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Écoles surpeuplées et vétustes : des parents montréalais craignent le retour en classe

La porte grillagée d'une cour d'école fermée.

Les écoles primaires du Grand Montréal doivent rouvrir dès le 19 mai.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Des parents montréalais sont inquiets devant la perspective du retour en classe des élèves du primaire, en raison du surpeuplement de nombreuses écoles et de la vétusté de certains bâtiments, entre autres problèmes.

En entrevue à Midi info, Marc-Étienne Deslauriers, président du comité de parents de la CSDM, a fait part de son inquiétude devant les nombreuses inconnues qui subsistent dans le plan de déconfinement présenté par le gouvernement Legault lundi.

Je suis très déçu qu’on n’ait pas entendu le ministre [de l'Éducation, Jean-François Roberge] nous parler des réalités spécifiques des écoles montréalaises. Il n’y a pas un mot qui a été dit sur les écoles surpeuplées, la défavorisation, la pénurie de personnel, l'hygiène dans les bâtiments en mal d'entretien, a-t-il déploré.

On a été programmés à la peur du coronavirus. Maintenant, on a besoin de comprendre comment la reprise de la vie normale va se réaliser concrètement dans les écoles.

Une citation de :Marc-Étienne Deslauriers, président du comité de parents de la CSDM

Distanciation et désinfection

M. Deslauriers remet tout particulièrement en question la possibilité de faire respecter la distanciation physique de deux mètres entre les élèves alors que beaucoup d'écoles sur le territoire montréalais sont déjà en manque d'espace. Il n’y en a pas beaucoup des classes dans les écoles de Montréal qui permettent d’avoir 15 élèves qui ne se touchent pas à l’intérieur de ces deux mètres là.

Il craint donc que la limite de 15 élèves par classe ne puisse être respectée, faute d'espace. Si on a moins d’élèves par classe, ça veut dire qu’on va devoir les mettre ailleurs dans l’école ces élèves-là, devant d’autres adultes. Donc, on a besoin de savoir si on a assez de membres du personnel pour accueillir tous les enfants, a-t-il noté.

Sarah Larochelle, enseignante en sixième année du primaire dans une école en banlieue de Montréal, abonde dans le même sens que lui.

J'ai un gros doute sur la possibilité de mettre en place le deux mètres. J'ai hâte d'entendre comment on va faire pour mettre ça en place.

Une citation de :Sarah Larochelle, enseignante

Mme Larochelle affirme avoir hâte de retrouver ses élèves, mais pas sans inquiétude, notamment en ce qui a trait à la désinfection des lieux. Je vais avoir une grande part de responsabilité. Ça ne me fait pas peur, mais j'espère qu'on va me fournir les moyens, a-t-elle dit.

Pascale Lavoie enseigne elle aussi à Montréal. Elle aussi a des doutes, mais elle dit faire confiance à ses élèves. J'ai confiance en eux, leur gros bon sens, ça fait six semaines qu'ils sont confinés, ils en entendent parler, a-t-elle affirmé.

Un dilemme impossible pour les parents

Selon Marc-Étienne Deslauriers, il reste encore de nombreuses questions, et on n'est même pas certain de savoir à qui on doit les adresser. Le président du comité de parents de la CSDM fait ainsi écho à de nombreux syndicats qui se sont dits inquiets pour la sécurité de leurs membres depuis l'annonce du plan de déconfinement.

Ça ne peut pas rassurer les parents de savoir que les adultes qui seront les responsables de nos enfants pendant qu’ils seront à l’école ont eux-mêmes des questions, a ajouté M. Deslauriers.

Les élèves du primaire à Montréal doivent effectuer leur retour en classe le 19 mai, soit une semaine plus tard que dans le reste du Québec. Comme leur présence n'est toutefois pas obligatoire d'ici la fin de l'année scolaire, il revient aux parents de décider s'ils renverront leurs enfants sur les bancs d'école ou non.

On place certains parents, souvent dans les familles les plus vulnérables, devant un dilemme moral impossible : devoir choisir entre la santé des membres de sa famille, son travail ou l’éducation de ses enfants.

Une citation de :Marc-Étienne Deslauriers, président du comité de parents de la CSDM

Si on veut demander aux parents de prendre cette décision, on doit nous présenter toutes les conditions dans lesquelles ça va se faire, a-t-il ajouté.

Au sein même des familles, le dilemme peut d'ailleurs créer des dissensions. Evelyne Payette et son conjoint ne savent pas encore s'ils enverront leurs deux enfants à l'école. On est très ambivalents. On n'a pas la même opinion, les deux parents, tout à fait, a confié la mère.

Moi, je trouve qu'on ne nous donne pas beaucoup d'informations pour prendre notre décision [...] Je trouve que, quelque part, on se dédouane sur le dos des parents, a-t-elle affirmé.

Avec les informations de Jean-Philippe Robillard et Mathieu Belhumeur

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