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Le chef de la police d'Ottawa dégoûté par un mème qu'il qualifie de raciste

Un mème affichant 13 policiers d'Ottawa noirs ou asiatiques. Un texte est mentionne qu'au « Service de police d'Ottawa : nous embauchons toujours... n'importe qui ».

Le chef du Service de police d'Ottawa a lancé une enquête interne pour déterminer qui a créé ce mème.

Photo : Courtoisie

CBC

Le chef du Service de police d'Ottawa (SPO) a lancé une enquête interne pour déterminer qui est à l’origine de ce qu'il qualifie de « mème dégoûtant et raciste », une photo qui circule au sein du corps policier.

Peter Sloly a déclaré lundi après-midi qu’il a eu vent de l’existence du mème au cours des dernières 24 heures. Ce sont d’autres policiers qui lui auraient fait parvenir la photo. CBC a obtenu une copie du mème et a pu s’entretenir avec des membres actifs et retraités du SPO qui l'ont reçu par texto ou par des applications de messagerie comme WhatsApp.

Le collage photo représente 13 policiers, dont la plupart sont des minorités visibles. Les mots Service de police d'Ottawa - Nous embauchons constamment... n'importe qui , se retrouvent sur le montage.

Un mème est une photo ou une vidéo accompagnée d'un texte normalement à saveur humoristique.

Peter Sloly dans une mêlée de presse.

Le chef du Service de police d'Ottawa Peter Sloly (archives)

Photo : Radio-Canada / Lorian Bélanger

[Le mème] vise un certain nombre de membres racisés au sein du service, a expliqué Peter Sloly lors d'une réunion virtuelle de la commission des services policiers d'Ottawa. C'est un acte de racisme flagrant et c'est inacceptable.

C'est une preuve supplémentaire qu’il est temps de faire une révision sérieuse de notre culture, de notre éthique et de notre code de conduite. Nous ne pouvons plus ignorer cette situation.

Peter Sloly, chef du Service de police d'Ottawa

Le chef du corps policier qualifie la distribution du mème de revers important dans la tentative du SPO de bâtir des liens solides avec les communautés culturelles.

Le co-président du Conseil sur l'équité police-collectivité, un groupe de travail qui a pour mandat d'appuyer le Service de police d’Ottawa afin qu’il puisse mieux travailler avec les collectivités racialisées, se dit déçu de cette nouvelle. À l’intérieur de la police c’est certainement démoralisant pour toutes les communautés qui sont de minorités visibles, affirme Gérard Étienne.

Ce dernier estime que la population comprendra que c’est un incident isolé, mais admet que la culture doit changer au sein du corps policier.

Des policiers accusés se retrouvent sur la photo

Trois des agents qui apparaissent dans le mème ont récemment été accusés par la GRC dans un présumé complot de dépanneuse.

D'autres font face à des accusations criminelles, notamment de voies de fait, ou ont été condamnés pour des infractions comme conduite avec facultés affaiblies et présence illégale dans une maison d’habitation. Certains de ces agents font face à des accusations en vertu de la Loi sur les services policiers.

Le mème comprend également une photo du chef adjoint Uday Jaswal, actuellement suspendu avec salaire en raison d'une enquête pour harcèlement sexuel présumé.

Deux des treize agents mentionnés dans le mème n'ont été accusés de rien : Kal Ghadban, un sergent-chef respecté qui s'est suicidé en 2014, et le constable Khoa Hoang, qui a déposé une plainte pour atteinte aux droits de la personne contre le Service de police d'Ottawa, alléguant un racisme systémique au sein de l’organisation.

Par ailleurs, le chef du corps policier admet que l’enquête aura ses limites. Même si le mème a été partagé sur des applications et des dispositifs externes, le SPO est limité quant aux informations auxquelles il pourra avoir accès.

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