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Montréal encourage le port d’un couvre-visage, mais ne le rendra pas obligatoire

Valérie Plante au micro.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La santé publique de Montréal recommande fortement le port d’un couvre-visage aux résidents lorsqu'ils se déplacent ou sont dans les endroits où la distanciation physique se révèle impossible.

La directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, a donné cette consigne lors d’un point de presse conjoint avec la mairesse Valérie Plante cet après-midi.

Selon elle, le port d’un couvre-visage doit désormais devenir une nouvelle norme sociale. Il s’agit d’une mesure de protection complémentaire.

Je demande à la population, quand vous êtes dans des commerces, quand vous êtes dans des endroits publics où la distanciation est difficile, le transport en commun, et ultimement quand les milieux de travail vont rouvrir, […] de porter un couvre-visage, a lancé la spécialiste.

La Dre Drouin a admis qu’elle n’entendait pas rendre le port d’un couvre-visage obligatoire. Ainsi, pas de mesures de contrôle et aucune contravention en vue. Rendre obligatoire amène aussi des effets pervers ou des effets négatifs. Cela fait en sorte que certaines populations qui n’ont peut-être pas la capacité de se procurer [un couvre-visage] pourraient être marginalisées ou pénalisées. […] On n’est vraiment pas dans un esprit de coercition à ce moment-ci, a-t-elle déclaré.

Pour sa part, la mairesse Valérie Plante a indiqué que son administration a commandé 50 000 couvre-visages lavables et réutilisables qui seront remis gratuitement aux organismes œuvrant auprès des populations vulnérables. La distribution devrait débuter sous peu.

De plus, elle invite les citoyens qui préfèrent se confectionner un masque au lieu de s’en acheter un à se rendre sur le site Internet du ministère de la Santé, où les étapes sont clairement décrites pour s’en faire un soi-même, avec ou sans coutures.

État de la situation

Le plus récent bilan de la santé publique fait état de 12 487 personnes ayant un diagnostic officiel de COVID-19, soit 450 cas de plus depuis les 24 dernières heures.

On voit clairement qu’on a une certaine stabilité quotidienne en termes de nouveaux cas.

Dre Mylène Drouin

On dénombre 1039 décès au total pour la région montréalaise, soit 56 décès de plus que lundi. Notons que la majorité (80 %) des décès sont survenus en CHSLD ou en résidence pour personnes âgées.

Nous avons une certaine stabilité depuis la semaine dernière tant au niveau des nouvelles hospitalisations que des nouvelles admissions aux soins intensifs, ce qui est quand même un signe encourageant, a affirmé la Dre Drouin.

Néanmoins, certaines courbes épidémiques sont plus prononcées sur le territoire de l’île de Montréal. C’est entre autres le cas de Montréal-Nord, du quartier Saint-Michel et de Rivière-des-Prairies, qui sont désignées comme des zones chaudes.

La particularité montréalaise

La Dre Mylène Drouin explique qu’il existe plusieurs conditions pour entreprendre « un déconfinement sécuritaire et réussi ». Celui-ci se caractérise par l’absence d’une deuxième vague et la maîtrise des éclosions, ce qui n’entraînera pas un reconfinement de la population.

Les critères sont les suivants :

  • la transmission du virus doit être maîtrisée;
  • le système de santé doit avoir la capacité de traiter et d'isoler les gens atteints, de détecter les foyers d'éclosion et de les contrôler;
  • les « brigades de prévention » doivent être en mesure d'éviter des éclosions;
  • et la population doit respecter les consignes de santé publique.

Ainsi, au cours des trois prochaines semaines, les autorités sanitaires s’affaireront à s’assurer que toutes ces conditions soient respectées.

Montréal est l'épicentre de la pandémie au Canada. Ses particularités forcent les autorités à déconfiner de façon progressive. Elles doivent tenir compte du nombre élevé de cas, d’un volume important de cas et de contacts à examiner, d'une forte densité et d'une grande mobilité de la population et des clientèles plus vulnérables.

Considérant qu'il existe des zones chaudes dans la métropole, la direction de la santé publique de Montréal n'exclut pas de devoir moduler la réouverture en se basant sur la réalité de certains secteurs jugés plus à risque.

Le plan de Québec

Mme Plante accueille favorablement le plan du gouvernement Legault de réouverture graduelle de trois secteurs clés de l'économie québécoise : le commerce de détail, la construction et l'industrie manufacturière.

Selon elle, « un bon équilibre » a été trouvé entre la réouverture des écoles et de certaines activités économiques.

Elle salue l’attention particulière qui a été accordée à la situation montréalaise. La municipalité bénéficie d'une semaine supplémentaire pour se préparer à la relance. La semaine dernière, j’avais émis un souhait à ce que cela soit fait pas mal en même temps. À une semaine de décalage, je pense que c’est tout à fait opportun. Avec les données qui proviennent de la santé publique, je pense que c’était la bonne chose à faire, a-t-elle estimé.

Elle ajoute : Si la situation épidémiologique devait changer ou si on n’était pas en mesure d’assurer les conditions gagnantes à cette reprise, nous allons nous ajuster en fonction des directives de la santé publique et du gouvernement.

Un plan pour l'été

La mairesse a également fait savoir que son équipe travaille sur un plan visant à encadrer les activités pendant la saison estivale.

On prépare différents scénarios. Cela touche la question des camps de jour et les aires de jeu, entre autres choses. Mais cela touche également l’espace public. Je pense aux parcs, mais il y a également des opportunités peut-être de rendre certains tronçons [de rues] disponibles seulement pour les piétons, a-t-elle indiqué.

Elle a dit qu’il est trop tôt pour se prononcer sur la réouverture des bibliothèques, des parcs pour enfants, et des terrains sportifs.

Par ailleurs, Mme Plante a reconnu que l’opération de nettoyage des rues de la métropole s’effectuera cette année avec un mois de retard. Cependant, elle a dit que les opérations s’intensifieront à compter du 1er mai et que le gros du travail s'effectuera une fois que l’alternance de stationnement sera en vigueur.

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