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Frontières fermées et festivals annulés : à quoi ressemblera l’été des Néo-Brunswickois ?

Homard géant situé au parc Rotary de Shediac

Le homard géant situé au parc Rotary de Shediac est probablement l'attraction la plus photographiée au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Guy R. Leblanc

Radio-Canada

La saison estivale sera différente cette année, autant pour l’industrie touristique que pour l’industrie culturelle. Si la première tente de promouvoir les escapades au Nouveau-Brunswick auprès de ces citoyens, la deuxième devra trouver de nouvelles façons d’offrir le produit culturel aux Néo-Brunswickois sans grands rassemblements, tout en gardant la situation viable pour ses artistes et organismes culturels.

L'occasion de redécouvrir les régions

Avec le contrôle strict des frontières qui risque de se prolonger pour plusieurs mois encore, il n'est pas question d'accueillir les visiteurs étrangers cette année. Mais les Néo-Brunswickois seront aussi limités dans leurs escapades.

Ginette Gautreau, une résidente de Fredericton, avait prévu passer deux semaines en Italie, mais cette option n’est plus envisageable. Forcée de redécouvrir la région, sa famille donnera ainsi tout un coup de main à l'industrie touristique de la province. J'ai déjà un peu ma liste de souhaits pour le Nouveau-Brunswick. Quelques endroits où j'aimerais aller. Cette dernière voit cette situation d’un œil positif. Je crois que c'est important que ma fille de trois ans connaisse son propre coin de pays, croit-elle.

Réorienter son approche

Selon Gene Cormier, chef cuisiner, cette nouvelle réalité permettra aux citoyens de la province de voir ce que le Nouveau-Brunswick peut leur offrir. D'habitude, on l'offre aux Ontariens, aux Québécois, aux gens qui viennent nous visiter, mais là, c'est à notre tour de faire l'expérience et je pense qu'il y a des gens qui vont être surpris, dit-il.

Restaurant de la plage Parlee Beach au Nouveau-Brunswick

Ce restaurant de la plage Parlee Beach est géré par Gene Leblanc.

Photo : Radio-Canada / Guy R. Leblanc

Le chef compte entre autres sur l'ouverture des parcs et des plages pour conserver sa clientèle et renflouer ses coffres mis à vide cet hiver. Les endroits de rassemblement à côté de la mer, ça fait partie de nos traditions [...] Les gens sont en vacances, c'est vraiment relax, c'est vraiment une belle clientèle.

Des entreprises réorientent déjà leur approche marketing face aux conséquences de la pandémie. C'est le cas de ce propriétaire d'un centre de villégiature dans la Péninsule acadienne, dont la clientèle est normalement à majorité québécoise ou ontarienne. On veut réussir à convaincre les gens du Sud de venir nous voir dans le Nord, expose Martin Albert, directeur général du Centre de villégiature Deux rivières de Tracadie-Sheila.

Même si la saison ne sera pas aussi occupée, le tourisme de proximité donnera un peu de souffle à l'industrie. L’Office du tourisme de la Péninsule acadienne indique qu’au mois de juillet l'été dernier, le taux d'occupation dans la Péninsule était d'environ 73 %.

Le complexe des deux rivières à Tracadie Sheila.

Malgré les pertes déjà enregistrées pour l'industrie touristique, le déconfinement laisse entrevoir une haute saison moins catastrophique que prévu.

Photo : Radio-Canada

Il s'agit du taux pour les hôtels, les motels et les sites d'hébergement sans les campings. C'est sûr que cette année si l'on atteint un 45 à 50 % les opérateurs seront très contents, très heureux, estime Yannick Mainville, le directeur du développement de l’Office.

Un été sans festivals

Si l’industrie touristique réussit grosso modo à rectifier le tir concernant la distanciation sociale, l’industrie culturelle, très active aussi en période estivale, demeure elle aussi préoccupée par l’état de la situation. C’est que le plan de déconfinement annoncé par le gouvernement néo-brunswickois vendredi dernier indiquait que les grands rassemblements, les concerts et les festivals ne pourraient avoir lieu avant la fin de l'année.

Lorsqu’on annule un spectacle dans un festival, souvent, on annule aussi une vitrine qui permet de vendre des spectacles pour la prochaine année, explique Carol Doucet, agente d'artistes. Donc on ne perd pas juste la période de 2020... En réalité, on discute entre nous, les regroupements d'agents de spectacles, puis on se dit que c'est presque deux ans qu'on perd.

Le Festival acadien de Caraquet et plusieurs événements locaux ont déjà annoncé leur annulation. Certains festivals envisagent d'autres options, comme une programmation en ligne par exemple. C’est le cas du festival Acadie Rock.

Des gens qui dansent devant la scène.

Une foule lors d'un spectacle du festival Acadie Rock à Moncton (Archive).

Photo : Radio-Canada

Le Festival international du cinéma francophone en Acadie, qui a pour sa part lieu en automne, tente aussi de s'ajuster. Le directeur général, Marc Gauthier relate qu’il n'est pas facile de prévoir en raison du manque de clarification quant au terme grand rassemblement.

J'aimerais qu’on ne parle plus d'annuler les festivals ou les grands rassemblements, mais plutôt nous dise : tout rassemblement au-delà de 50 personnes, au-delà de 100 personnes est interdit jusqu'à telle date, ça nous donne plus une idée de plan de match témoigne Marc Gauthier, directeur général du FICFA.

Performances en ligne durant l'été?

Dans une déclaration écrite, le ministère du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture rappelle qu'il faut garder à l'esprit que ces restrictions ont pour objectif principal de sauver des vies. Le ministère sait que les festivals et concerts sont des activités qui sont essentielles pour le secteur culturel et assure que la province travaille avec ses partenaires, y compris le gouvernement fédéral pour aider les travailleurs touchés.

Le ministère a déjà créé un partenariat avec Musique NB pour rémunérer les artistes qui offrent des performances en direct sur les réseaux sociaux. Et on souhaite étendre ce programme avec d'autres disciplines artistiques, ce qui signifie que des annonces pourraient avoir lieu prochainement.

Joey Robin Haché en performance

« Dernièrement, il y a eu plus de spectacles virtuels au niveau de la diffusion en ligne », a témoigné Joey Robin Haché, auteur-compositeur-interprète.

Photo : Christopher Katsarov

Quelques questions persistent entre autres parce que dans l'énoncé qui interdit les grands rassemblements, on indique : sous réserve de modification, ce qui laisse entendre que cette restriction pourrait changer selon l'évolution de la situation.

Quoi qu'il en soit pour l'instant, le gouvernement est clair, pas de rassemblement d'ici la fin de l'année.

D’après les reportages de Rose Saint-Pierre et Camille Bourdeau

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