il enlève les vêtements de la GRC qu'il porte et transfère ses armes dans la Mazda 3 de Gina Goulet. Il part au volant de la voiture de sa dernière victime.

Un mémorial érigé en mémoire de Gina Goulet.

Un mémorial érigé en mémoire de Gina Goulet.

Photo : Radio-Canada / Graham Thompson

11 h 24 - La GRC met à jour son fil Twitter et informe la population que le tireur conduit maintenant un Tracker Chevrolet. Ils disent qu'il a été vu pour la dernière fois à Milford, juste au sud de Shubenacadie. À cette heure-là, le tireur conduit déjà la Mazda 3 de Gina Goulet.

11 h 23 - Il continue de rouler vers le sud sur la route 102 et s'arrête à la station-service Irving Big Stop à Enfield, à environ 92 km au sud de Portapique.

Quatre policiers derrière un véhicule, pointant leurs armes.

La traque du suspect s'est terminée à une station-service d'Enfield, en Nouvelle-Écosse, le 19 avril 2020.

Photo : La Presse canadienne / Tim Krochak

C'est à cette station d'essence que les officiers se trouvent pour faire le plein. Un officier sort de son véhicule et la police dit qu’il y a une altercation. Le suspect est tué par balle à 11 h 26.

Au total, le tireur a parcouru au moins 155 km durant sa cavale. Des 22 victimes, 13 ont été tuées par balle et les 9 autres par incendie. Le tireur a aussi tué des animaux. Il a utilisé plusieurs armes de poing et deux fusils semi-automatiques. La police cherche toujours à retracer la provenance des armes.

Ce qu’on sait sur le tireur :

  • Il passait plus de temps à sa résidence de Portapique et semblait avoir délaissé celle de Dartmouth.

  • Son intérêt pour l'univers policier de la GRC datait de longtemps.

  • Il possédait quatre voitures de police achetées dans des encans.

  • C'était connu de plusieurs personnes; il ne s'en était jamais caché.

  • Il avait des liens de famille avec des membres de la GRC à la retraite

  • Ces anciens membres ont été interrogés.

  • La police n'a pas de raison de croire que le tireur aurait pu recevoir de l'aide d'anciens membres de la GRC.

Dans son enquête, la GRC est appuyée par la police d'Halifax, les Forces armées canadiennes et l'Agence des services frontaliers du Canada.

Avec les informations de Geneviève Normand et de CBC

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