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Une fin de secondaire sans strass ni paillettes

Des jeunes en tenue de soirée.

Des finissants de la polyvalente de Matane avaient revêtu leurs tenues de soirée pour leur bal en juin 2019.

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis_Rad

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La fin abrupte de l’année scolaire pour les élèves du secondaire, officialisée lundi par l’annonce de la fermeture des écoles secondaires jusqu’en septembre, fait mal à de nombreux finissants. Ceux-ci n’auront pas l’occasion de dire au revoir à leurs amis et camarades, et certains reprochent cette situation au gouvernement Legault.

Point d’orgue d'un florilège d’adieux à la fin du cycle des études secondaires, la tradition du bal des finissants en prend pour son rhume.

Impensable, en effet, d’organiser un grand rassemblement de centaines d’élèves en un seul endroit, puisque le premier ministre du Québec insiste pour que les mesures de distanciation sociale soient respectées pendant encore longtemps, et ce, malgré la relance d’une partie des activités économiques.

Les adolescents devront donc remiser nœuds papillon, paillettes et robes de soirée, au moins pendant l’été. À la Commission scolaire de Montréal (CSDM), par exemple, cette célébration de la fin du secondaire a été annulée dès la fin du mois de mars […] dans le contexte de la COVID-19 et dans le respect des consignes de la santé publique, mentionne Alain Perron, responsable des relations de presse.

La CSDM précise également que les frais de participation aux célébrations, par exemple, seront remboursés, et qu’il n’y aura pas d’impact financier pour les élèves.

Impossible de savoir si les bals seront reportés à l’automne, en raison de l’horizon incertain, mais nous pourrons regarder, avec les directions du secondaire, la possibilité de tenir un événement à l’automne, pour les élèves de la 5e secondaire, afin de souligner ce passage, mentionne encore M. Perron.

A-t-on tenu compte des élèves du secondaire?

Pour Florance Bourassa, une finissante qui allait à l’école à Drummondville, cette année scolaire se termine en queue de poisson. J’ai reçu des messages textes de mes amies qui étaient en pleurs, parce que nous ne pourrons pas nous revoir avant la fin de l’année… J’ai été déçue que je ne puisse jamais retourner suivre des cours à mon école, indique-t-elle au bout du fil.

Je me suis aussi sentie oubliée. On parle beaucoup des personnes âgées, des travailleurs essentiels, des enfants de la garderie et du primaire, mais j’ai l’impression que les finissants du secondaire n’ont pas été considérés dans ces décisions. Je me suis sentie oubliée et impuissante.

Si la jeune fille garde contact avec ses amis grâce aux réseaux sociaux depuis le début du confinement, elle précise que le bal aurait notamment permis d’être tous ensemble, une dernière fois. J’ai plein d’amis qui s’en vont à Saint-Hyacinthe, à Montréal, à Québec; ce sont probablement des gens que je ne reverrai jamais.

La pilule est d’autant plus difficile à avaler que la jeune fille collaborait avec le comité organisateur du bal des finissants. Si elle n’avait pas déjà acheté sa robe pour le grand soir, certaines de ses amies, elles, avaient déjà dépensé jusqu’à 500 $ pour trouver la robe idéale. Quant à Florance, elle devra annuler tous les rendez-vous pris pour se faire faire les ongles et les cheveux en vue du bal.

On aurait aimé pouvoir clore notre secondaire comme toutes les cohortes des autres années.

Et un bal reporté à l’automne aura probablement moins d’impact sur notre vie, d’autant plus que rien ne garantit que l’événement aura bel et bien lieu.

C’est surtout de la déception, souligne-t-elle.

Un choc et des larmes

Léanne Beaudoin, de son côté, a voulu faire parvenir une longue missive au premier ministre Legault.

Je ne vous le cacherai pas, lorsque vous avez annoncé que ce serait seulement les écoles primaires qui allaient rouvrir, nous étions tous choqués. Certains d’entre nous ont versé des larmes, d’autres vivaient une grande colère, peut-on lire dans ce message publié sur Facebook, et qui a été repris par d’autres jeunes internautes se trouvant dans la même situation.

Pour les adolescents, le côté social est tout aussi important que celui des jeunes enfants dans notre développement. Bien sûr nous avons les réseaux sociaux, mais plus le temps passe, plus un vide se fait dans ma vie. Voir une personne physiquement est tellement plus gratifiant qu’au travers d’un écran. Nous avons besoin de nous confier avec nos amis, d’avoir des moments de bonheur, pouvoir rire aux éclats, vivre notre peine ensemble, poursuit Léanne Beaudoin.

Certains prennent toutefois la situation avec philosophie. Étienne Massicotte se disait ainsi qu’il n’était pas logique que nous retournions [à l'école] dans les prochaines semaines […]; l’année achevait, de toute façon.

S’il s’avoue lui aussi déçu, il envisage surtout le moment, après, où nous pourrons tous nous retrouver.

Je suis convaincu qu’il y a des activités qui s’organiseront, et j’ai hâte, ajoute-t-il.

Cela pourrait être un bal, dit-il, ou simplement se retrouver d’une autre façon. Ce n’est donc que partie remise, juge-t-il.

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