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COVID-19 : produire localement pour éviter les pénuries de médicaments

Une personne manipule une fiole et une seringue.

Le propofol est un anesthésique.

Photo : iStock / digicomphoto

Pour lutter contre la pénurie de médicaments dans un contexte de pandémie, le Québec doit miser sur la synthèse des flux en continu, un procédé qui permet de produire de petites quantités d’ingrédients actifs avec des appareils de taille modeste.

C’est l’approche que suggère le directeur du Département de chimie de l’Université de Montréal, André Charette.

Selon le professeur, le Québec doit être en mesure de produire lui-même les médicaments susceptibles de manquer, plutôt que de dépendre de l'approvisionnement sur les marchés extérieurs.

Ça permettrait de faire très très rapidement l'ingrédient actif dans le propofol [un anesthésique], qui est une molécule toute simple, explique André Charette, à l'issue d'une démonstration dans son laboratoire.

Les stocks de propofol, un anesthésique donné à certains patients atteints du coronavirus, sont à un seuil critique parce que la demande a grimpé partout dans le monde.

Au lieu de bâtir des usines pour produire à grande échelle, comme en Chine ou en Inde, André Charette croit qu'il faut miser sur la synthèse des flux en continu.

Ce procédé permet de produire de petites quantités d'ingrédients actifs, de façon continue, avec des appareils de taille modeste, munis d'un petit réacteur.

Ces réacteurs-là pourraient être utilisés pendant quelques jours pour faire un ingrédient actif. Et une fois que le besoin est comblé, après un nettoyage, on pourrait utiliser le même réacteur, le même système, pour faire un deuxième ingrédient actif , explique André Charette.

En réorientant la production rapidement, il serait possible de répondre à une pénurie frappant simultanément une variété de médicaments, comme c'est le cas en ce moment.

André Charette veut ainsi mettre à profit la plateforme de synthèse des flux en continu mise sur pied par l'Université de Montréal il y a 10 ans. Depuis, une cinquantaine d'étudiants aux cycles supérieurs ont été formés à utiliser cette technologie.

Au Québec, on a une expertise qui est unique. Je trouverais complètement ridicule que le Québec ne se lance pas dès demain matin vers un programme qui nous permettrait presque de devenir presque autosuffisants en synthèse d'ingrédients actifs.

André Charette, directeur du Département de chimie, Université de Montréal

Dès que la réouverture de son laboratoire sera autorisée, il donnera comme mission à quelques-uns de ses chercheurs de développer la bonne recette pour produire l'ingrédient actif du propofol. Et il ne compte pas s'arrêter là.

Après avoir ciblé les 10, 15 ou 20 médicaments qui seront potentiellement en pénurie, l'idée serait de développer les recettes pour chacune de ces molécules actives là en flux continu et éventuellement, s'il y a un besoin qui apparaît, on sera prêts.

André Charette compte sur le soutien du gouvernement et la collaboration de l'industrie pharmaceutique pour mener à bien son projet.

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