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Des touristes étrangers désobéissent aux mesures pour chasser les icebergs

Un iceberg dans la région de Bonavista en 2018.

En temps normal, les touristes affluent dans la région de Bonavista, à Terre-Neuve, pour voir les icebergs. En temps de pandémie, la présence de ces visiteurs sème l'inquiétude.

Photo : Gracieuseté - Marie Isabelle Rochon

Être à Bonavista au printemps, c’est être au pays des icebergs. En temps normal, le village terre-neuvien attire des touristes de partout à travers le monde cherchant à voir ces gigantesques blocs de glace.

Mais ce printemps, en pleine pandémie, l’arrivée de ces visiteurs venus de loin - et ce malgré les nombreuses restrictions annoncées par les autorités provinciales - présente d’énormes risques pour la population.

Le maire de Bonavista, John Norman, note que la première vague de touristes des Maritimes et du Québec est arrivée dans sa région, à l’est de Terre-Neuve, il y a deux semaines. Des résidents se plaignent des visiteurs venus des États-Unis, dit-il.

Je comprends que les rumeurs peuvent circuler rapidement, mais ce que j’ai vu au cap [dimanche], ce n’est pas du tout exagéré.

John Norman, maire, Bonavista

Au cap Bonavista, on pouvait voir une douzaine de véhicules de l’extérieur de la province et de l’extérieur du pays. Ces gens chassaient les icebergs, raconte M. Norman. Ils sont ici comme touristes pour voir les icebergs et faire des randonnées et ils entrent dans la province, et viennent à Bonavista, où ils achètent leur café et font leur épicerie.

Le port de Bonavista.

Le port de Bonavista

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

John Norman explique qu’il a déjà observé des plaques d’immatriculation de la Nouvelle-Écosse, du Québec et même des États-Unis.

Ils pensent que Terre-Neuve est sécuritaire. Ils ont l’impression que le secteur du tourisme de Terre-Neuve n’est pas fermé et ils n’ont rien vu qui suggère qu’il l'est, observe-t-il.

Des contrôles insuffisants à la frontière?

John Norman soupçonne que les contrôles à la frontière sont moins stricts au terminal du traversier de Marine atlantique qu’ils le sont à l’aéroport de Saint-Jean. Il observe que certains touristes qui sont arrivés dans la province la semaine dernière indiquent ne pas avoir signé de déclaration à leur arrivée.

Photo de John Norman.

John Norman, maire de Bonavista

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Depuis le 20 mars, la province oblige tout voyageur arrivant dans la province à se mettre en quarantaine pendant 14 jours. Selon la politique du gouvernement, les visiteurs devraient signer une déclaration au point d’entrée.

J’ai des préoccupations après leur avoir parlé, parce que certains d’entre eux me disent qu’ils n’ont rien signé. Ils n’ont parlé à personne [au point d’entrée]. Ils sont embarqués dans leur voiture et ont entamé leur voyage, se désole-t-il.

Le ministre provincial de la Santé, John Haggie, a indiqué mardi que la province se prépare à renforcer les restrictions concernant les voyageurs. Mais il avait un message clair pour les touristes déjà à Terre-Neuve ou qui planifie un voyage dans la province dans les provinces mois.

Si vous venez de loin, restez loin.

John Haggie, ministre de la Santé de T.-N.-L.

Inondé d’appels de résidents

John Norman indique que depuis le week-end dernier, il est inondé d’appels. Lundi, il a reçu 50 appels en avant-midi. La mairie reçoit une avalanche de courriels et de messages sur les réseaux sociaux, indique-t-il.

C’est frustrant. Il faut se demander comment et pourquoi ils viennent ici, surtout que nous faisons tout notre possible pour ne pas nous mettre en danger, explique Lora Swyers, gérante du gîte Harbour Quarters Inn, un établissement situé à quelques mètres du pittoresque quai de Bonavista.

Il faudra adopter un meilleur protocole [...] parce que les choses vont empirer cet été.

Quelques touristes à bord d'un bateau qui passe devant un iceberg.

Des touristes sont à bord d'un bateau qui passe devant un iceberg à King's Point, sur l'île de Terre-Neuve, en juillet 2019.

Photo : Getty Images / AFP / Johannes Eisele

La situation préoccupe également Janice Butler, propriétaire du gîte By the Sea, qui explique qu’elle prend toutes les précautions possibles pour suivre les règles.

Quand je marche avec ma petite fille, je marche sur l’autre bord de la rue, constate-t-elle. Où est la logique? On n’a pas le droit de voir notre famille, mais des touristes, d'autres pays, circulent. Ça n’a aucun sens.

Janice Butler, propriétaire, By the Sea Tourist Home

M. Norman admet que la gestion de la pandémie n’est pas un travail facile, mais croit que les informations de la province ne sont pas claires. Alors que les autorités de Santé déconseillent tout rassemblement et tout déplacement non essentiel, les ministères des Pêches et du Tourisme continuent de repousser temporairement l’ouverture de certaines industries.

Le message varie. Sur le site web du ministère du Tourisme, on a besoin d’un gros bandeau en rouge qui dit que la province est fermée jusqu'à nouvel ordre. Je sais que ça a l’air dramatique et la situation aura des impacts se chiffrant en millions de dollars, mais c’est tout ce qu’on peut faire, soutient-il.

L’industrie du tourisme est extrêmement lucrative pour la région et la province. Mais on a des résidents frustrés qui s’inquiètent pour leur sécurité et la sécurité de leur communauté. Et les risques augmentent chaque jour.

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