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La réouverture graduelle des écoles suscite de nombreuses questions en Outaouais

Des chaises sont retournées sur les pupitres d'une classe

Québec a dévoilé, lundi, son plan pour aider les élèves du préscolaire et du primaire à retrouver une vie « normale », mais ce plan suscite de nombreuses interrogations (archives).

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Radio-Canada

Le gouvernement québécois a dévoilé, lundi, son plan de réouverture graduelle des services de garde et des écoles primaires à partir du 11 mai — un plan qui divise les parents et les enseignants de l’Outaouais, et qui force les commissions scolaires à effectuer des ajustements majeurs.

Les enseignants doivent être protégés [...] Le ministre a très peu parlé de la sécurité du personnel qui sera du retour dans les écoles le 11 mai prochain. Or, on est en droit d’avoir accès à du désinfectant en grande quantité, des gants, des masques, lance Suzanne Tremblay, la présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais, en ne mâchant pas ses mots.

Suzanne Tremblay pose pour une photo dans un bureau.

Suzanne Tremblay regrette que le ministre de l'Éducation ait peu parlé de la sécurité des enseignants (archives).

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Selon elle, les enseignants de la région se posent de nombreuses questions sur les modalités d’un retour en classe au primaire le 11 mai. Dans la mesure où les parents peuvent choisir de remettre leur enfant à l’école ou non, le personnel enseignant craint de se retrouver écartelé entre plusieurs missions.

Il y a huit heures dans une journée, alors qu’est-ce que le ministre attend réellement du travail des profs? On ne peut pas être partout à la fois, avec les élèves à la maison, ceux en classe, et aussi parler au téléphone.

Suzanne Tremblay, présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais

Les commissions scolaires déjà à pied d’oeuvre

Du côté des commissions scolaires de l’Outaouais, on précise qu’on n’a pas attendu les annonces gouvernementales pour réfléchir à la réouverture des établissements.

On élabore différents scénarios, tant pédagogiques qu’organisationnels, école par école, précise Manon Dufour, directrice générale de la Commission scolaire des Draveurs. Ce sont des pratiques à modifier, l’école ne se fera plus comme elle se faisait il y a deux mois, on aura à apprendre, peut-être faire des essais-erreurs.

Cette situation est inédite, il n’y a pas de livres écrits sur comment la gérer.

Manon Dufour, directrice générale de la Commission scolaire des Draveurs

Et les défis sont nombreux : comment accueillir les élèves et le personnel enseignant en toute sécurité? Comment assurer la distanciation sociale dans des écoles qui débordaient avant leur fermeture? Comment offrir le transport scolaire et les services de garde?

C’est un sérieux casse-tête pour les directions d’établissements, qui affirment échanger entre elles des idées et de bonnes pratiques.

Une dame sourit face à l'objectif

Manon Dufour dirige la Commission scolaire des Draveurs et parle d'une situation totalement inédite pour les établissements.

Photo : Radio-Canada

Un élément les rassure : le ministre demande aux parents de nous confirmer au moins une semaine à l’avance leur intérêt à envoyer leur enfant à l’école ou non. Cette donnée va être très importante dans notre organisation, précise Nadine Peterson, directrice générale de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais.

Advenant qu’on ait plus de 15 élèves dans une classe qui veulent revenir, il va falloir regarder les différentes options. On pourrait imaginer que les enfants viennent à l’école une journée sur deux, avance-t-elle.

Les parents se posent aussi des questions

L'annonce du gouvernement québécois a aussi alimenté les discussions dans les familles de la région.

Valérie Dionne est mère de trois enfants et présidente du comité de parents de la Commission scolaire des Draveurs. À titre personnel, elle affirme qu’elle n’hésitera pas à envoyer ses enfants à l’école et qu’elle a entendu beaucoup de parents se réjouir de cette annonce.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Mais les parents se posent aussi des questions sur la manière dont les écoles parviendront à maintenir la distanciation sociale. Ils craignent aussi que la situation ne désavantage certains élèves.

Les enfants qui vont aller à l’école vont voir les enseignants, leurs amis, et ils vont selon moi être plus motivés à apprendre [que ceux qui resteront à la maison]. L’école à la maison, ce n’est pas facile pour la majorité de parents, a-t-elle indiqué.

Une dame regarde la caméra

Valérie Dionne préside le comité de parents de la Commission scolaire des Draveurs.

Photo : Entretien par Skype

Face aux inquiétudes des parents et des enseignants, les commissions scolaires se veulent rassurantes.

On ne rouvre pas nos écoles comme c’était avant, on rouvre nos écoles avec de nouvelles directrices de santé publique. Je veux rassurer le personnel et les parents, on n’ouvrira pas si on n’a pas mis en place les mesures pour assurer leur sécurité, a affirmé Mme Peterson de la Commission scolaire des Portages de l’Outaouais.

Et le chronomètre est en marche : il reste deux semaines à tous les acteurs de l'enseignement pour créer l’école de l’après-confinement.

Avec les informations de Nathalie Tremblay et Josée Guérin

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