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Un policier fait un point de presse près d'un écran qui affiche une carte satellitaire et des photos d'un uniforme de police.

L'agent Darren Campbell fait le point, le 28 avril 2020, sur l'enquête de la GRC concernant la tuerie qui a fait 22 morts en Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Des entrevues avec plus de 200 témoins et la révision d'images captées par plusieurs caméras de surveillance ont permis à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de faire progresser « de manière significative » son enquête sur la tuerie qui a coûté la vie à 22 personnes dans le nord de la Nouvelle-Écosse, il y a maintenant 10 jours.

En point de presse mardi, la GRC a affirmé avoir un portrait plus clair du drame qui est survenu les 18 et 19 avril à Portapique et dans quatre communautés avoisinantes.

L’enquête est loin d’être terminée, mais nous avons réalisé d’importants progrès jusqu’à maintenant, a dit Darren Campbell, responsable des Services de soutien de la GRC en Nouvelle-Écosse.

Le tireur ne fera jamais face à la justice. Toutefois, nous avons l’obligation de mener notre enquête selon les mêmes normes que s’il avait à être cité à procès.

Darren Campbell, responsable des Services de soutien de la GRC

L'ampleur de l'enquête s'annonçait déjà importante, étant donné les 16 scènes de crime déterminées par la police. Selon l'agent Campbell, cinq de ces scènes sont toujours en examen, autour de Portapique.

Pour vous donner une idée de la portée de l’enquête, nous avons identifié plus de 435 témoins jusqu’à maintenant, et nous avons interrogé la moitié d’entre eux, a précisé le policier. Nous nous attendons à ce que la liste s’allonge.

À l'aide de ces nombreux témoignages, ainsi que des images de vidéosurveillance, dont certaines sont toujours en cours d'analyse, la police a reconstitué un peu plus précisément le parcours du tireur.

La police sait notamment qu'il a commis ses premiers meurtres avant 22 h, le soir du 18 avril. Ses agents sont arrivés à 22 h 26 à la résidence de Portapique où cette première série d'homicides s'est déroulée.

Un témoin a permis à la police d'établir qu'à 22 h 35, le tireur a conduit son véhicule – une réplique d'une autopatrouille de la GRC – à travers un champ pour quitter Portapique. Vers 23 h 10, il est arrivé dans un secteur industriel près de Debert, où il a passé la nuit.

Impossible toutefois de dire, pour le moment, ce qu'il y a fait. Mais la GRC a affirmé que le tireur semblait avoir une certaine connaissance de ces lieux, qu'il a quittés à 5 h 45 pour commettre une seconde série de meurtres, jusqu'au moment où il a été abattu par des agents, vers 11 h 40, le 19 avril, à Enfield.

Une photo présentée sur un écran montre un homme en train de retirer une veste de police, près de ce qui ressemble en tout point à une voiture de la GRC, sur le bord d'une route rurale.

Pendant son point de presse, la GRC a notamment présenté cette image du tireur au moment où il changeait de vêtements, tout près de sa réplique d'une autopatrouille.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Intérêt de longue date pour la GRC

Les entrevues que les agents de la GRC ont menées auprès de nombreux témoins ont également permis d'établir que le tireur avait un intérêt marqué pour la GRC, et ce, depuis longtemps.

La police a aussi authentifié les pièces d'uniforme qu'il portait, soit une chemise et un pantalon. Les autorités n'ont toutefois pas été en mesure de dire où il avait pu se les procurer.

Il avait des uniformes de plusieurs organisations policières, a fait savoir l'agent Darren Campbell.

Concernant les quatre répliques d'autopatrouilles que possédait le tireur, la GRC estime qu'il s'agit d'anciens modèles provenant de sa flotte.

Selon la police, il aurait acquis celui qu'il a utilisé pendant une partie de sa cavale au cours d'une vente aux enchères à l'automne 2019. C'est également à cette époque qu'il aurait fait poser les gyrophares et les décalques à l'image de la GRC.

Il ne cachait pas le fait qu’il collectionnait des voitures de police, mais nous n'avons pas découvert d’informations selon lesquelles la police était au courant, a précisé M. Campbell.

Nous avons fait 20 requêtes judiciaires pour essayer de déterminer où il a acquis son équipement, a-t-il ajouté, en qualifiant cette portion de l'enquête de priorité.

On avance dans cet aspect de l'enquête, a-t-il également affirmé.

Une enquête publique réclamée

De nombreuses questions restent toutefois en suspens au sujet de ce drame qui s'est déroulé sur plusieurs heures, les 18 et 19 avril derniers.

Lundi, l'époux d'une des victimes a demandé aux autorités provinciales de garantir la tenue d'une enquête publique sur la réponse policière, notamment concernant le mode de communication choisi par la GRC pour informer la population qu'un tireur était actif et en cavale.

La GRC a priorisé les réseaux sociaux pour demander à la population de se confiner.

Depuis, plusieurs voix se sont élevées pour signaler que tous n'utilisent pas nécessairement Twitter, et qu'une alerte d'urgence provinciale – qui serait apparue sur les téléphones intelligents et les écrans de télévision – aurait dû être lancée.

Par ailleurs, pendant son point de presse mardi, Darren Campbell a tenu à offrir une précision.

Dans les jours suivant le drame, il avait qualifié la violente dispute entre le tireur et sa petite amie, ainsi que l'agression de cette dernière, d'élément déclencheur de la tuerie, la pire qu'ait connue le Canada au cours de son histoire moderne.

J’ai utilisé ce mot pour signifier que c’était la première agression significative d’une longue série survenue ce soir-là et le lendemain, a-t-il expliqué. Je ne voudrais pas laisser à quiconque l’impression que la victime de cette agression avait quoi que ce soit à voir avec les actions subséquentes du tireur.

Je ne veux pas être mal compris concernant un quelconque blâme de la victime, a-t-il ajouté.

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