•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Gaspésie se prépare au déconfinement

Hôpital de Chandler

Hôpital de Chandler

Photo : Radio-Canada

Même si l’ensemble du plan de déconfinement préparé par Québec sera dévoilé plus tard cette semaine, la Direction de santé publique planifie la surveillance régionale du déconfinement.

Et il y aura une limite ainsi que des garde-fous à ce déconfinement. La limite à ne pas dépasser, c’est la capacité de soigner.

Même si 85 % des gens atteints de la COVID-19 n’ont pas besoin d’être hospitalisés, la région doit être en mesure de soigner les 15 % qui développeront une forme plus dangereuse de la maladie.

Deux lits entourés de matériel médical de soins intensifs dans une salle.

Des lits dans une salle de soins intensifs

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

La Gaspésie dispose de 71 lits et d’une dizaine de places en soins intensifs pour soigner les malades de la COVID-19. C’est le seuil à ne pas franchir. Je suis capable de calculer combien de cas à ne pas dépasser par jour pour arriver à ça, assure le directeur de santé publique de la région Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, le Dr Yv Bonnier-Viger.

Le rythme du retour à la vie normale dans la région se fera donc en respectant la capacité de donner les soins appropriés.

On ne peut pas vivre encore deux ans de la même façon, on aurait des problèmes sociaux plus importants que la contamination.

Dr Yv Bonnier-Viger, directeur de santé publique de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

Vers une levée graduelle des barrages routiers interrégionaux

Les postes de contrôle routiers implantés à la fin mars par Québec afin de limiter les déplacements entre les régions sont maintenus pour le moment. Québec devrait faire connaître sa décision cette semaine concernant une levée progressive de ces barrages routiers.

Le directeur de santé publique national, Dr Horacio Arruda, évoquait dans la conférence de presse quotidienne, lundi, une diminution possible des contraintes aux postes de contrôle interrégionaux.

Les policiers contrôlent les déplacements sur la route 132.

Point de contrôle des Méchins (archives)

Photo : Radio-Canada / Marie-Jeanne Dubreuil

En Gaspésie, le directeur de santé publique estime que la vigilance reste de mise et observe que cette mesure de réduction des déplacements interrégionaux a été efficace.

Les directeurs de santé publique des régions concernées ont d’ailleurs, dit-il, recommandé de maintenir ces points de contrôle le plus longtemps possible. On va être beaucoup plus à l’aise de bien mesurer les effets du déconfinement si on n’a pas en plus un bombardement de virus qui viendrait avec des gens des régions les plus infectées.

La décision de Québec sera connue sous peu, mais plusieurs scénarios pourraient permettre une ouverture graduelle de ces frontières régionales temporaires, comme un retrait à des endroits stratégiques ou l'adoption d'un calendrier progressif de retrait.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Un changement modulé des règles pourrait aussi être envisagé comme d’autoriser les campeurs ou ceux qui ont une résidence secondaire à entrer dans la région.

Présentement, les gens qui entrent dans la région doivent s’isoler pendant 14 jours. Dépendamment du processus de réouverture de la région choisi par Québec, cette quarantaine pourrait ne plus être exigée.

La réouverture des frontières pourrait provoquer une hausse des cas de COVID-19 sans courir à la catastrophe, croit le Dr Bonnier-Viger. Ça se peut que ça remonte un peu, mais notre plateau est relativement bas, on pourrait très bien avoir un plateau un peu plus élevé sans que cela remette en question notre capacité de soigner les gens, de donner les soins.

Nouveaux tests

La région Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine est l'une des rares où les tests de dépistage de la COVID-19 sont offerts à toute personne éprouvant des symptômes pouvant s’apparenter avec ceux de la maladie.

Cette mesure, mise en place pour évaluer la contamination communautaire, est implantée depuis déjà plus de trois semaines. Entre 280 et 290 tests par semaine sont effectués, malgré un manque d’écouvillons.

Un tube tenu par une infirmière qui porte des gants médicaux bleus.

Une trousse de dépistage de la COVID-19.

Photo : Associated Press / Ted S. Warren

Des tests sérologiques, qui vont permettre de savoir si une personne a été en contact le virus, devraient être disponibles d’ici trois à six semaines. Ça nous donnera une bien meilleure idée de la propagation du virus dans notre région, affirme Dr Bonnier-Viger. La Direction de santé publique pourrait alors organiser de petites campagnes de tests dans des secteurs ciblés pour obtenir un meilleur portrait de la contamination régionale.

La propagation de l’épidémie a été stabilisée, mais le virus est toujours là, rappelle le médecin. On va vivre avec tant qu’on n’aura pas un vaccin. Et d’ici à ce que le vaccin soit disponible pour tout le monde, cela pourrait prendre encore plusieurs mois, voire un an ou deux, selon des spécialistes.

Les mesures préconisées par les autorités sanitaires pour éviter la contamination, comme le lavage des mains, la distanciation physique et l’isolement volontaire quand une personne éprouve des symptômes sont donc plus pertinentes que jamais, ajoute le médecin.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Santé publique