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La Chambre des communes choisit Zoom pour ses rencontres virtuelles

Le Parlement se servira d’une version reconfigurée de Zoom qui possède différentes fonctions de sécurité, selon le bureau du président.

Une photo d'un écran d'ordinateur où se tient une vidéoconférence de parlementaires du Canada.

Une séance d’essai de rencontre virtuelle de la Chambre s’est déroulée lundi.

Photo : Twitter @michellerempel

CBC News

Les travaux de la Chambre des communes du Canada reprendront mardi de manière virtuelle sur Zoom, une plateforme de vidéoconférence qualifiée de « désastre sur le plan de la protection de la vie privée » par des spécialistes en cybersécurité.

Zoom connaît, depuis le début de mars, une explosion de sa popularité en raison de la généralisation du télétravail et de la distanciation sociale, mais son chemin a été parsemé d’embûches.

Le terme « Zoom-bombing » est entré dans le lexique après que des cours et des services religieux tenus sur la plateforme eurent été interrompus par des indésirables partageant des images choquantes, racistes ou vulgaires.

Des techniques de chiffrement non conformes

Alors que certains des problèmes rapportés ont été réglés avec des mises à jour, une équipe de recherche du Citizen Lab de l’Université de Toronto a découvert que Zoom employait des techniques de chiffrement non conformes aux normes de l’industrie.

Le Citizen Lab avance que la plateforme ne se sert pas réellement du chiffrement de bout en bout, et que le personnel de Zoom aurait la capacité théorique de déchiffrer et de surveiller les appels.

Une personne tient un téléphone intelligent qui affiche le logo de l'application Zoom.

Si 10 millions de personnes se servaient de Zoom en décembre 2019, le service compte aujourd’hui plus de 200 millions d’utilisateurs et d’utilisatrices.

Photo : sopa images/lightrocket via gett / SOPA Images

De plus, les clés de cryptage de Zoom – une suite aléatoire de chiffres et de lettres – passaient parfois par des serveurs chinois, même lorsque toutes les personnes participant à la rencontre se trouvaient hors de la Chine. Zoom a répondu à cette révélation en expliquant que la surcharge sur ses serveurs l’avait contrainte à faire transiter du trafic par la Chine et s’est engagée à changer le fonctionnement de ses serveurs.

Alors que des négociations d’affaires, des conférences diplomatiques et des rencontres politiques se tiennent maintenant sur Zoom, le rapport décrit l’usage généralisé de la plateforme comme une ruée vers l’or pour les cyberespions.

Certaines des conversations les plus confidentielles au monde se tiennent sur des appareils et des plateformes vulnérables à des stratégies de base d’écoute illicite et d’attaques, peut-on lire dans le rapport, qui recommande aux gouvernements inquiets quant à l’espionnage d’éviter Zoom.

Une autre version au Parlement

Pour répondre à ces préoccupations de sécurité, la Chambre des communes aura recours à une version reconfigurée de Zoom, qui possède des fonctions de sécurité différentes des versions gratuite ou payante existantes, affirme la porte-parole du président de la Chambre, Anthony Rota.

Cette version permet à l’administration de gérer et de configurer la technologie pour imposer des contrôles de sécurité plus stricts, dit Heather Bradley dans une déclaration écrite.

Nous travaillons de près avec des partenaires de sécurité nationaux et internationaux ainsi que des chefs de file de l’industrie technologique. Nous voulons nous assurer que toutes les mesures appropriées sont en place.

Mme Bradley ajoute que la confidentialité n’est pas une exigence, puisque la plupart des délibérations parlementaires sont publiques.

Une séance d’essai s’est déroulée lundi. La cheffe parlementaire du Parti vert, Elizabeth May, rapporte que l’expérience était extrêmement bonne et que rien de malencontreux ne s’était produit.

Elizabeth May, de profil, parle au micro.

Elizabeth May a apprécié son expérience de Chambre virtuelle sur Zoom.

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Si ce n’était pas pour la pandémie, personne ne dirait que des rencontres Zoom sont une bonne solution de rechange à la vraie Chambre des communes. Mais c’est une très bonne option, et je crois que ça fonctionne bien, dit-elle.

Mme May confirme par ailleurs que le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre étudiera la question de Zoom dans les prochains jours.

Je ne voudrais pas que le cabinet fasse des rencontres sur cette plateforme, mais [les travaux de la Chambre] sont publics, donc je ne suis pas inquiète, soutient-elle. Mais idéalement, j’aimerais qu’on développe les moyens de communication parmi les plus sécuritaires.

Trudeau et son cabinet n’utilisent pas Zoom

Si la Chambre des communes et le Sénat se servent de cette nouvelle plateforme, le premier ministre, Justin Trudeau, et son cabinet n’y ont pas recours pour leurs rencontres et leurs discussions privées.

Selon le bureau du premier ministre, l’équipe utilise plutôt des technologies sécurisées qui soutiennent pleinement les conversations au niveau de classification appropriée. Le logiciel en question n’a pas été spécifié pour des raisons de confidentialité.

Le Centre de la sécurité des télécommunications (CST) affirme que le Centre canadien pour la cybersécurité n’a pas encore passé Zoom en revue. Cela veut dire que l’application n’a pas été approuvée pour être utilisée pour quelconque discussion qui exige une certaine confidentialité.

Selon les informations de John Paul Tasker

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